ROBERT Martin, Vincent

Par Pierre-Henri Zaidman

Né le 22 janvier 1805 à Romain-sur-Meuse (Haute-Marne) ; sculpteur statuaire ; domicilié à Paris dans le XIVe arrondissement ; communard.

Fils d’un maçon, tailleur de pierre puis cabaretier, Robert avait servi dans les corps francs en Espagne pendant l’expédition de 1823 ; sculpteur statuaire chez Alexandre Oliva, rue d’Enfer, il exploitait « un filtre dont il est l’inventeur ». Domicilié 22, rue d’Enfer puis 7, rue Campagne-Première, puis 134, boulevard du Montparnasse dans le XIVe arrondissement, il était marié et avait deux fils ; il fut élu capitaine de la 2ème compagnie puis commandant du 217e bataillon de la Garde nationale pendant le Siège de Paris (19 novembre 1870) et fut révoqué en janvier 1871 en raison de ses opinions « exaltées ».
Au début du mois d’avril 1871, il lança un appel dans Le Cri du Peuple pour former les Éclaireurs de Montrouge dont il devint le commandant. Le 12 avril, il écrivit à Cluseret pour lui demander l’autorisation de former le bataillon qui comptait 100 hommes répartis en trois compagnies ce qui ne permit par le versement d’une solde régulière qui était réservée aux bataillons complets comportant quatre compagnies de guerre. Le 17 avril, le bataillon se battit à Neuilly, et ensuite au Petit-Vanves. Le 5 mai, le bataillon comptait trois compagnies pour un effectif de 205 hommes. Martin Robert fut blessé au cours des combats du 9 au 11 mai à Issy (Voir Aimé). Il se cacha dans les caves de son immeuble pour échapper à la répression versaillaise et déguisé, réussit à s’enfuir en Suisse.
Il fut condamné par contumace le 18 juillet 1873 par le 3e conseil de guerre à la déportation en enceinte fortifiée. Deux rapports de police mentionnèrent sa présence à Saxon dans le Valais. Il fut gracié par un décret du 29 mars 1879.
Il mourut le 19 juin 1881 à Paris (XIIIe arr.).

Ses deux fils, Frédéric Arthur, 19 ans et Stanislas, 20 ans, tous deux nés en Espagne, combattirent dans le même bataillon et prirent la parole au Club de Montrouge qui tenait ses séances dans l’église Saint-Pierre, ils furent arrêtés le 26 mai et envoyés sur Le Touville à Cherbourg, bénéficiant d’un non-lieu le 2 octobre 1871, ils se retirèrent chez leur mère, domiciliée faubourg Saint-Jacques.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article69873, notice ROBERT Martin, Vincent par Pierre-Henri Zaidman, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 29 juin 2021.

Par Pierre-Henri Zaidman

SOURCES : Arch. Paris, D2R4 42, D2R4 217b et V4E 4340 (1459). ― Arch. Nat., BB 24/859 B. — Arch. Min. Guerre, 3e conseil GR 8 J 39 (n° 1014). — Arch. PPo., B a/1244, B a/372 et listes de contumaces, — Murailles... 1871, op. cit., p. 496. — Arch. fédérales Berne, Flûchtlinge, carton 53, cote actuelle. ― JOC, 13 mai 1871. ― Les Murailles Politiques Françaises, tome II, L. Le Chevalier, 1874, p. 496.

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