OTTERBEIN Frédéric [OTTERBEIN Jean, Charles, Frédéric, dit Fritz]

Né à Tervueren (Belgique) le 31 janvier 1843 ; marchand de tabac ; communard.

Il était marié. Otterbein commença à se faire connaître en Belgique à la fin des années 1860. Il fréquentait alors les milieux avancés de la capitale belge et prit la direction d’une feuille démocratique, La Cigale. Lié avec Odilon Delimal, il employait dans son journal des proscrits du Second Empire, notamment Pierre Vésinier et Jules Miot. En 1868, il fut appelé à répondre devant la Cour d’assises du Brabant de la virulence de certains de leurs articles à l’égard de Napoléon III.

En 1870, dès le début de la guerre franco-prusienne, il se rendit à Paris et se porta volontaire pour servir dans les Ambulances internationales, dites ambulances volantes, afin de venir en aide aux blessés (activité qui allait plus tard lui valoir d’être soupçonné d’avoir été un espion prussien). En février 1871, il fit partie d’un convoi d’ambulances qui transporta à Lille, puis en Belgique, plusieurs centaines de blessés.

Fin février 1871, Otterbein était de nouveau à Paris et fin mars, dès les premiers jours de l’insurrection communaliste, il devint employé à la Mairie du Ier arr., où il fut spécialement chargé du contrôle des reconnaissances du Mont-de-Piété. Vers la fin avril, Otterbein se vit confier la direction des chantiers de construction de barricades imprenables place Vendôme et place de la Concorde. Directement placé sous les ordres du directeur des barricades Napoléon Gaillard, il figurait alors comme « secrétaire » sur la liste des « ingénieurs et piqueurs » de la Commune.
Otterbein fut arrêté le 24 mai en compagnie d’un certain Cortès, fils naturel de N. Gaillard.
Comme il était encore inconnu des autorités militaires, il fut rapidement relâché (apparemment après avoir été traduit devant une cour martiale qui siégeait rue Drouot durant les journée de mai et acquitté). Il en profita pour quitter Paris le 6 juin, muni d’un passeport délivré par la Légation de Belgique.
Il se réfugia d’abord à Londres (où on sait qu’il assista comme « hôte » à une séance du Conseil général de l’AIT le 11 juillet 1871), avant de s’installer à Bruxelles. Poursuivi par contumace, il fut condamné le 29 septembre 1874 par le 3e conseil de guerre à la déportation en enceinte fortifiée, et gracié le 29 mai 1879 sous condition d’arrêté d’expulsion.
Otterbein décéda à Saint-Josse-ten-Noode le 19 janvier 1895.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article67349, notice OTTERBEIN Frédéric [OTTERBEIN Jean, Charles, Frédéric, dit Fritz], version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 29 mars 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/858, n° 3177, S 79. — Arch. PPo., listes de contumaces. — Minutes..., op. cit., t. IV. — F. Sartorius, J.-L. De Paepe, Belges ralliés à la Commune de Paris, Bruxelles, Ferraton, 1985. — Notes de M. Cordillot.

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