GUÉPRATTE Nicolas, Constant

Né le 24 juin (ou le 24 juillet) 1855 à Metz (Moselle) où son père était ouvrier menuisier ; lui-même était ouvrier typographe lorsque la guerre éclata ; jeune communard.

Dans une lettre adressée au « Ministre » et apostillée par Clemenceau, son père expliqua en 1878 que Nicolas avait contribué à la défense de la ville ; sa mère était morte, le jour même où les Allemands y entrèrent, et sa sœur, âgée de dix-sept ans, trois jours plus tard. « Croyant que là encore on pouvait espérer de sauver la France », le jeune homme se replia sur Paris où il arriva le 6 avril 1871.
Il servit la Commune de Paris dans les rangs du 28e fédéré et fut fait prisonnier le 28 mai. Incarcéré à Rochefort, il fut traduit devant un conseil de guerre. « Il importait de savoir s’il avait agi avec discernement. M. le Rapporteur, dans un interrogatoire empreint de la plus grande bienveillance, a cherché à lui faire comprendre la gravité de sa position, voulant appeler le repentir dans ses réponses. Guépratte a persisté à déclarer qu’il n’était venu à Paris que pour se venger des lâches qui avaient vendu son pays aux Prussiens et que si une occasion se présentait, il se battrait contre les soldats Français. »
Condamné, le 19 avril 1872, à dix ans de maison de correction et dix ans de surveillance de la police, il fut détenu à Rouen où il opta pour la nationalité française. Le 18 janvier 1878, il écrivait au ministre de la guerre : « Je n’ai plus d’autre désir aujourd’hui que de rentrer dans le parti de l’ordre et du travail. » Il fut amnistié en 1879.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article61090, notice GUÉPRATTE Nicolas, Constant, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 17 août 2019.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/832 et 841. — Louis Bretonnière, Roger Pérennès, L’Internement des prévenus de la Commune à Rochefort, Nantes, 1995. — Notes de M. Cordillot.

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