PANCOU-LAVIGNE Antoine [PANCOU-LAVIGNE Albert, Antoine, Joseph]

Né le 8 septembre 1837 à Peyrestortes (Pyrénées-Orientales) ; mort le 18 janvier 1888 à Guyotville (aujourd’hui Aïn Bénian, wilaya d’Alger) ; curieusement présenté comme « homme de lettres et métallurgiste » ; lieutenant-colonel sous la Commune de Paris.

Le contre-amiral Pritzbuer, directeur du bagne, dit de lui : « Cet individu qui a de l’instruction... » À dix-huit ans, Pancou-Lavigne s’était engagé volontairement au 7e régiment de ligne ; deux ans plus tard il était sergent et, en 1859, ayant terminé son service dans les zouaves, rentra dans ses foyers. Il subit deux condamnations : à Pithiviers (Loiret) en 1862 une amende de 50 f pour port illégal de décorations ; à Montpellier (Hérault) en 1864, quinze jours de prison et 25 f d’amende pour diffamation. Il avait voyagé pendant son service ou à titre personnel : il aurait pratiqué la culture du tabac en Andorre et en Algérie ; à Londres, il aurait approché Félix Pyat et l’aurait aidé à fonder un journal politique.
En 1870, il fut capitaine dans une compagnie de francs-tireurs (les Tirailleurs parisiens) et, durant le Siège, obtint la croix de la Légion d’honneur ; après l’armistice, il fut candidat à l’Assemblée nationale mais non élu.

Revenu à Paris en avril 1871, Antoine Pancou-Lavigne offrit ses services au gouvernement insurrectionnel et, après avoir été commandant du 92e bataillon, IIe légion, fut nommé lieutenant-colonel avec charge d’organiser la XIe légion le 2 avril ; le 22, il fut attaché à l’état-major de Dombrowski. Il démissionna le 1er mai, dit-il, mais il toucha sa solde jusqu’au 18.

Il fut arrêté plusieurs fois après mai et se fit relâcher en arguant d’une confusion avec un autre Lavigne et en produisant une lettre de Barthélemy-Saint-Hilaire qu’il avait obtenue par son compatriote Arago. Toutefois, le 28 octobre 1873, il fut emprisonné et déféré au 4e conseil de guerre qui, le 9 mars 1874, le condamna à la déportation dans une enceinte fortifiée ; il fut embarqué sur l’Orne en 1875.
À la Nouvelle-Calédonie, il ne resta pas inactif : il adressa à Flammarion un recueil de poésies assez volumineux et, sur le vu d’un mémoire concernant la culture du tabac rédigé par lui, le directeur de la déportation lui confia le soin de monter un atelier. Il fut accusé d’attentat à la pudeur, mais acquitté ; l’administration avait pourtant rassemblé avec soin les pièces à conviction et les garda dans ses archives confidentielles : parce qu’un intellectuel était a priori suspect, ou parce qu’il avait dénoncé les rigueurs du système pénitentiaire ? En 1877, également, il réclama le traitement afférent à son grade dans la Légion d’honneur. Il fut amnistié en 1879, et partit s’installer en Algérie.
Il était marié, père d’un enfant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article67469, notice PANCOU-LAVIGNE Antoine [PANCOU-LAVIGNE Albert, Antoine, Joseph], version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 30 juin 2020.

ŒUVRE : sous le nom de Lavigne Albert : Questions algériennes — Le Régime du sabre, Paris, 1871, in-8, 46 p., Bibl. Nat. 8° Lk 8/931.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/803, BB 27 et H colonies/94 (dossier 875). — Arch. PPo., E a/104-11 et listes d’amnistiés. — Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, janvier 2021.

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