LEROY Albert [LE ROY Pierre, Albert]

Né le 11 juillet 1820 à L’Aigle (Orne) ; mort le 28 janvier 1879 à Paris ; élu démissionnaire de la Commune de Paris.

Fils d’un propriétaire, Albert Leroy fut élève au collège royal Louis-le-Grand à Paris, il obtint l’agrégation de Lettres et présida la Société pour l’Instruction élémentaire. Il démissionna de l’enseignement après le coup d’État. Son ouvrage intitulé Entretiens et lectures fut interdit de 1859 à 1863 par Gustave Rouland, ministre de l’Instruction et des Cultes.
Il créa alors les Conférences de la rue de la Paix avec Émile Deschanel, qui les publia en 1870.

Domicilié 40, rue Saint-André-des-Arts, le 31 octobre 1870, il signa avec le Dr Robinet, au nom de la mairie du VIe arrondissement, une affiche rédigée par Joseph Vinot, directeur des cours d’astronomie populaire, dans laquelle le Gouvernement de la Défense nationale était fortement critiqué. À cette date, il se prononçait en faveur de la séparation de l’Église et de l’État.
Après le 18 mars 1871, il participa en tant qu’adjoint du VIe arr. à toutes les discussions et tentatives de conciliation avec le Comité central, et il signa toutes les déclarations et proclamations des maires, adjoints et représentants de la Seine. Le 23 mars, après s’être entendu avec les maires réunis à la mairie du IIe arrondissement, il se rendit à la salle de l’école communale de la rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois où la résistance à l’insurrection tentait de s’organiser.
Le 26 mars, il fut élu membre de la Commune dans le VIe arr. (premier élu ; il obtint 5 800 voix sur 9 499 votants et 24 807 inscrits. Le second élu, Edmond Goupil, avait obtenu 5 111 voix ; le troisième Jean Robinet, 3 904 voix ; le quatrième, Charles Beslay, 3 714 voix ; le cinquième, Eugène Varlin (élu aussi dans les XVIIe et XIIe arr.) 3 602 voix).
Nommé membre de la Commission de l’enseignement le 29 mars, il donna sa démission de membre de la Commune dès le lendemain.

Franc-maçon, il avait été initié le 4 mai 1860 à la loge L’Écossaise 133. En 1869, il était Orateur de la Grande Loge Centrale et demanda une réforme des structures de l’Obédience. En 1870, il fut l’un des fondateurs de la loge dissidente La Mutualité.
Il donna, après la Commune, des leçons de littérature et de langue française aux cours commerciaux ouverts au Grand Orient.
Albert Leroy mourut à son domicile à Paris le 28 janvier 1879 et les maçons des deux Rites se cotisèrent pour lui bâtir un monument funéraire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article64345, notice LEROY Albert [LE ROY Pierre, Albert], version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 20 septembre 2021.

SOURCES : J.O. Commune, 31 mars 1871. — Murailles ... 1871, op. cit., p. 104. — Notes de Louis Bretonnière. — Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, 2021.

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