ROSELLI-MOLLET Edmond [ROSELLI-MOLLET Luc, Philibert, Edmond, de son vrai nom : MOLLET Luc]

Né le 30 janvier 1842 à Belley (Ain), mort le 4 octobre 1883 à Magnieu (Ain) ; ingénieur, directeur des fortifications sous la Commune de Paris, et plus tard député.

Il appartenait à une famille honorable ; son père, Anthelme Roselli-Mollet, était avocat ; il fut, en 1848, représentant du peuple et proscrit en 1851 — Voir Mollet. Il ne rentra de Belgique qu’après l’amnistie de 1859 ; sous le gouvernement du 4 septembre, il fit partie de la commission chargée d’examiner les accusations de Rochefort contre Vermorel (janvier 1870).

Edmond Roselli-Mollet fit ses études au collège Sainte-Barbe, y prit grade de bachelier ès sciences (1861) et entra à l’École Centrale des arts et manufactures où il passa trois ans. En 1870, il était ingénieur civil et connu dans les milieux de libre pensée plutôt que dans les cercles politiques. Il avait enlevé en 1867 une jeune fille alors mineure, Louise Nuidan, avec laquelle il vivait toujours sous la Commune.

Durant le Siège il était lieutenant au 86e bataillon de la Garde nationale. En tant que délégué des vingt arrondissements, il fut un des signataires de l’Affiche rouge du 6 janvier 1871, proclamation au peuple de Paris pour dénoncer « la trahison » du gouvernement du 4 septembre et pour mettre en avant trois mots d’ordre : Réquisition générale, rationnement gratuit, attaque en masse. Elle se terminait par ces mots : « Place au peuple ! Place à la Commune ! » — Voir Ansel. En février-mars, Roselli-Mollet gagna son pays natal, où il se porta, avec son père, candidat à l’Assemblée nationale — en vain.

Revenu à Paris, il fut nommé, le 8 avril 1871, grâce peut-être à l’amitié de Vermorel, « directeur des fortifications », avec grade de colonel et charge de veiller aux forts et aux barricades ; le 30 avril, on lui confiait, toujours dans ce but, la formation de dix compagnies, et le Journal officiel de la Commune du 2 mai le disait « directeur du Génie insurgé ». Il appartint au comité provisoire du club de la Revendication des droits de l’Homme et du Citoyen. Il était alors présenté ainsi : « Grand, mince, brun frisé, toujours un lorgnon dans l’œil droit et portant une casquette fort brodée ». Il habitait, 26, rue Amelot, XIe arr.

Edmond Roselli-Mollet disparut le 17 mai et gagna Fribourg où il fut employé au chemin de fer de Lausanne. Le 3e conseil de guerre le condamna par contumace, le 19 août 1872 (ou 1874 ?), à la déportation dans une enceinte fortifiée ; mais il était fixé en Suisse, avait épousé à Lausanne une nièce du président du Conseil fédéral et passa la frontière quelquefois, dans un but de propagande.

Après l’amnistie (5 juin 1879), il rentra en France et devint député d’extrême gauche pour le département de l’Ain. Il fut, en 1881, l’un des fondateurs de la « Ligue de l’intérêt public - Société protectrice des citoyens contre les abus » créée à l’initiative du docteur Edmond Goupil.
Il eut deux enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article70095, notice ROSELLI-MOLLET Edmond [ROSELLI-MOLLET Luc, Philibert, Edmond, de son vrai nom : MOLLET Luc], version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 30 juin 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/858, n° 3129 S 79. — Arch. Min. Guerre, 3e conseil. — Arch. PPo., B a/1256. — Registres d’état civil de Belley (Ain). — J.O. Commune, 30 avril et 10 mai 1871. — Procès-verbaux Commune, op. cit., séance du 19 mai (intervention de Chalain et note de G. Bourgin). — Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, janvier 2021.

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