GUYET Pierre, Joseph

Né le 18 novembre 1817 à Besançon (Doubs) ; ingénieur ; communard, en réalité agent Versaillais ?

Fils d’un capitaine d’infanterie, Pierre Guyet obtint un diplôme d’ingénieur à l’École des Arts et Métiers de Châlons. En 1848, il s’engagea dans l’artillerie de Lombardie et servit comme chef d’escadron, il passa ensuite dans l’artillerie du Piémont pendant la seconde guerre d’indépendance italienne, il démissionna le 1er mai 1849 et devint ingénieur chargé de la construction des chemins de fer de Turin et de Gênes. Revenu en France, il fit breveter plusieurs inventions.
À la chute de l’Empire, il s’engagea dans la Garde nationale de la Seine et en fut nommé chef de l’artillerie le 10 novembre 1870, puis il commanda le 2e escadron des batteries de guerre le 26 décembre, puis le 26 janvier 1871, l’artillerie des forts du Nord. Après l’armistice, il servit comme chef d’escadron dans la légion d’artillerie de Schœlcher jusqu’au 26 mars. L’état-major de son unité ayant rallié Versailles en suivant l’amiral Saisset, il préféra rester à Paris et en contact avec La Cécilia et Henry Prod’homme, il accepta le 24 avril sa nomination de lieutenant-colonel commandant l’artillerie à l’École militaire. Marié, sans enfant, domicilié à Boulogne et logé modestement dans un petit appartement 25, rue de Turin, il se fit attribuer par la nouvelle municipalité du VIIIe, un logement correspondant à ses nouvelles fonctions 11, rue de Constantinople.
Le 11 mai il fut promu par Delescluze directeur général de l’artillerie au ministère de la Guerre. Ce même jour il envoya un ordre de service réorganisant le fonctionnement des unités sous ses ordres. Le 14 mai, il assista au conseil de guerre réuni par Delescluze, avec Dombrowski, Wrobleski, La Cécilia, Brunel et Eudes, afin d’élaborer une stratégie adaptée aux circonstances nouvelles créées par l’abandon des forts d’Issy et de Vanves, et le lendemain, le Journal officiel publia son plan très complet de réorganisation de l’artillerie.
Des rumeurs de trahison circulant sur son compte, le Comité central d’artillerie demanda son remplacement le 20 mai. Il fut arrêté et conduit au Cherche-Midi pour être mis en accusation devant le Comité de salut public.

Il fut néanmoins nommé directeur de l’artillerie à la place d’Avrial juste avant l’entrée des troupes de Versailles dans Paris. Il fut libéré mais des poursuites furent engagées contre lui pour avoir servi la Commune et il fut traduit devant le 5e conseil de guerre qui l’acquitta le 18 décembre 1871.
Son rôle est controversé à l’instar de Rossel dont le rapport à l’insurrection parisienne est équivoque. Il déclara devant ses juges : « On veut des pièces de 12, j’envoie des pièces de 24, et je m’arrange chaque fois pour que des munitions d’un calibre différent accompagnent chaque pièce. Ne fallait-il pas, d’ailleurs, que j’eusse l’air, aux yeux de la Commune, de faire beaucoup pour elle, moi qui, au fond, ne faisais que la desservir. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article61361, notice GUYET Pierre, Joseph, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 19 août 2021.

SOURCES : Arch. Min. Guerre, GR 8 J 171 (132). ― Arch. PPo., listes de contumaces. — Lissagaray, Histoire de la Commune, op. cit., p. 221. — X. Raspail, De la nécessité de l’amnistie, Paris, 1876, p. 52. — Pierre-Henri Zaidman dans Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, janvier 2021. — Note de Louis Bretonnière.

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