MÉTRAL Marius, Émile

Par Marie-Louise Goergen

Né le 16 mai 1900 à Sales (Haute-Savoie), mort le 15 janvier 1955 à Lyon (IIIe arr.) ; conducteur ; syndicaliste CGTU puis CGT d’Ambérieu (Ain), de Chamonix (Savoie) et d’Annecy (Haute-Savoie) ; secrétaire de la section PCF d’Annecy.

Fils d’un « employé au PLM » et d’une catholique « très pieuse » suivant son autobiographie, issu d’une famille pauvre qu’il qualifia lui-même de « démocrate populaire » et qui avait peu de liens avec le communisme, Marius Métral fréquenta les écoles primaires de Salès, puis d’Annecy et d’Annemasse pendant moins de six ans et commença à travailler à l’âge de douze ans. Il fut embauché à l’usine puis travailla chez des particuliers à la campagne. Engagé volontaire à la fin de la Première Guerre mondiale, il fut libéré le 30 octobre 1919. Il travailla comme ouvrier boulanger, puis fut rappelé pour finir son service fin mai 1921. Le 3 mars 1922, il entra au PLM à Ambérieu-en-Bugey, où il devait rester jusqu’en mars 1928, date à laquelle il fut nommé comme conducteur à la gare de Chamonix. De retour à Ambérieu en octobre 1932, il quitta ce poste à nouveau pour Annecy, pour raison de santé (séjour dans un sanatorium), en juillet 1937.

Marius Métral adhéra à la CGTU en juin 1924, reconstitua le syndicat d’Ambérieu avec Rogegude, cheminot à Bourg-en-Bresse (Ain), en devint le secrétaire adjoint, puis le secrétaire en 1927. Le syndicat comptait alors 310 adhérents. À cette période, il contribua également à la constitution d’un syndicat CGTU du Bâtiment avec des syndicalistes lyonnais. En 1927, Métral et le secrétaire du syndicat CGT, Targin-Cadot organisèrent des réunions en commun en faveur de l’unité. En avril 1928 Métral fut déplacé et Passard le remplaça. Jusqu’à son départ à Chamonix, il fut également secrétaire de l’Union locale CGTU d’Ambérieu.

Conseillé par un camarade de travail, Allègre, qui fut ensuite « à l’anarchie », Marius Métral adhéra au Parti communiste en 1926. Militant presque seul au début, il se fit conseiller par des militants de la région lyonnaise. Il constitua aussitôt une cellule locale de sept à huit membres, estimant que « [s]on manque d’éducation politique ne [lui] permit pas de réaliser mieux ».
Muté à Chamonix, il milita essentiellement au niveau syndical, s’estimant trop isolé pour faire un travail politique efficace. Lors de son retour à Ambérieu fin 1932, il découvrit un syndicat affaibli, qui n’avait plus que 144 adhérents. Métral s’expliqua ce déclin par l’action de « détracteurs qui, pendant [s]on absence, avaient laissé dégringoler le syndicat [...] et [l]’avaient pas mal sali par des bobards sans fondement ». Six mois après son arrivée, le syndicat comptait à nouveau 271 adhérents et fut le premier syndicat unique du réseau du PLM. Il redevint également secrétaire de l’Union locale. En plus de son activité parmi les cheminots, il créa des syndicats dans le bâtiment, qui en fit son leader lors des grèves de 1936, dans le Textile et dans l’Alimentation.

Il fut en 1934 candidat aux élections municipales complémentaires du 26 août à Ambérieu puis à celles du 30 septembre. Il se présenta ensuite dans le canton d’Ambérieu aux élections cantonales des 7 et 14 octobre 1934. Il groupa 158 voix sur 2 038 votants contre 276 au socialiste SFIO Pierre Ravet, 633 pour Bravet, et 938 pour Vachez, « socialiste indépendant ». Au 2e tour Métral se désista pour Bravet qui fut néanmoins battu de justesse par Vachez.

Le 24 novembre 1935, Métral brigua un siège au conseil d’arrondissement d’Ambérieu et réunit 256 voix. Par la suite, Métral se consacra à l’organisation du parti. Secrétaire de la cellule d’Ambérieu de 1934 à 1938, il devint membre du bureau régional en 1938. Il était secrétaire de la section d’Annecy, secrétaire administratif de l’Union départementale CGT de la Haute-Savoie et secrétaire du Comité de front populaire d’Annecy en 1938.

Lors de la grève générale du 30 novembre 1938, son attitude syndicale fut contestée. Il demanda son changement et quitta Ambérieu.

De 1934 à 1936, Marius Métral avait été membre de la Libre pensée. Par ailleurs, il avait appartenu au Secours populaire, à la Ligue des droits de l’homme et au Secours rouge.

Marié avec Alexandrine Mortel, fille de cheminots et catholique qui « ne pratiqu[ait] presque pas », Marius Métral fut père d’un fils.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article6659, notice MÉTRAL Marius, Émile par Marie-Louise Goergen, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 17 juin 2020.

Par Marie-Louise Goergen

SOURCES : Arch. Com. Ambérieu. — RGASPI, fonds 495 270 4125. — L’éclaireur de l’Ain, 24 mars 1925,1927-1928, 1932-1938. — Arch. Libre pensée de l’Ain. — DBMOF, tome 36, p. 296 (Charles Sowerwine).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément