HUART Joseph, Séraphin

Militant de l’AIT à Reims

D’origine belge ; né le 26 septembre 1837 au Rieses, canton de Couvin ; il quitta son village vers 1856, vraisemblablement après une condamnation pour contrebande par-devant le tribunal de Rocroi (Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars 1871, p. 135).
Tailleur d’habits à Reims (Marne), président du Comité [directeur] de la Société de Résistance et de Solidarité des travailleurs de Reims et environs « Le Droit » qu’il fit affilier en mars 1870 à la section rémoise de l’Association Internationale des Travailleurs fondée le mois précédent et dont il était secrétaire-correspondant. D’après une lettre de E. Varlin à Aubry du 25 mars 1870 — cf. Troisième procès de l’Association Internationale des Travailleurs à Paris — cette société comptait 1.600 adhérents.
Voir également Arch. PPo., B a/439, pièce 5074, la composition des organismes dirigeants de la Société de Résistance et de Solidarité :
Comité [directeur] :
Président : Huart Joseph ; vice-président : Endrès Woutaz ; secrétaire : Victor Jacquet ; vice-secrétaire : Édouard Droz ; trésorier : Victor Thurnèse ; vice-trésorier : Pierre Pelletier.
Commission de surveillance :
Président : Émile Lechien.
Membres :
Reims : Barthélemy, Dautel, Debats, Étienne, Lorsignol, Peter, Renard, Scheibel, Thiriet, Valton.
Rethel : François Billaudel, Champion, Charles Lesieur, Loth.
Pont-Faverger : Victor Clément, Octave Douillet, Schneider.
Boult-sur-Suippe : Thomas Désiré.
Heutrégiville : Réol Rouyer.

Un conflit n’allait pas tarder à surgir à l’intérieur de la société. À la demande de Varlin, Huart avait fait voter 2.000 f pour soutenir la grève des ouvriers passementiers de Lyon, mais les ouvriers refusèrent de ratifier ce vote du Comité, et une scission en résulta. Le 4 mai, le secrétaire fit condamner Huart à 50 f d’amende et 50 f de dommages-intérêts pour diffamation.
Huart fut encore poursuivi le 21 mai 1870 pour aide apportée à la constitution d’une société de résistance à Saint-Quentin et fut condamné par contumace, par le tribunal de Saint-Quentin, à un an de prison et 100 f d’amende. Voir Sauvageot.
Huart avait pu échapper à l’arrestation et s’était réfugié à Chimay, Belgique (d’après Testut, Arch. PPo., B a/439, Testut, L’Internationale, p. 182 et Gazette des Tribunaux, 23, 24 et 25 mai 1870).
Huart reparut à Rethel (Ardennes) en avril 1871. « Il n’était pas possible de douter du but de son voyage ; il avait été vu en compagnie des principaux démagogues de la ville, ses affiliés ; il fut arrêté. On ne trouva ni sur lui ni à son domicile à Reims aucun papier compromettant, quoique le but de ses menées fût manifeste. Il allait être l’objet d’une ordonnance de non-lieu, lorsque je demandai pour lui un ordre d’expulsion. Les antécédents de Huart justifiaient cette mesure. Il fut reconduit à la frontière » (Enquête parlementaire..., p. 135, rapport du préfet).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article61890, notice HUART Joseph, Séraphin, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 17 septembre 2019.
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