MONTAUBRIE Marcel

Par Pierre Lapeyre

Né le 20 mars 1921 à Toulouse (Haute-Garonne) ; cheminot cantonnier puis employé ; syndicaliste CGT et communiste ; militant de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT).

Né dans le quartier du faubourg Bonnefoy à Toulouse, fils d’un cheminot du dépôt de cette ville qui fut militant de la CGTU et d’une mère réfugiée du Nord de la France, Marcel Montaubrie se passionna très jeune pour la pratique du basket. En 1933, il fut licencié à L’Étoile Rouge de Toulouse, club d’une fédération travailliste qui fut l’un des éléments de la future Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT). Il quitta l’Étoile Rouge de Toulouse en 1937 pour s’inscrire au nouveau club qui venait d’être créé par le syndicat CGT des cheminots : l’Association sportive des cheminots de Toulouse (ASCT). Sa passion du sport ne l’empêcha pas de faire de très bonnes études à l’École supérieure Berthelot.
En 1941, son brevet supérieur en poche, il fut embauché à la Statistique générale (future INSEE) à Toulouse mais dès 1942, il fut incorporé dans les chantiers de jeunesse à Castillon dans l’Ariège. Il se retrouva alors désigné pour l’école des cadres sportifs et dirigea bientôt l’équipe technique.
Libéré en juillet 1943, il intégra la SNCF comme cantonnier auxiliaire, mais il fut placé très vite au service de gestion du personnel du district Voie et Bâtiments et put, par ses fonctions, prévenir à l’avance les jeunes cheminots requis pour le Service obligatoire de travail (STO). Le 19 août 1944, il était présent à la libération de la gare et s’engagea le jour même au groupe insurrectionnel de Bonnefoy qui sera rattaché au « Groupe Matabiau ».
En mars 1945, il fut classé « attaché Groupe VI » et affecté au district VB de Dax (Landes) jusqu’en mai 1947, date à laquelle il rejoignit Toulouse comme employé au 5e arrondissement VB. Il prit aussitôt la responsabilité de la section basket du TCMS, le club cheminot créé pendant la guerre, et s’investit aussi à la FSGT.
En 1950 il milita ardemment contre la scission de la FSGT en Midi-Pyrénées. N’ayant pu l’empêcher, il contribua à la tenue d’un congrès qui permit la poursuite du mouvement. Il devint alors membre de la commission exécutive de la FSGT Midi et, en 1952, il en devint secrétaire général adjoint aux côtés de Robert Barran. En 1954, il était secrétaire général du Comité régional des Pyrénées et membre du conseil national FSGT. Par la suite, il fut élu membre du bureau du Comité régional olympique Midi-Pyrénées et en 1977 en devint le président. Cela ne l’empêcha pas de poursuivre ses activités au TCMS, en particulier au basket, mais aussi dans l’omnisport dont il fut secrétaire général de 1952 à 1959.
En 1954 il représenta la FSGT à la première délégation invitée en URSS. C’est après ce voyage qu’il adhéra au PCF.
Sa passion du sport travailliste le conduisit à organiser des échanges sportifs internationaux, en particulier avec la Tchécoslovaquie. Cela l’amena à s’investir dans l’Association France-Tchécoslovaquie dont il fut, de 1960 à 1987, membre du conseil national.
Malgré ses responsabilités dans le domaine du sport, il resta toute sa vie un militant de la CGT. Dès 1934, aux côtés de son père, il avait vécu le congrès de réunification des cheminots CGT et CGTU du réseau du Midi. C’est le jour même de la libération de Toulouse, en août 1944, qu’il avait adhéré à la CGT. À son retour à Toulouse, en 1947, il fut élu délégué titulaire de la catégorie 62 (administratifs VB) et il le resta jusqu’en 1976. En 1948, il fut membre du comité local des activités sociales de Toulouse, et en 1950, membre de la commission régionale Sports et loisirs CGT, qui le désigna comme représentant à l’Amicale sportive des cheminots du Sud-Ouest (ASCO). Il représenta encore la CGT à la commission centrale Sports et loisirs.
Membre de l’association des locataires (CNL) et copropriétaires (immeuble Gauguin), dont il fut un des co-fondateurs en 1972, il devint vice-président du conseil syndical des copropriétaires.
La retraite n’interrompit pas ses activités militantes. Président d’honneur de la section basket de son club de sport, il poursuivit aussi des recherches sur le sport travailliste, participa aux travaux de l’Institut d’histoire sociale de la Fédération CGT des cheminots et fut membre du groupe Matabiau.
Il fut promu, en 2001, au grade de chevalier de la Légion d’honneur par la ministre de la Jeunesse et des sports.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article6846, notice MONTAUBRIE Marcel par Pierre Lapeyre, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 4 avril 2012.

Par Pierre Lapeyre

SOURCES : Registres du secteur CGT des cheminots de Toulouse. — Dossier de demande de nomination dans l’ordre de la Légion d’honneur. — Fiche de renseignements remplie par l’intéressé.

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