LANÇON Auguste, André

Par Claude Pennetier

Né à Saint-Claude (Jura) le 16 février 1836, mort à Paris le 13 avril 1885 ; ouvrier lithographe et artiste graveur ; communard.

Gravure d’Auguste Lançon
Gravure d’Auguste Lançon
Les prisonniers fédérés à Versailles dans les caves des grandes écuries.

Fils unique d’un menuisier, il devint ouvrier lithographe à Lons-le-Saunier puis fut reçu à l’école des Beaux-Arts de Lyon (1853) et à celle de Paris (1858) ; il continua à travailler dans l’imprimerie tout en étant peintre aquarelliste, graveur, sculpteur. En 1861, il débuta au Salon. En 1871,il habitait 3, rue Campagne-Première, à Paris, XIVe arr.
Sergent dans un bataillon de marche en 1870, engagé dans une ambulance de la presse, il envoyait des dessins sur les horreurs de la guerre. Il devint, sous la Commune de Paris, capitaine d’une compagnie de gardes nationaux fédérés. Il appartint aussi à la Commission fédérale des artistes élue le 17 avril 1871. Voir François Bonvin.
Après avoir passé six mois d’internement au camp de Satory et à l’Orangerie de Versailles en compagnie de Gustave Courbet, il fut acquitté par un conseil de guerre. Il reprit son activité de dessinateur dans la presse, se vit refuser au Salon de 1873 mais reconnu et médaillé à ceux de 1874 et 1875.

Dans ses gravures, il décrivit la vie quotidienne des ouvriers et la misère des "Bas-fonds parisiens" du nom d’une de ses séries. Il réalisa des estampes pour le livre de son ami Jules Vallès, La rue à Londres (1883). Correspondant de l’Illustration pendant la guerre des Balkans, en 1877, il suivit l’armée russe. Mais c’est à son atelier, rue Vandamne, à Montparnasse, qu’il travailla : "Jaloux de son indépendance, il ne voulut jamais rien devoir à personne. Dédaigneux de la réclame, il a vécu isolé [...] fuyant également les coteries chères aux turbulentes médiocrités et les salons où se dispense, à défaut du talent, l’illusion éphémère de la renommée", écrivait son ami Bernard Prost, archiviste du Jura.
Jusqu’en 1872, son prénom usuel fut André ; par la suite il se fit appeler Auguste.
Une rue du XIIIe arr. de Paris porte son nom.
Plusieurs musées conservent ses oeuvres (Beaux-Arts de Dole, Vendôme, municipal de Nuits-Saint-Georges, domaine de Sceaux). Son atelier d’artiste est conservé dans sa maison natale de Saint-Claude.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article63184, notice LANÇON Auguste, André par Claude Pennetier, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 9 novembre 2019.

Par Claude Pennetier

Gravure d’Auguste Lançon
Gravure d’Auguste Lançon
Les prisonniers fédérés à Versailles dans les caves des grandes écuries.

SOURCES : Bernard Prost, Auguste Lançon aquafortiste, peintre et sculpteur, Paris, 1887. — Georges Bell, Paris incendié, histoire de la Commune de Paris de 1871, impr. E. Martinet, 1872 . — Paul Lisky, "Auguste Lançon. Un artiste non reconnu à sa juste valeur", La Commune, n° 68, 2016. — Notes de Jean Maitron.

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