PHILIPPE Amédée, Auguste

Né le 14 mars 1837 à Paris, y demeurant, rue Jouffroy, XVIIe arr. ; ingénieur chimiste ; officier dans les troupes fédérées en 1871, déporté en Nouvelle-Calédonie.

Son père, lui-même ancien ingénieur mécanicien, écrivit à la Commission des grâces pour dire les mérites professionnels de son fils : celui-ci avait inventé un appareil à cuire le sucre dans le vide, pris un brevet pour fabriquer un combustible en agglomérant des bagasses (résidus de canne à sucre), un autre brevet pour un condenseur à vapeur destiné aux sucreries.

Pendant le Siège, il s’occupa de munitions. Lieutenant, sous la Commune de Paris, au 10e bataillon fédéré, il proposait, en avril 1871, au ministère de la Guerre fédéré, de lui fournir des obus de zinc, inemployés durant le blocus prussien. On lui reprocha cette note, et une lettre envoyée à la Montagne qui constituait une profession de foi communaliste.
Son père disait de lui : « Il ne s’agit en un mot ni d’un criminel, ni d’un révolutionnaire, ni d’un homme de désordre, mais d’un homme d’études sérieuses détourné de sa voie par des événements qu’il déplore » ; on précisa aussi que le 10e bataillon fédéré, chargé des quartiers de la Banque et de Notre-Dame-des-Victoires, avait été l’un des plus calmes et avait en fait protégé la Banque de France.

Philippe Amédée fut détenu sur les pontons à Quélern ; condamné, le 6 mai 1874, par le 3e conseil de guerre, à la déportation dans une enceinte fortifiée, sa peine fut commuée le 22 février 1875 en déportation simple, et remise en 1879 ; il était arrivé à Nouméa le 23 septembre 1875, il rentra par la Picardie.
Il était marié, père de deux enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article68188, notice PHILIPPE Amédée, Auguste, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 21 avril 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/808 et H colonies 96. — Note de Louis Bretonnière.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément