MARIN Armand, Théodore

Né le 20 août 1843 à Paris ; professeur de mathématiques ; sert la Commune de Paris avec grade de chef d’escadron et comme directeur du personnel de l’artillerie fédérée.

Armand Marin appartenait à une famille bourgeoise et cependant d’idées avancées, « une famille de révolutionnaires », dit-on au conseil de guerre ; son père, ingénieur civil, avait été "transporté" en 1848. Il fit ses études secondaires au lycée Charlemagne, puis une classe de mathématiques spéciales à l’institution Fontaine qu’il aurait abandonnée faute de ressources déclara-t-il. Il donna ensuite des leçons de mathématiques pour vivre.
Il servit comme remplaçant dans un régiment d’artillerie et se retira dans ses foyers comme maréchal des logis, le 31 décembre 1869.
À la déclaration de guerre, il fut rappelé, mais ne se présenta pas ; Il fut un temps capitaine au 253e bataillon de la Garde nationale, travailla avec l’ingénieur Ernest Bazin à la mise au point de nouveaux obus ; il habitait alors 46 rue de la Victoire (neuvième arrondissement) et se disait agent d’affaires (Farcy). Dès l’avènement de la Commune, il offrit ses services, entraînant même ses deux frères dont l’un, plus jeune, fut tué à la barricade de la rue Saint-Maur, le 26 mai, et l’autre, Charles, Henri, se réfugia en Amérique. En avril 1871, Marin était employé au personnel de l’artillerie fédérée avec grade de chef d’escadron ; puis il fut nommé par Cluseret directeur de ce personnel avec grade de colonel (décret 12 mai 1871) au ministère de la Guerre.
La procédure le concernant est très complexe. On l’accusa d’avoir aidé à l’incendie de la mairie du XIe arr. — il le nia — et il fut condamné par contumace, le 15 novembre 1872, par le 5e conseil de guerre, à la peine de mort ; le 23 novembre 1872, toujours par contumace, le 4e conseil de guerre le condamnait sous le nom de Marlier (est-ce lui le Marlier qui signa l’affiche rouge Place au Peuple Place à la Commune ?) à la déportation dans une enceinte fortifiée et à la dégradation civique. À ce moment-là, Armand Marin se trouvait vraisemblablement réfugié aux États-Unis en compagnie de son frère Charles. Sa présence y est en tout cas attestée par une lettre publiée par le Labor Standard le 2 septembre 1876. Mais il était rentré en France avant puisqu’il fut arrêté à Paris le 23 mars 1876. Il fut alors condamné contradictoirement, par le 3e conseil de guerre, en août 1876, à la peine de mort. Le jugement, cassé, confirmé par le 1er conseil, fut cassé à nouveau et repris par le 2e conseil. La peine fut commuée, le 14 juillet 1877, en travaux forcés à perpétuité, puis en vingt ans de réclusion en 1878, et enfin remise en 1879 ; Marin avait bénéficié de nombreux appuis.
Après l’amnistie, Marin continua un temps son engagement socialiste. Il était en 1880 secrétaire du comité central d’initiative électorale du Parti ouvrier socialiste - Union fédérative du centre, candidat, quartier Rochechouart, « de la classe ouvrière et socialiste » le 9 janvier 1881. Il intervint le 18 mars 1881 au restaurant suisse rue Lafayette défendant l’exécution des deux généraux. Il était aussi rédacteur au Citoyen, organe socialiste quotidien¸ de Jules Guesde, et signa à ce titre le texte approuvant l’assassinat du tsar Alexandre II.
Devenu ensuite négociant, il suivit Émile Eudes et Henri Rochefort dans leur évolution vers le boulangisme. En septembre 1885, il lança un hebdomadaire destiné à la banlieue, La Vraie république, qui n’eut que quatre numéros. Membres de diverses ligues, la Ligue de l’intérêt public, la Ligue républicaine contre les abus (dont il était vice-président en 1888), il fut candidat en 1888, quartier du Mail, comme « radical-socialiste, candidat de la presse intransigeante ». Il se retira au second tour pour faire battre le républicain opportuniste. En janvier1889, il présidait la réunion de soutien d’un candidat révisionniste. En 1899, il est signalé encore comme membre de la Ligue de la patrie française, et en 1900, il était journaliste à La Patrie dont le directeur était l’ancien communard Émile Massard.
Il a écrit quelques brochures sous le pseudonyme de Jean-Louis Miran.
Il était marié, père de deux enfants. Le Petit Journal le décrit en 1876 comme robuste, de haute taille, énergique, « avec un cachet d’élégance. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article65407, notice MARIN Armand, Théodore, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 2 novembre 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/843. — Arch. Min. Guerre, 5e et 4e conseils (ce dernier possède un dossier au nom de Marlier, n° 765). — Arch. PPo., listes de contumaces. — Murailles... 1871, op. cit., p. 491. — Le petit Journal , 1er septembre 1876. — Le Citoyen. — La Vraie République. —
L’Intransigeant. — Notes de Michel Cordillot. — Notes de Jean-Louis Robert.

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