OLSZEWSKI Arthur, Julien, Auguste

Né en France en 1843, d’origine polonaise ; ingénieur ; communard.

Le père d’Arthur Oszewski était un noble qui fut l’un des chefs de l’insurrection polonaise de 1833 ; il se réfugia en France, ruiné. Lui-même quitta l’École centrale en 1863 pour aller faire le coup de feu en Pologne ou il fut blessé. Il revint dans la Midi. Naturalisé Français il fut tiré au sort à Toulon et accomplit son service militaire dans les rangs de l’Armée française puis prit part à la guerre de 1870.

Il travailla dans les Ponts et Chaussées à Paris et servit la Commune de Paris comme commandant d’Éclaireurs. Arrêté le 21 mai 1871 par les troupes de Versailles, il fut détenu à Cherbourg, puis condamné au bannissement.
Pendant son séjour à Cherbourg, il rédigea à la main, avec Jules Le Petit, un "Journal (quotidien) des détenus politiques" du bateau La Ville de Nantes sous le titre Le Ponton. La Belgique lui refusa l’asile. Voir Wroblewski Waléry.

Il se maria vers 1894 à Nice avec Euladie-Madeleine Fabreguette, née à Nîmes en 1855, divorcée de Jules Blachier dont elle avait un fils. Elle eut un autre enfant d’Arthur Oszewski et fut connue son l’appellation de comtesse Oszewska.
En 1901, Arthur Oszewski est décrit comme un homme de haute stature (1m 80), grisonnant avec de puissantes moustaches à la gauloise.

En juillet 1901, la comtesse Oszewska tira un coup de revolver sur l’homme politique Pierre Baudin sans le tuer, tenant l’arme d’un main et son fils de douze ans dans l’autre. Interrogé par la police elle s’enferma dans un mutisme absolu, même en présence du préfet Lépine. En fait, elle s’était trompée ; elle voulait tirer sur Théophile Delcassé, celui-ci l’ayant fait arrêter à Nice à la suite d’une réclamation un peu vive. Elle s’inquiétait de l’emprisonnement de son mari en Italie où il était soupçonné d’espionnage. Il fut libéré après un mois et reprit une vie précaire, avec sa femme et son fils. Mais la comtesse Olszewska, toujours remuante et active s’était jurée de sortir la famille de la misère, selon la presse qui faisait grand cas de cette femme au visage dur, aux yeux bleus presque noirs habillée avec élégance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article67296, notice OLSZEWSKI Arthur, Julien, Auguste, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 28 mars 2020.

SOURCES : Arch. Nat., F7/12412 et Arch. Min. Guerre, C 10 (cf. K. Wyczanska, Polacy W Komunie..., op. cit.). — Arch. Gén. Roy. Belgique, dossier de Sûreté, document daté 10 juin 1871. — Le Radical, 18 juillet 1901. — La Croix, 18 juillet 1901. — Renseignements communiqués par Guy De Gand.

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