MALTERRE Félix

Par André Balent

Libraire-éditeur à Paris vers 1900, puis cheminot à Perpignan (Pyrénées-Orientales) avant 1914 ; syndicaliste CGT ; socialiste puis communiste jusqu’en 1922.

Ingénieur de la Compagnie des chemins de fer du Midi, installé à Perpignan (Pyrénées-Orientales) avant 1914, Félix Malterre travailla à la réalisation du réseau de la Compagnie d’intérêt local des chemins de fer des Pyrénées-Orientales et à la construction de la ligne à voie étroite de la Compagnie du Midi entre Villefranche-de-Conflent et Bourg-Madame. En 1920, accusé par Alfred Soubielle* d’être « inconnu » dans le mouvement syndical, il lui répondit dans l’Action syndicale (septembre 1920) en donnant une courte autobiographie.
En 1920, Félix Malterre militait depuis trente ans. En 1900, au moment de l’affaire Dreyfus, il aurait été directeur de la « Société nouvelle de librairie et d’éditions » à Paris dont Léon Blum* fut administrateur et Albert Thomas* l’un des actionnaires. Félix Malterre assuma pendant trois ans cette fonction puis fonda une librairie, rue Claude-Bernard, où pendant cinq ans il reçut de Suisse les ballots de « brochures révolutionnaires russes qui, en passant par la Suède, allaient réveiller le peuple russe ». En 1920-1921, il était secrétaire de la section locale de l’USTICA, organisation qu’il présenta dans l’Action syndicale en mai 1920.
Adhérent du syndicat CGT des employés des deux sexes, Félix Malterre devint, en 1920, membre suppléant puis titulaire du comité général de la Bourse du Travail. Membre de la commission administrative de l’Union locale, il siégeait à la commission « d’études et du journal » et à celle « de propagande et statistique » de la Bourse. Devant le comité régional, réuni le 30 janvier 1920, il fit le rapport de la commission administrative des œuvres de guerre et donna lecture du rapport moral et financier. Il fut pressenti, en mars 1920, par ses camarades pour représenter l’UL au sein du comité de patronage des HBM et de la prévoyance sociale du département, charge qu’il accepta. Il soutint avec fermeté le mouvement de grève des cheminots. Dans un article de l’Action syndicale, il déclara : « La révolution sera faite quand les cheminots le voudront ». Il mit en cause les dirigeants locaux du Parti socialiste pour leur soutien mitigé aux grévistes ; puis, après l’échec du mouvement, en tirant les leçons, il écrivit : « l’unité dans l’immobilité, c’est la mort... ». En juin, il se déclara pour la nationalisation des chemins de fer. Favorable à la Révolution russe et à l’Internationale communiste, il développa ses conceptions du syndicalisme : partisan de l’abolition des « permanents inamovibles », il réclamait l’inéligibilité après un an de mandat. Courant 1920, il semble avoir été secrétaire de la coopérative de consommation des fonctionnaires.
Élu secrétaire adjoint de la section socialiste de Perpignan lors de la réunion du 3 janvier 1920, il défendit le 3 février 1920 la thèse de l’adhésion du Parti socialiste à la IIIe Internationale, mais fut mis en minorité. Lors de la réunion du comité fédéral, tenue le 27 juin 1920, on vit pour la première fois les partisans de l’adhésion à l’IC rassembler une majorité dans les Pyrénées-Orientales. Au début du mois de juillet 1920, Félix Malterre, Sigismond Moszkowski* et Justin Patrouix* proposèrent à la section de Perpignan la mise sur pied d’une commission pour « envisager la création d’un bulletin où toutes les tendances pourraient s’exprimer » (le Cri catalan, 17 juillet 1920) afin de contrebalancer le Cri catalan, propriété de Jean Payra*, adversaire déterminé de l’adhésion à l’IC. Pour sa part, il écrivait dans l’Action syndicale et dans le mensuel des syndicats confédérés. Jean Payra demanda que la décision, à propos de ce bulletin, soit renvoyée au prochain congrès départemental. Cette demande demeura sans objet puisque le congrès en question entérina la scission.
Lors de la préparation du congrès de Tours, Félix Malterre défendit à nouveau le principe de l’adhésion à l’IC : en novembre 1920, la section de Perpignan se prononça en majorité en faveur de l’IC (pour l’adhésion : 59 voix ; contre : 44 ; absents : 103). Au cours de son ultime réunion avant le congrès de Tours (le 11 décembre 1920), la section socialiste de Perpignan se réunit en l’absence de son secrétaire démissionnaire, Jean-François Charvet*. Félix Malterre fut alors élu à sa place. En janvier 1921, il devint secrétaire de la section de Perpignan du Parti communiste et secrétaire de rédaction du Bulletin socialiste des Pyrénées-Orientales, organe local de la SFIC, éphémère publication.
En avril 1921, il était secrétaire adjoint de la Fédération communiste des Pyrénées-Orientales. Militant syndical, Félix Malterre fut délégué par son syndicat au VIIIe congrès de l’UD-CGT (13 juillet 1921). Son mandat fut contesté par les congressistes et finalement validé. Il vota pour Joseph Berta* candidat des CSR au secrétariat de l’UD. Le 9 octobre 1921, lors du congrès extraordinaire de l’UD, il fut mis en cause pour avoir essayé d’empêcher Lavit*, délégué régional des Métaux, de parler salle des Tonneries, afin de porter la contradiction à Racamond* qui tenait un meeting.
L’année suivante, Félix Malterre disparut de la scène politique et syndicale des Pyrénées-Orientales.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article6266, notice MALTERRE Félix par André Balent, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 14 septembre 2014.

Par André Balent

SOURCES : L’Action syndicale, 1919-1922. — Le Cri catalan, 10 janvier, 14 février, 22 mai 1920. — Bulletin socialiste des Pyrénées-Orientales, organe de la SFIC, 12 janvier 1921. — L’Ordre nouveau, 1921. — M. Cadé, Le Parti communiste dans les Pyrénées-Orientales..., Thèse, Toulouse, 1984.

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