MARCO Julien, Joseph

Par Léon Strauss

Mort en déportation ; cheminot et divers métiers dans le Bas-Rhin ; autonomiste.

Cheminot à Strasbourg-Neudorf, Julien Marco signa le manifeste autonomiste du Heimatbund (8 juin 1926) et fut révoqué en juillet 1926 par la direction du réseau d’Alsace et de Lorraine. Il travailla un moment à l’imprimerie autonomiste Erwinia avec Jean Dumser. Le leader de la Landespartei, Charles Roos, entré au conseil municipal de Strasbourg en 1929, lui procura un emploi d’auxiliaire à la Bibliothèque municipale, mais il fut renvoyé en 1933 par le maire communiste dissident Hueber. Roos, grâce aux relations qui le liaient à un autre autonomiste, Joseph Oster, directeur général des Hospices civils, put à nouveau lui procurer un emploi à l’hôpital. Pour se procurer de l’argent, il était entré en relation avec le poste du SD (service de renseignements du parti nazi) de Kehl (Bade, Allemagne), auquel il fournissait, semble-t-il, des renseignements insignifiants. Il était aussi membre de la Landespartei et souvent chauffeur particulier de Roos. En janvier ou février 1939, il fut arrêté par la police spéciale de Strasbourg et son témoignage fut décisif pour l’arrestation de Roos, son inculpation pour espionnage et sa condamnation à mort par le tribunal militaire de Nancy le 26 octobre 1939. Le même jour, Marco, lui-même détenu à la prison de Nancy, fut condamné à cinq ans de détention. En juillet 1940, il fut libéré d’une prison française par le commando Dehmel, mais immédiatement transféré en Allemagne, où il fut finalement exécuté au camp de concentration de Mauthausen (Autriche annexée).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article6338, notice MARCO Julien, Joseph par Léon Strauss, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 30 juin 2008.

Par Léon Strauss

SOURCES : La Dépêche, 30 juillet 1933. — P.C. Ettighoffer, Erschossen zu Nanzig, Strasbourg, 1942, p. 285-290, 292, 297. — M.-J. Bopp, L’Alsace sous l’occupation allemande 1940-1945, Le Puy, 1945, p. 40. — K.-H. Rothenberger, Die elsass-lothringische Heimat- und Autonomiebewegung zwischen den beiden Weltkriegen, Bern, Frankfurt/M, 1975, p. 323. — Ph. Ch. F. Bankwitz, Alsatian Autonomist Leaders 1919-1947, The Regents Press of Kansas, Lawrence, 1978, p. 18, 50, 57, 68 (trad. fr. Saisons d’Alsace, Strasbourg, n° 71, p. 25, 55, 60, 69, 70). — P. Zind, Elsass-Lothringen, Alsace-Lorraine, une nation interdite 1870-1940, Copernic, Paris, 1979, p. 310, 672-674.

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