JAMMET Louis, Alphonse

Né le 10 août 1831 à Bruxelles (Belgique) ; éditeur de journaux ; officier d’État-major sous la Commune de Paris, déporté en Nouvelle-Calédonie.

Il était fils naturel de Victorine Jammet ; marié, père de deux enfants (il en avait un troisième d’une concubine).
Engagé volontaire en Belgique à l’âge de 18 ans, Jammet devint sergent fourrier au 6e de ligne. En 1852, il quitta son pays pour venir à Lille s’engager dans la Légion étrangère. Il participa aux campagnes d’Afrique (1853-54), d’Orient (1855-56), puis de nouveau d’Afrique jusqu’au 15 juin 1857. Son engagement ayant été annulé, il quitta alors l’armée. Il se fixa à Sidi-bel-Abès, puis à Oran. Il rentra en France en 1860, s’installa à Marseille, puis à Perpignan où il se maria le 4 décembre 1861. En 1866 ou 1867, il vint finalement à Paris avec toute sa famille. Avant 1870, il habitait le boulevard Saint-Germain et avait encouru trois condamnations, respectivement pour coups (1863), délit de chasse (1867) et faillite (1870).
Durant son séjour dans le midi, Jammet avait fait la connaissance d’un certain Pancou-Lavigne, qu’il retrouva en 1868 à Paris. Pendant le Premier Siège, ce dernier commandait les Tirailleurs parisiens et la Garde d’Honneur de l’Hôtel de Ville. Par son entremise, Jammet réussit à rencontrer Étienne Arago, afin de lui demander au nom de ses 45 000 compatriotes belges que possibilité leur soit donnée de s’enrôler dans la Garde nationale de leurs arrondissements respectifs. Jammet servit pour sa part dans le 70e bataillon et y fut promu au grade de capitaine.
L’histoire de sa participation à la Commune est particulièrement embrouillée. Selon ses dires, il aurait été soupçonné de tiédeur envers l’insurrection et, pour ne pas être inquiété, il aurait accepté le grade de commandant d’état-major auprès du général Dombrowski (et non Dombrowsky), grade obtenu par l’entremise de l’inévitable Pancou-Lavigne, lequel se prétendait agent secret en mission pour le compte de Versailles. Début mai 1871, Jammet envoya sa démission et s’efforça dès lors d’adopter un profil bas.
Arrêté, il fut longuement interrogé et mis en présence de nombreux documents officiels portant sa signature. Les autorités militaires ne crurent pas à son histoire rocambolesque, et le 9 mars 1874, le 4e conseil de guerre le condamna à la déportation en enceinte fortifiée, peine commuée le 17 mars 1875 en déportation simple. Il arriva à Nouméa le 23 septembre 1875. Il fut finalement amnistié en 1879 sous condition d’expulsion.
Voir F. Zingé.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article62237, notice JAMMET Louis, Alphonse, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 30 septembre 2019.

SOURCE : Arch. Nat. 24/803 (dossier Pancou-Lavigne), BB 24/824 et H colonies 85. — Arch. PPo, listes d’amnistiés. — F. Sartorius, J.-L. De Paepe, Belges ralliés à la Commune de Paris, Bruxelles, Ferraton, 1985. — Notes de M. Cordillot et de L. Bretonnière.

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