PERRIN Claude, Émile (abbé)

Né le 1er septembre 1835 à Cours (Rhône) ; demeurant à Paris, 26, rue Crozatier (XIIe arr.) ; communard.

Il avait séjourné un an en Amérique en qualité de secrétaire de l’archevêque de la Nouvelle-Orléans. Revenu en France en 1868, il se fit nommer professeur au collège d’Auteuil, puis vicaire à l’église Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux, IVe arr., et enfin à la paroisse Saint-Éloi, rue de Reuilly (XIIe arr.).
On l’accusa, durant le Siège, de négliger ses fonctions, de témoigner dans ses propos avec ses confrères ou même en chaire une exaltation extrême, et les plaintes affluèrent contre lui à l’archevêché ; le 15 mars 1871, il fut informé qu’il cessait d’appartenir au clergé de Paris, et qu’on l’autorisait à demeurer jusqu’à Pâques à l’église Saint-Éloi « pour lui donner les moyens de chercher un autre emploi ». Il multiplia les protestations verbales, cherchant « à exciter le peuple et le clergé inférieur contre l’autorité légale, en leur parlant de leur esclavage avilissant » — et les protestations écrites, au gouvernement de Paris, au nonce apostolique, pour se plaindre des abus de pouvoir de la hiérarchie et leur soumettre l’idée « de fonder une Église catholique, libérale et populaire ».
Dès le 25 mars, il obtenait un laissez-passer pour communiquer librement avec un délégué de la Commune de Paris. Le 4 avril, l’abbé Denys, curé de Saint-Éloi, lui rappelant l’interdiction de tout sacerdoce dans le diocèse, l’abbé Perrin se présenta à Saint-Éloi pour y dire sa messe, accompagné d’un garde national nommé François chez lequel il demeurait. L’abbé Cornulot lui opposa les ordres de ses supérieurs et l’abbé Guébels lui refusa les vases sacrés ; il provoqua alors un scandale. Ses collègues persistant dans leur refus, l’abbé Perrin se plaignit au comité de la rue d’Aligre qui convoqua l’abbé Guébels.
Quelques jours après, des prêtres de Saint-Éloi étaient arrêtés, dont les abbés Denys et Guébels ; détenus à Mazas, à la Roquette, à la Conciergerie, plusieurs ne furent libérés qu’à l’entrée des troupes de Versailles. L’abbé Perrin avait apporté au Père Duchêne une lettre explicative que publia la Sociale le 14 avril : « Si je suis républicain de cœur et par conviction, ce n’est pas une raison de me persécuter. »

Dénoncé, arrêté et envoyé aux Chantiers, il persistait à vouloir porter la soutane jusque devant le 3e conseil de guerre, ce qui lui fut refusé. Il repoussa toute participation à l’arrestation de ses collègues, nia avoir parlé contre le clergé et admit seulement s’être plaint au comité de la rue d’Aligre. Accusé « d’une légèreté de mœurs peu compatible avec son caractère de prêtre », il fut condamné, le 5 avril 1872, à deux ans de prison et, malgré le mauvais état de santé qu’il faisait valoir, son recours en grâce fut repoussé le 26 mars et le 17 août 1873.
Après sa libération, il partit s’installer au Canada.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article67973, notice PERRIN Claude, Émile (abbé), version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 30 juin 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/786 (n° 529). — Gazette des Tribunaux, 7 avril 1872. — Fontoulieu, Les Églises de Paris sous la Commune, op. cit., p. 61. — Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, janvier 2021.

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