LOIZEAU Alexandre, Jean, dit parfois Jean Loiseau ou Albert Loiseau

Par Claude Pennetier, Françoise Gaziou

Né le 29 août 1886 à Saint-Aubin (Vendée), mort le 19 mai 1968 à Cholet (Maine-et-Loire) ; cheminot ; syndicaliste unitaire (CGTU) et militant communiste de la Vienne et du Maine-et-Loire.

En 1930

Alexandre Loizeau était la plupart du temps appelé Jean son second prénom. Né dans une famille modeste de cultivateurs il fut le dernier des sept enfants (dont cinq filles) de la famille de Félix Loizeau et Marie Anastasie Loizeau. Il alla jusqu’au certificat d’études qu’il passa brillamment paraît-il le 17 juin 1899 à Mortagne-sur-Sèvre où il se rendit à pieds en sabot depuis la ferme familiale. Sa mère le voyait instituteur, il fut cheminot. Il entra dans les chemins de fer en octobre 1910, il fut affecté à la gare d’Auteuil Boulogne où il travailla sur les voies comme homme d’équipe puis en 1911 à la gare de Saint-Cloud. Il fut mobilisé le 2 septembre 1914 et partit dans la foulée sur le front avec le 137e régiment d’infanterie de Fontenay-le-Comte. Il fut gravement blessé par obus le 7 juin 1915 quelque part en Champagne. À son retour, après une année de séjours en hôpital militaire (Beauvais, Caen, Cherbourg, Querqueville et la Roche-sur-Yon) l’éclat d’obus qui resta logé près de son cervelet suite à sa blessure du 7 juin 1915 lui occasionna de terribles migraines qui l’empêcha de se baisser et de tourner la tête. Il fut affecté à un rôle plus administratif (facteur aux écritures) à la gare Saint Lazare. Sa blessure lui valut en 1928 la reconnaissance de 40% d’invalidité.
Profondément pacifiste, son expérience de la guerre le dégoûta à jamais de l’armée et des militaires. C’était également un anticlérical convaincu, qui ne mettait jamais les pieds dans une église.
Il se maria le 12 avril 1919 à Boulogne-sur-Seine juste avant d’être muté à Loudun où il participa activement à la grève de 1920. Il était à ce moment là membre du Parti socialiste et il rejoignit le Parti communiste après la congrès de Tours.
Cheminot communiste de Loudun (Vienne), Alexandre Loiseau dirigea le syndicat CGTU local des chemins de fer et assura en 1922-1923 la fonction de cosecrétaire de l’Union départementale CGTU de la Vienne avec Paul Jouteau. Il fut déplacé à Cholet (Maine-et-Loire) en février 1924, à sa demande afin de revenir vers sa famille, son père étant décédé. Il fit tout le reste de sa carrière à la gare de Cholet. D’abord facteur aux écritures, il finit sous-chef de gare.
Alexandre Loizeau fut le secrétaire général du syndicat CGT des cheminots de Cholet. Il fut délégué, représentant de la Fédération des cheminots, au IVe congrès national de la CGTU, tenu à Bordeaux (Gironde) du 19 au 24 septembre 1927.

Au début de l’année 1939, il ne demanda pas le renouvellement de son mandat syndical.

Loizeau reprit en 1940 (mais peut-être avant ?) une coopérative de consommation qui fonctionna pendant les années de guerre 1939-1945 : « La Ruche choletaise » sise 16-18 et 20 rue du Verger à Cholet avec plusieurs annexes (3 à Cholet) et une ou deux en campagne dont une au Longeron à quelques km de Cholet. (La Ruche choletaise avait été fondée en 1894). Il profita des facilités de déplacement que lui donne sa fonction de président pour se livrer à de petites activités de résistance.
On ne sait pas s’il avait participé activement au Parti communiste clandestin mais il était communiste après la Libération.
Vers 1966, il fait un voyage en Russie et fut décoré par le pouvoir soviétique.
Il décéda le 19 mai 1968 à Cholet, accidenté par un chauffard alors qu’il traversait la route. Il y eut foule à son enterrement civil. Son cercueil était recouvert d’un drapeau rouge

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article6096, notice LOIZEAU Alexandre, Jean, dit parfois Jean Loiseau ou Albert Loiseau par Claude Pennetier, Françoise Gaziou, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 23 février 2021.

Par Claude Pennetier, Françoise Gaziou

À Paris en 1919
En 1919, cheminot gare Saint-Lazare à Paris.
En 1920, à Loudun, pendant la grève des cheminots.
En 1930
En 1940.
En 1950.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13022. — Arch. Dép. Vienne, M 4 540, 591. — Arch. Dép. Gironde, 1 M 577, congrès CGTU de Bordeaux. —Le Prolétaire de la Vienne, 16 février 1922. — J. Marion, Le Mouvement ouvrier dans la Vienne, DES, Poitiers, 1963. — La Tribune des cheminots, organe de la Fédération nationale [CGT] des travailleurs des chemins de fer, 1er octobre, 15 novembre 1936, 25 avril 1938, 6 mars 1939 (Institut d’histoire sociale de la Fédération CGT des cheminots). — Notes de Louis Botella. — Notes de François Galliou, petite-fille d’Alexandre Loiseau.

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