PETIT Léonard

Par Michel Thébault

Né le 14 mars 1830 à Saint-Christophe (Creuse), mort le 28 juin 1887 à Paris (VIIe arr.) ; maçon de la Creuse ; garde national de Paris ; communard, déporté en Nouvelle-Calédonie.

Léonard Petit était le fils de Léonard Petit, cultivateur, âgé de 37 ans, et de Marie Adenis, âgée de 25 ans, domiciliés au lieu-dit Masforeau, commune de Saint-Christophe. Il exerça le métier de maçon, maçon de la Creuse, migrant saisonnier venant travailler sur les chantiers parisiens. En 1870, marié avec Anne Chopinet, il était père de trois enfants. En 1871 il était maçon à Paris domicilié 13 rue Laplace dans le quartier de La Sorbonne, dans le Ve arrondissement.

La plupart des chantiers étant arrêtés en 1871 à Paris, beaucoup de migrants s’engagèrent, comme les ouvriers parisiens, dans la Garde nationale par conviction politique et faute de travail (les gardes percevaient une solde de un franc cinquante par jour). Léonard Petit devint garde dans le 151e bataillon de la Garde nationale appartenant à la Ve Légion, du Ve arrondissement de Paris. Il fut arrêté pendant la Commune le 1er mai 1871. Après la chute de la Commune et les nombreuses arrestations qui s’en suivirent, il fut incarcéré dans le secteur de Rochefort, sur l’île d’Oléron au fort des Saumonards (commune de Saint-Georges-d’Oléron, Charente-Maritime). Il fut ramené en région parisienne et traduit devant un Conseil de guerre. Il fut condamné à Sèvres le 1er mars 1872 par le 9e conseil de guerre. Il fut reconnu coupable « d’avoir en mars et avril 1871 à Paris dans un mouvement insurrectionnel porté des armes apparentes… et d’avoir fait usage de ses armes ». Il fut condamné à la déportation simple et à la dégradation civique. Incarcéré au fort – dépôt de Quelern, à l’entrée de la rade de Brest, dans l’attente de la déportation, il embarqua le 8 mai 1873 sur le Calvados et parvint en Nouvelle-Calédonie le 27 septembre 1873. Il fut débarqué et interné à l’île des Pins le 3 octobre. Il fut transféré à Nouméa le 29 octobre 1876 conduit le lendemain par La Seudre au centre agricole de Moindou (sur la côte Ouest de la Grande Terre à 130 kilomètres de Nouméa). Moindou était un essai de colonisation mixte (libre et pénitentiaire) où les colons étaient incités à défricher et planter de la canne à sucre. Léonard Petit reçut en novembre 1876 un lot de forêt. Les rapports de l’administration pénitentiaire indiquent que Léonard Petit « travaille très bien et fera un bon colon ». En 1878, la situation du centre restait très fragile, Moindou comptant 112 colons libres et 90 déportés. Les travaux agricoles furent interrompus par l’insurrection kanak (juin 1878-janvier 1879) qui ravagèrent le centre agricole.

Léonard Petit fut gracié par le décret du 15 janvier 1879 et partit pour la France sur La Seudre le 15 juin 1879. Il mourut à Paris le 28 juin 1887. Il était veuf d’Anne Chopinet, mais toujours à 63 ans maçon, domicilié 11 rue de la Croix-Nivert (XVe arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article68096, notice PETIT Léonard par Michel Thébault, version mise en ligne le 9 juin 2022, dernière modification le 9 juin 2022.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Creuse et Seine (état civil, recensements) — Arch. PPo., listes d’amnistiés. — Arch. Nat. Outre-Mer (ANOM) COL H 95. — Jean-Claude Farcy, La répression judiciaire de la Commune de Paris : des pontons à l’amnistie (1871-1880). — Pierre Urien, Les communards creusois et la vindicte versaillaise, Mémoires de la Société des Sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse (SSNAH), 1993. — Site internet Les Maçons de la Creuse, annuaire général. — Note de Louis Bretonnière.

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