MONTBARD Georges, de son vai nom LOYE Charles, Auguste

Né en 1841 à Montbard (Côte d’Or), mort en 1905 à Dinard (Ille-et-Vilaine) ; dessinateur ; communard exilé à Londres.

Charles Auguste Loye (il ne prit le nom de Georges Montbard qu’après la Commune, mais peut-être l’appelait-on déjà de ce nom en référence à sa commune d’origine) quitta la Bourgogne pour Paris dans les années 1860 et fréquenta la jeunesse républicaine du Quartier Latin. Il publiait ses dessins dans les journaux La Rue, le Journal amusant, La Vie parisienne, Le Masque et l’Éclipse. C’était un garçon plein de vie, excellent danseur, au point que selon l’anglais Ernest Alfred Vizetelly, à côté de lui les "danseurs du Moulin rouge sombrent dans l’insignifiance". Il coopérait avec de Jules Vallès.
Pendant le Siège, il dessina à plusieurs reprises des scènes représentant les Allemands. Rallié à la Commune, il fut affecté au Comité central d’artillerie à Saint-Thomas d’Aquin, où il recevait fréquemment la visite son ami de Albert Robida, à qui il délivra “un ordre de mission pour aller boire avec lui un vermouth au café de Madrid” ! Soutien de la Commune, il illustra le numéro du 27 avril 1871 de La Fronde illustrée, en couverture, avec le dessin "Les assassins", représentant Adolphe Thiers et Jules Favre recouverts de sang.
Il échappa à la répression en s’exilant à Londres où il fréquenta Jules Vallès (André Gill lui avait conseillé de prendre Montbard pour illustrer la Rue anglaise) et fit une carrière marquante de dessinateur, illustrant livres et revues : les émeutes d’Irlande en 1872, Londres pittoresque. Depuis son exil, il envoyait des dessins au Monde illustré, ce qui amena Vincent Van Gogh à parler positivement de ses œuvres. Sans fréquenter assidument les autres exilés résidant à Londres, il rencontrait néanmoins souvent à l’Hôtel de la Boule d’Or, Percy Stret, lieu de naissance de l’Internationale, Albert et Camille Barrère. Pendant ses moments de loisirs il faisait du canot sur la Tamise, comme autrefois sur la Marne. Il voyagea en Égypte et au Maroc puis revint en France avec son épouse à la fin de vie et mourut en 1905 à Dinard.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article66566, notice MONTBARD Georges, de son vai nom LOYE Charles, Auguste, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 10 mars 2020.

SOURCES : Lissagaray, Histoire de la Commune, op. cit.— Paul Lidsky, "Georges Montbard", La Commune, n° 80, 4e trimestre 2019 (cet article lui doit tout). — John Grand-Carteret, Les mœurs et la caricature en France, Paris, Librairie illustrée, 1888. – Renaud Morieux, Une communauté en exil : les réfugiés de la Commune à Londres (1871-1880), Mémoire de maîtrise, Université Paris I, juin 1997. – Note de Louis Bretonnière et de Michel Cordillot.

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