MURSCHEL Henri, Jean

Par Léon Strauss

Né le 15 février 1896 à Houssen (Haute-Alsace, Alsace-Lorraine) ; cheminot, ouvrier aux ateliers de Bischheim ; syndicaliste autonome, puis CGTU ; communiste, puis communiste d’opposition, puis nazi.

Fils de Frédéric Murschel, viticulteur, de religion protestante, et de Catherine Schultz, catholique. Engagé volontaire dans l’armée allemande pendant la première guerre mondiale, Henri Murschel fut décoré de la croix de fer de deuxième classe. Ouvrier aux ateliers des chemins de fer de Bischheim depuis 1921, il devint président du Syndicat autonome des agents des échelles 5 à 10 d’Alsace et de Lorraine. Membre du Parti communiste, il fut le 8 juin 1926 l’un des signataires du manifeste du comité d’action régionale des ouvriers et paysans qui revendiquait pour le peuple alsacien-lorrain le « droit de disposer de lui-même et l’autonomie, telle qu’elle a été accordée aux peuples de la Russie soviétique ». Suspendu de ses fonctions dès le 16 juin 1926, il fut révoqué le 20 juillet. À partir de cette date, le ministère des Travaux publics et la direction des chemins de fer d’Alsace et de Lorraine rompirent toutes relations avec ce syndicat, qualifié d’autonomiste. Pourtant, Murschel a vraisemblablement été réintégré en 1927. En 1928, il fut élu, avec l’appui de la CGTU et du Syndicat des mécaniciens et chauffeurs, délégué titulaire du réseau A-L au conseil supérieur des chemins de fer. Candidat communiste aux élections législatives de 1928 à Colmar, il obtint 3993 voix au premier tour et 2912 au second, mais fut battu par l’autonomiste catholique Rossé. Il fut à nouveau candidat dans cette circonscription lors de l’élection législative partielle du 13 janvier 1929 contre l’autonomiste Hauss, et obtint 2233 voix au premier tour et 1611 au second. Il fut à partir de 1929 ou 1930 l’un des responsables de l’Union CGTU des syndicats de cheminots d’Alsace et de Lorraine, tout en gardant une grande influence dans le « 5 à 10 », qui groupait en 1930 de 1500 à 2000 agents du réseau. Élu conseiller municipal de Strasbourg en mai 1929, il fut exclu du Parti communiste durant l’été 1929.et devint l’un des dirigeants du Parti communiste d’opposition (KP-O). A ce titre, il fut en 1932 candidat aux élections législatives à Strasbourg-Campagne. En août 1932, il fut élu conseiller d’arrondissement dans le canton de Strasbourg-Sud. Il fut l’un des quatre délégués du Syndicat 5 à 10 à la commission créée le 9 décembre 1934, qui aboutit le 26 mai 1935 à la fusion de l’Union des syndicats CGTU de cheminots d’Alsace et de Lorraine, de la Fédération des syndicats professionnels, de l’Union CGT, du Syndicat des échelles 5 à 10. Réélu conseiller municipal en 1935, il continua à militer dans les rangs du parti d’Hueber et de Jean-Pierre Mourer, devenu Parti alsacien ouvrier et paysan. Le 12 octobre 1938, il présida une réunion publique des partis de la Heimatfront (Front de la petite patrie) en faveur du « rapprochement entre la France et l’Allemagne ». Il appartenait également au Volksbildungsverein (Association d’éducation populaire) de Charles Roos. En 1939, il assista à Périgueux à la séance du Conseil municipal de Strasbourg replié le 19 décembre 1939, après avoir fait savoir au maire Frey qu’il avait quitté le groupe du Parti autonomiste ouvrier et paysan et qu’il était désormais « indépendant » ; il fut probablement interné en mai 1940, comme un certain nombre de communistes et d’autonomistes alsaciens au camp d’Arches (Vosges). Libéré par les Allemands, il fut promu Eisenbahninspektor (Inspecteur des chemins de fer), Ortsgruppenleiter (Chef local du Parti) et membre du parti nazi. Il fut nommé le 14 février 1942 Ratsherr (conseiller municipal consultatif) de la ville de Strasbourg. En 1944, il était devenu Kreisleiter (Chef de l’arrondissement dans la hiérarchie du parti nazi) de Guebwiller (Haut-Rhin). En décembre 1944, il fut l’un des signataires du manifeste des nazis alsaciens, dit du Front alsacien de la Liberté, publié à Colmar encore occupée. Par arrêté préfectoral du 12 avril 1945, il fut déclaré indigne d’exercer les fonctions de conseiller municipal. On perd ensuite sa trace. Murschel avait épousé Philippine Biechler, née le 4 février 1898 à Houssen.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article6994, notice MURSCHEL Henri, Jean par Léon Strauss, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 30 juin 2008.

Par Léon Strauss

SOURCES : Arch. dép. Bas-Rhin, 98 AL 635, 98 AL 674, 98 AL 723, 102 AL 47 — Maitron, 37, 1990, p. 195-196 — Presse libre de Strasbourg, Périgueux, 23-24 décembre 1939 — Strassburger Neueste Nachrichten, 14 février 1942 (avec phot) — Presse libre, Strasbourg, 22 juillet 1945 — Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, fasc. n° 27, Strasbourg, 1996, p. 2788. — G. Lachapelle, Les élections législatives, op. cit.La Vie socialiste, 14 mai 1932. — Renseignements communiqués par la mairie de Strasbourg.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément