RIVALIER Pierre

Par Michel Thébault

Né le 12 septembre 1836 à Saint-Sulpice-le-Guérétois (Creuse) ; maçon de la Creuse ; garde national de Paris ; communard, déporté en Nouvelle-Calédonie.

Pierre Rivalier était le fils de François Rivalier âgé de 32 ans, maçon, et d’Anne Tingot âgée de 26 ans, domiciliés au lieu-dit Frémont, commune de Saint-Sulpice-le-Guérétois. Il devint comme son père maçon de la Creuse, une migration saisonnière qui culmina au XIXe siècle et qui voyait chaque année, les migrants quitter leur village pour travailler sur les grands chantiers de Paris. En 1870 marié, sans enfant, maçon à Paris, il était domicilié, 17 Rue Maître-Albert dans le quartier Saint-Victor (Ve arr.). Pendant le premier siège de Paris par les troupes allemandes, il était garde à la 8e compagnie sédentaire du 160e bataillon de la Garde nationale appartenant à la Ve Légion du Ve arrondissement de Paris. Il continua son service jusqu’au 7 ou 8 avril 1871 et fut incorporé à ce moment dans la 4e compagnie de marche du même bataillon. Il participa à la sortie du 3 avril 1871 au cours de laquelle, partis tôt vers trois heures du matin de Neuilly, les fédérés (environ 6 000 hommes) se dirigèrent vers Rueil. Mal préparés, mal encadrés et mal armés, les Fédérés furent surpris par les tirs de la batterie versaillaise du Mont-Valérien et beaucoup d’entre eux préférèrent alors rentrer à Paris. Vers le 20 avril, Pierre Rivalier se trouvait au fort de Vanves ; il fut fait prisonnier dans la nuit du 29 au 30 avril 1871.

Après la chute de la Commune et les nombreuses arrestations qui s’en suivirent, il fut incarcéré dans le secteur de Rochefort, sur l’île d’Oléron au fort des Saumonards (commune de Saint-Georges-d’Oléron, Charente-Maritime). Il fut ramené en région parisienne et traduit devant un Conseil de guerre. Il fut condamné à Sèvres le 14 mars 1872 par le 10e conseil de guerre. Le rapport de police préalable indiquait que sa conduite et sa moralité étaient bonnes, mais qu’il était un partisan exalté de la Commune, affirmant que les troupes gouvernementales n’entreraient jamais dans Paris et qu’il aimait mieux tirer sur les Versaillais que sur les Prussiens. Il fut reconnu coupable « d’avoir en mars, avril et mai 1871 à Paris d’avoir fait partie des bandes armées qui ont exécuté un attentat ayant pour but de porter la dévastation, le massacre et le pillage dans la ville et la banlieue de Paris … [et d’avoir] dans un mouvement insurrectionnel porté des armes apparentes ou cachées et des munitions, étant revêtu d’un uniforme... » Il fut condamné à la déportation simple et à la dégradation civique. Incarcéré au fort–dépôt de Quelern, à l’entrée de la rade de Brest (Finistère), dans l’attente de la déportation, il embarqua le 14 janvier 1873 sur le transport à vapeur L’Orne et parvint en Nouvelle-Calédonie le 3 mai 1873. Il fut interné à l’île des Pins le 11 mai. Il fut autorisé à résider à Nouméa le 23 décembre 1876 et gracié complètement par le décret de 15 janvier 1879. Il rentra en France par le transport La Picardie le 20 juin 1879.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article69808, notice RIVALIER Pierre par Michel Thébault, version mise en ligne le 8 juin 2022, dernière modification le 8 juin 2022.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Creuse (état civil, recensements). — Arch. Nat., BB 24/755. — Arch. PPo., listes d’amnistiés. — Arch. Nat. Outre-Mer (ANOM) COL H 99. — Jean-Claude Farcy, La répression judiciaire de la Commune de Paris : des pontons à l’amnistie (1871-1880). — Pierre Urien, Les communards creusois et la vindicte versaillaise, Mémoires de la Société des Sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse (SSNAH), 1993. — Stéphane Trayaud, Oubliés de l’Histoire, les Limousins de la Commune de Paris, Mon Petit Éditeur, 2012 — Notes de Louis Bretonnière.

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