MAZOYER Étienne

Par René Gallissot

Cheminot, révoqué en 1920 ; syndicaliste ; communiste d’Algérie.

Colon, ruiné par les années de mévente du vin, Étienne Mazoyer vint habiter à Alger où il travailla d’abord comme journalier dans une maison de commerce puis devint employé des chemins de fer. En 1919, il était secrétaire général de l’Union CGT des syndicats de cheminots. Révoqué à la suite des grèves de 1920, il prit la direction de l’imprimerie coopérative " Le Prolétariat " qui assurait les publications socialistes et qui passa ensuite sous gestion communiste. Au congrès CGT de Lille en 1921, Étienne Mazoyer eut le lobe d’une oreille coupé par le projectile tiré par l’anarchiste Louis Lecoin* contre Edo Fimmen secrétaire de l’Internationale des transports. Choisi parce que cheminot révoqué, Étienne Mazoyer était le candidat communiste aux élections législatives à Alger en 1921 et 1924.
Bien que modéré, il resta au PC après le départ à la fin de 1922, de nombreux adhérents restés sur les positions socialistes en opposition avec les thèses de l’IC sur l’indépendance des colonies (voir Maxime Guillon* pour la motion de Sidi-Bel-Abbès). Étienne Mazoyer devint secrétaire interfédéral d’Algérie (trois fédérations départementales) en 1923. Il participa au congrès du Parti communiste en France à Lyon en 1924, qui le désignait comme " délégué permanent de l’Algérie ". En 1925, il fut poursuivi pour provocation de militaires à la désobéissance, lors de la campagne communiste contre la guerre du Rif et de Syrie. Il semble alors avoir quitté le Parti communiste ou avoir été exclu en 1926-1927.
Il était, en 1922-1923, membre de la Commission exécutive de l’Union des syndicats de cheminots restée à la CGT ; en 1924, il devint responsable de son journal Le cheminot algérien. Il quitta ensuite la CGT ; en 1928, il était secrétaire du syndicat indépendant des ouvriers boulangers du PLM à Alger.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article6555, notice MAZOYER Étienne par René Gallissot, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 22 février 2020.

Par René Gallissot

SOURCES : Arch. Nat. France, Paris, F7 13 130. — Arch. IRM, Paris, Commission coloniale du PCF, 52 360 et 7 70. — Arch. Wilaya Alger, 36, 56. — La Lutte sociale. — M. Kaddache, La vie politique à Alger de 1919 à 1939. SNED, Alger, 1970. — N. Benallègue-Chaouia, Algérie. Mouvement ouvrier et question nationale, op.cit.

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