MEKARSKI Jules, Charles, dit Gérard

Par Jean Maitron, Pierre-Henri Zaidman

Né le 21 août 1844 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), déporté mort le 19 avril 1878 à l’hôpital de l’île Nou (Nouvelle Calédonie) ; communard.

Fils de Jean Népomucène Mekarski, sujet polonais qui, après avoir servi dans son pays comme lieutenant et aide de camp, se réfugia en France en 1830 et de Jeanne-Blanche-Cornelly Cornélie Delaperrierre, de nationalité française ; célibataire ; il avait pour sœur Paule Mink, très active en 1871 ; son frère Louis était dessinateur à Auxerre (Yonne) dans les bureaux d’un ingénieur. Les parents de Jules étaient des libéraux éclairés saint-simoniens. Il suivit des études à l’Ecole polonaise de Paris. En 1861, lors de la deuxième insurrection polonaise, il partit en avec son professeur et plusieurs élèves de l’école pour combattre l’envahisseur russe.

De 1861 à 1863, Jules Mekarski fut novice dans la marine française à Toulon, du 9 octobre 1861 au 28 janvier 1862, puis comme fourrier sur l’Impérial jusqu’au 1er janvier 1863. Il prit part à l’expédition du Mexique, et fut décoré. En 1870, il était serrurier-métreur-vérificateur et demeurait, 26, rue Lepic (XVIIIe arr.) puis 7, rue Caroline (XVIIe arr.). Durant le 1er Siège, il servit dans les 1er et 2e bataillons de francs-tireurs de Paris, puis aux guérillas de l’Ile-de-France et, enfin, au bataillon des chasseurs de Neuilly. Le 2 janvier 1871, il était « prévenu de vol » et écroué. Le 18 mars le libéra et il est dit par la suite « sans antécédent judiciaire ».
Pendant la Commune de Paris, il fut tour à tour officier d’état-major attaché aux bureaux de la place Vendôme, délégué par la Commune à la propagande en province (Auxerre et Troyes), commissaire de police du quartier de l’Europe (VIIIe arr.). Il put quitter Paris le 19 mai et gagner Genève.

En décembre 1873, il présentait au représentant de la France à Berne un mémoire concernant un fusil perfectionné dont il se disait l’inventeur, et prenait la qualité d’ingénieur du Chemin de fer central suisse ; prenant contact avec l’ambassadeur à Berne, le 8 février 1874, il était informé qu’on l’admettait à présenter lui-même son fusil devant le président de la commission des expériences à Vincennes ; il rentra en France... et se livra involontairement à la justice (Pourquoi L. Descaves a-t-il écrit à son sujet : « Personnage louche, dont l’exécution, plus tard, s’imposa » ?). Le 3e conseil de guerre le condamna, le 11 mai 1874, aux travaux forcés à perpétuité pour « au même lieu le 11 mai 1871, dans un mouvement insurrectionnel, avoir envahi à l’aide de violences et menaces la maison du sieur Opigez-Gagelin au même lieu, le 13 dudit mois, pillé en bande et à force ouverte l’hôtel du duc de Rivoli, des effets et des objets mobiliers qu’il contenait ; au même lieu, en mai, s’être rendu complice de vols qualifiés commis au préjudice de la congrégation des Daines carmélites, du sieur Lecompte ». Il forma un pourvoi en cassation qui est fut rejeté le 18 juin 1874, Durant sa déportation, il inventa un appareil à distiller l’eau de mer dont le plan se trouve à son dossier H 388 (février 1877). Il écrivit, le 23 mai 1877, au président de la République, une lettre de repentir. Mekarski mourut l’année suivante, le 19 avril 1878, à l’hôpital de l’île Nou.

Voir W. Wroblewski.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article65941, notice MEKARSKI Jules, Charles, dit Gérard par Jean Maitron, Pierre-Henri Zaidman, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 4 février 2020.

Par Jean Maitron, Pierre-Henri Zaidman

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/807, n° 5065 et H colonies 388. — Arch. Min. Guerre, 3e conseil (n°1655). — Arch. PPo., listes de contumaces. — L. Descaves, Philémon..., op. cit., p. 178. — W. Wyczanska, Polacy W Komunie..., op. cit. Journal du Loiret, 25 mars 1874. — Bulletin des arrêts de la Cour de cassation rendus en matière criminelle vol 79 n°6, 1874.

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