JOB Joseph, Désiré, Maxime, dit Le Mulâtre

Par Roger Vignaud, complété par Michel Cordillot

Né le 29 novembre 1828 à Saint-Maximin la Sainte-Baume (Var) ; cuisinier ; opposant au Second Empire ; adhérent de l’AIT ; participant à la Commune de Marseille (Bouches-du-Rhône) ; exilé en Argentine.

Fils de Ambroise et de Anne Dejean. Job avait reçu le surnom de « mulâtre » en raison de son teint et de ses cheveux crépus et noirs. En 1850, il fut condamné, à Aix-en-Provence, à un mois de prison pour cris séditieux. En raison de son engagement républicain, il fut déporté et proscrit à la suite du coup d’État de Louis Napoléon III, le 2 décembre 1851.
Après l’amnistie, il revint à Marseille et continua de militer dans les rangs des républicains les plus avancés du groupe d’Auguste Blanqui. Job était membre de l’Internationale.
Il fit partie de la Commune révolutionnaire proclamée à Marseille le 1er novembre 1870 et prit une part active dans le mouvement insurrectionnel qui se déroula du 23 mars au 4 avril 1871. Très tôt dans la matinée du 23 mars 1871, il se rendit à la Préfecture en compagnie de Gaston Crémieux pour demander au préfet, le contre-amiral Cosnier de prendre connaissance, grâce au Journal officiel, des événements qui se déroulaient à Paris. Au cours de la journée, il pénétra au sein du Conseil municipal et réclama la désignation de quelques élus afin de participer à la constitution de la Commission départementale provisoire composée de douze membres. Job fit partie de cette commission, il représentait avec Étienne et Gaston Crémieux le Club des républicains du Midi. Il s’opposa à la libération des otages détenus à la préfecture lorsque le mouvement insurrectionnel s’affaiblit. Job joua un rôle déterminant au sein de la Commune de Marseille. Mégy, délégué de la Commune de Paris, écrivit dans une lettre adressée à Eudes, un autre communard parisien, en novembre ou décembre 1871, que « c’est lui qui a apprêté et mené tout le mouvement marseillais ».

Après l’échec de la Commune, Job avait réussi à s’enfuir. Accusé d’avoir pris une part active dans le mouvement insurrectionnel, il fut jugé par contumace par le Conseil de guerre. Le rapport établi le 28 décembre 1871 par Girardeau, substitut du procureur, précise en parlant de Job que « celui-ci était de ces hommes qui font tous les métiers, jusqu’à celui de pourvoyeur de maison de tolérance ; aussi dans les moments d’insurrection, n’est-il pas étonnant de le voir surgir des bas-fonds de la société et venir apporter son appoint à l’émeute. C’est ce que fit Job, le 23 mars dernier après avoir comploté l’insurrection au cercle de la rue Dauphine et réunit sur le Cours Belsunce les garibaldiens et les civiques ». Le 24 janvier 1872, Job fut condamné par contumace à la peine de mort.

Ayant réussi à échapper à la répression, Job s’exila. En mai 1873, il se trouvait en Argentine. Il était membre de la section de langue française de l’AIT de Buenos Aires, qui, avec ses 130 adhérents, était alors la plus importante des trois sections de l’AIT implantées dans ce pays. À cette époque, il fut selon le secrétaire correspondant de cette dernière, Antoine Wilmart, le principal artisan avec un nommé Bergeron d’une tentative de prise de contrôle de la section par les blanquistes. Comme des tentatives d’entrisme similaires eurent lieu à la même époque dans d’autres pays (notamment aux États-Unis), il est logique de penser que cela répondait à une stratégie concertée.

Sa trace se perd ensuite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article62369, notice JOB Joseph, Désiré, Maxime, dit Le Mulâtre par Roger Vignaud, complété par Michel Cordillot, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 5 octobre 2019.

Par Roger Vignaud, complété par Michel Cordillot

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/866. — Arch. PPo., listes de contumaces. — Archives Départementales des Bouches-du-Rhône, côte : 2R.322-323 et 2R.520 ; jugement n° 4, registre n° 11058. — Jean Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français. — Le Sémaphore, 25 janvier 1872. — Jean Maitron, « En dépouillant les archives du général Eudes », L’Actualité de l’Histoire, n° 6, janvier 1954. — Lettre de Wilmart à Marx, 13 mai 1873. Ricadro Falcón, « La Primera Internacional y los origenes del movimiento obrero en Argentina (1857-1879) », Paris, Centro de Estudios Histórico-sociales de América Latina (CEHSAL), Cuadernos n° 2 (1980), p. 29, et Los Orígenes del movimiento obrero (1857-1899), Buenos Aires, Centro editor de América latina, 1984, p. 49.

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