MAHU Virgile, Jules, Joachim

Par Yves le Maner

Né le 19 juin 1888 à Tergnier (Aisne) ; employé des chemins de fer ; militant syndicaliste et communiste du Nord.

Le père de Virgile Mahu était chef de train au dépôt de Tergnier et sa mère tenait un petit café dans cette localité. En 1909, sous l’effet de la propagande patriotique mais aussi dans le but de « voir du pays », Virgile Mahu décida de s’engager dans l’armée coloniale. Il passa alors trois années en Afrique du Nord au 3e Tirailleur algérien et prit part à la guerre de « pacification » au Maroc. À son retour, en 1912, il était devenu farouchement antimilitariste.
Entré à la compagnie du Nord comme garde-frein au dépôt d’Aulnoye (Nord), il se syndiqua à la CGT en 1913.
Resté dans la zone occupée pendant la Première Guerre mondiale, il refusa de travailler pour les Allemands. Pour ce motif, il fut condamné une première fois à vingt-huit jours de prison avant d’être placé dans un bataillon de travail disciplinaire dans la Meuse pendant neuf mois (1917).
Il retrouva son emploi au dépôt d’Aulnoye après l’armistice et fut promu chef de train. Délégué du personnel de 1925 à 1935, il participa à ce titre aux réunions trimestrielles organisées à la direction de la compagnie du Nord à Paris.
Rallié au Parti communiste et à la CGTU lors des scissions, Virgile Mahu fut trésorier du syndicat unitaire des cheminots d’Aulnoye jusqu’à la réunification de 1935. Il assura également le secrétariat de la cellule du PC de cette même localité de 1926 à 1930. Participant actif à toutes les grèves, il fut rétrogradé au poste de garde-frein pour avoir suivi le mot d’ordre de la CGTU qui avait demandé à ses militants de mettre les trains en retard d’une minute le 1er Mai 1932. Cette sanction fut maintenue pendant trois ans et il retrouva ensuite ses anciennes attributions.
Élu au conseil municipal d’Aulnoye en 1935, il fut déchu de son mandat en janvier 1940 par arrêté préfectoral. Étroitement surveillé par la police, il fut arrêté à trois reprises et interné deux fois à Valenciennes, et ce dès 1940. Désigné comme otage en juillet 1943 à la suite d’un attentat contre un train allemand, il fut incarcéré à la centrale de Loos-lès-Lille et condamné à la peine de mort. Les auteurs présumés de cet attentat ayant été arrêtés peu après la sentence, il fut libéré après quelques semaines de détention.
Réélu au conseil municipal d’Aulnoye en 1945, il n’y accomplit qu’un mandat à cause des désaccords concernant la composition du conseil. Il se consacra dès lors au syndicat des retraités.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article6219, notice MAHU Virgile, Jules, Joachim par Yves le Maner, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 15 janvier 2012.

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