MAZELLIER André, Maurice, dit André MAZ

Par Yves Lequin, Roger Pierre

Né le 6 octobre 1862 au Teil (Ardèche), mort le 15 janvier 1945 au Teil ; cheminot, puis architecte ; secrétaire de la fédération socialiste de l’Ardèche, puis militant communiste.

Employé du PLM à Avignon (Vaucluse), André Mazellier fut ensuite chef de gare à Ruoms (Ardèche). Il aurait été révoqué par la compagnie à la suite de la publication par Le Progrès d’un feuilleton où il faisait la caricature du chef de gare. Il avait dans sa jeunesse suivi à Lyon des cours d’architecture et s’établit à son compte dans cette branche, ce qui ne l’empêcha point de se qualifier aussi, avec une pointe de fantaisie, de cultivateur ou de négociant.

Avec l’instituteur Auguste Bourret, plus connu sous le pseudonyme de Jean Volane, André Mazellier avait participé vers 1890 à la fondation d’une revue, L’Ardèche littéraire. Il entretint une correspondance avec Saint-Saëns, qui le félicita de ses poèmes sur la terre natale. Il fut l’un des abonnés aux Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy*, et ce fut, comme beaucoup d’autres, par l’affaire Dreyfus qu’il vint à l’action politique et sociale. Il adhéra au groupe socialiste du Teil qui le délégua au 3e Congrès de la Fédération socialiste autonome Drôme-Ardèche le 8 mars 1903, mais passa longtemps, non sans raison, pour avoir des idées libertaires : sur les paroles d’un de ses poèmes, « L’Églantine », fut composé en 1904 « Le Chant des libertaires de France ».

André Mazellier fut, en 1905, le créateur puis le principal animateur du groupe socialiste dans la ville ouvrière du Teil (Ardèche), important dépôt du PLM, à proximité des carrières de Lafarge. En 1908, il fut inclus sur la liste de candidatures de la gauche aux élections municipales, sous l’étiquette de « républicain-socialiste » ; il fut élu au deuxième tour, avec 557 voix sur 931 votants, et devint adjoint au maire pendant quelque temps. Après un premier échec en 1907, il réussit à créer un syndicat des travailleurs de la chaux et engagea la lutte contre la puissante famille des Pavin de Lafarge, leur faisant notamment refuser le renouvellement du bail des carrières communales. Sa participation à l’organisation locale du syndicat cheminot à la veille de 1910, la netteté de ses convictions, la vigueur de son action semblent l’avoir séparé très vite de ses colistiers ; en juin, le commissaire de police estimait même que le groupe révolutionnaire d’une trentaine de membres, qu’il dirigeait, était désormais acquis aux idées libertaires. Il n’en était rien, André Mazellier restait fidèle aux unifiés, et en 1911, en janvier, au congrès de Vogüe, il fut le véritable organisateur d’une fédération socialiste départementale distincte de celle de la Drôme ; il en devint le premier secrétaire général et la représenta au congrès national de Lyon (1912).

Secrétaire général de la Fédération de l’Ardèche jusqu’au lendemain du congrès de Tours, André Mazellier joua un rôle important dans les grèves de 1920 et usa de son influence en faveur de l’adhésion à la IIIe Internationale. Il fut, avec Julien Terrade* et Hector Magnet, désigné comme candidat de principe aux élections sénatoriales de janvier 1921, afin « d’y développer devant les électeurs sénatoriaux les arguments qui plaident en faveur du communisme ». Il n’accepta plus de responsabilités à la direction du Parti communiste. Il fut pourtant l’un de ses candidats aux élections législatives de 1924 où il obtint 1 597 voix sur 78 588 votants et 93 947 inscrits. Il fut aussi présenté en 1925 au conseil général dans le canton de Viviers, contre Auguste Pavin de Lafarge, mais il n’obtint que 189 voix sur 3 024 suffrages exprimés.

Sans militer activement, il partagea ses loisirs entre la poésie et la peinture, la pêche au carrelet et la chasse au merle, évoquant avec ses amis ses souvenirs d’une longue vie militante, et notamment ses rencontres avec Léon Blum*, Marcel Cachin*, Henri Barbusse*.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article6545, notice MAZELLIER André, Maurice, dit André MAZ par Yves Lequin, Roger Pierre, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 8 février 2010.

Par Yves Lequin, Roger Pierre

SOURCES : Arch. Dép. Ardèche, 2 M 362 et 428, 480 M. — Compte rendu du congrès de Lyon. — Compère-Morel, Grand dictionnaire socialiste, op. cit., p. 534. — A. Darasse, Le Socialisme dans l’Ardèche, Largentière, 1920 — G. Serret, Chaux et ciments de Lafarge. Monographie sociale, Nîmes, 1938. — Renseignements recueillis par A. Demontès.

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes I, op. cit., p. 107.

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