MACHIZAUD Joseph

Par Maurice Moissonnier

Né le 1er février 1899 à Irigny (Rhône), mort le 27 décembre 1977 à Givors (Rhône) ; militant communiste ; secrétaire du syndicat unifié des cheminots d’Oullins (1934-1939) ; combattant FTPF et dirigeant de la Fédération clandestine des cheminots de la région Provence-littoral.

Fils d’un cultivateur et d’une ménagère, Joseph Machizaud partit sous les drapeaux en avril 1918 et fut libéré en juin 1921. Il entra au PLM comme manœuvre à l’essai à l’atelier d’Oullins-Machines, la plus forte concentration cheminote de la région lyonnaise, en février 1922, fut commissionné comme manœuvre en février 1923, puis accéda successivement aux grades de conducteur de machines-outils en juin 1925 et d’ouvrier professionnel à la section des roues au moment de sa retraite en 1954.
Il adhéra au Parti communiste le 1er novembre 1921. Il fut élu, dès 1923, au conseil d’administration et au bureau du syndicat unitaire des ateliers. En 1926, son action au sein du bureau prit de l’importance. On lui confia régulièrement le rôle de secrétaire de séance ; il fut élu délégué du personnel pour la 58e catégorie au mois de mars et, en avril, fut proposé pour siéger au conseil d’administration de l’Union unitaire du PLM. Le 26 novembre 1926, il fut élu secrétaire adjoint du syndicat d’Oullins et le demeura jusqu’en 1929, date à laquelle il devint secrétaire administratif (1929-1932) avant d’occuper, le 24 février 1933, les fonctions de trésorier adjoint.
En 1927, il fit partie de la commission chargée d’organiser le syndicat régional des cheminots et, de décembre 1927 à 1933, siégea à son conseil d’administration. Ses camarades le déléguèrent à de multiples congrès pendant cette période et, lorsque le secrétaire du syndicat d’Oullins, Henri Mondy, quitta la région lyonnaise, ce fut Machizaud qui, le 7 avril 1934, prit sa succession. En décembre 1934, la création d’un syndicat unifié fut enfin réalisée et Machizaud en fut le secrétaire, mais n’y fit pas l’unanimité. Ainsi, à la suite d’un meeting et d’une manifestation accompagnés d’incidents, le 31 juillet 1935, il donna sa démission pour protester contre les critiques dont il était l’objet, mais le conseil d’administration lui ayant voté un ordre du jour de confiance, il la reprit. Il fut délégué au dernier congrès confédéral unitaire (Issy-les-Moulineaux, septembre 1935), qui décida la réunification, et au congrès de Toulouse (2-5 mars 1936), qui la réalisa.
Lors du Front populaire, il fit preuve d’un remarquable dynamisme, mettant au premier plan le souci du développement de l’unité des cheminots associé à la préoccupation du recrutement et de l’organisation. En juillet 1936, le nombre des syndiqués aux ateliers d’Oullins s’élevait à 1 800 (contre 300 à 400 en 1932), à 2 200 en janvier 1937, à 2 500 en mars, à 2 582 en avril et à 2 757 en juillet.
Fin 1937, les difficultés s’accumulèrent et les relations se tendirent avec des ex-confédérés comme Baudru et Chollet. Le 30 novembre 1938, la grève lancée par la CGT aboutit à un échec dû aux divisions profondes qui traversaient le syndicat et à l’importance de la répression gouvernementale. Au moment du Pacte germano-soviétique, les désaccords devinrent plus vifs encore et une violente discussion se déroula à la fin d’août 1939 au conseil d’administration, à propos d’un désaveu du pacte que certains cheminots avaient communiqué à la presse locale. Machizaud donna alors sa démission de secrétaire du syndicat le 10 septembre.
Mobilisé en tant qu’affecté spécial, il fut radié en janvier 1940 et envoyé dans une unité jusqu’en juillet, après la défaite. En novembre 1940, le gouvernement de Vichy le révoqua. De juillet 1942 au mois d’octobre 1943, il fut mis en résidence surveillée à Aiguebelette-le-Lac (Savoie), puis il passa dans la clandestinité chez les Francs-tireurs et partisans français (FTPF) jusqu’au 1er mai 1944. À cette date, il fut envoyé dans le Midi pour diriger la Fédération clandestine des cheminots de Provence-littoral et le secrétariat de l’Union départementale clandestine du Var. Après avoir participé à la remise en place des structures syndicales dans ce département, il revint à Oullins. Réintégré administrativement le 9 octobre 1944, il fut en congé de disponibilité du 1er juillet 1945 au 1er avril 1948 pour exercer ses fonctions syndicales. D’octobre 1945 jusqu’en 1954, il reprit sa place au bureau du syndicat CGT ; il joua un rôle important au moment des grandes grèves de 1947. Il fit partie du conseil national de la Fédération CGT des cheminots de 1945 à 1949.
De 1954 à 1968, il assura le secrétariat de la section oullinoise des cheminots retraités et fit partie de l’Amicale des vétérans du PC dans le Rhône.
Dans l’entre-deux-guerres, il avait été conseiller municipal d’Oullins. Il avait obtenu la médaille d’argent des chemins de fer en août 1946.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article6193, notice MACHIZAUD Joseph par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 29 décembre 2011.

Par Maurice Moissonnier

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, série M. — Arch. SNCF de Béziers. — Arch. Fédération CGT des cheminots. — Procès-verbaux du syndicat des cheminots d’Oullins déposés à l’Union régionale CGT Rhône-Alpes. — Questionnaire biographique rempli par l’intéressé. — Notes de Jean-Pierre Bonnet et de Marie-Louise Goergen.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément