NEBOUT Hippolyte, Gustave, François

Par Jacques Girault

Né le 15 mars 1877 à Vallauris (Alpes-Maritimes), mort le 7 juillet 1938 à Toulon ; cheminot ; syndicaliste CGT, puis CGTU ; militant communiste du Var.

Fils d’un cafetier-restaurateur, Hippolyte Nebout entra à la compagnie de chemins de fer du PLM comme visiteur à la traction. Affecté à la gare de Toulon où il se maria en octobre 1902, il habitait le quartier Besagne. Secrétaire général du syndicat CGT des ouvriers et des employés du dépôt en 1908, il fut muté d’office à Marseille pour indiscipline, en juillet 1910. Revenu peu après à Toulon, secrétaire du syndicat en 1914, il le demeura pendant la Première Guerre mondiale.
Délégué au congrès national de la CGT à Lyon (15-21 septembre 1919), ayant aussi le mandat du syndicat des boulangers, il vota pour les deux organisations contre le rapport moral. Élu à la commission de propagande de l’Union des syndicats du Var lors du congrès de l’organisation (8-9 février 1920), membre de la commission administrative, il obtint une voix pour la désignation du secrétaire général. Lors de la première grève de la fin février, il assura à plusieurs reprises, dans les meetings corporatifs, que les cheminots ne répondraient pas à la réquisition.
Aussi, avec Toussaint Orsini* et Toussaint Flandrin*, fut-il arrêté le 5 mai 1920, arrestations à l’origine d’une extension du mouvement gréviste dans les jours qui suivirent. Il eut à répondre de deux délits, « complot contre la sûreté intérieure de l’État » et « provocation de militaires à la désobéissance » à la suite de ses déclarations publiques en février, conduisant, selon l’acte d’accusation, à demander de ne pas répondre à l’ordre de mobilisation. Il fut révoqué de la compagnie du PLM dès le 17 mai 1920. L’instruction débuta le 5 juin et Nebout nia constamment les faits. Maintenu en prison avec le régime politique, à la différence des deux autres syndicalistes toulonnais, « le cas Nebout » fut fréquemment évoqué dans la presse locale. En recueillant les ordres de mobilisation envoyés aux grévistes, il n’avait fait, disaient ses partisans, que répondre aux instructions de la Fédération des cheminots. Son inculpation signifiait, pour ses défenseurs, une attaque directe contre le syndicalisme. Le 23 juillet, le tribunal correctionnel le condamna, avec Augustin Canolle à quatre mois de prison ferme. Il fit appel et fut transféré à Aix (Bouches-du-Rhône) le 28 juillet. Le 1er août, un jugement de non-lieu pour le délit de complot contre la sûreté intérieure de l’État aboutissait à sa mise en liberté provisoire et à son retour à Toulon, le 9 août.
Nebout reprit sa place dans la vie syndicale toulonnaise, participant aux réunions de minoritaires, présidant la section varoise de l’Union des cheminots révoqués. Il fut élu à la commission exécutive de l’Union départementale CGT, le 20 novembre 1921, après avoir fait voter lors de ce congrès un ordre du jour imposant aux syndicats le respect des « décisions de la CGT dans l’action et reconnaissant l’autonomie syndicale des organisations sur les questions de tendances ». Il fut, dès le début, impliqué dans les regroupements qui devaient aboutir à la naissance de la CGTU dans le département et devint membre de sa commission exécutive en octobre 1922 tout en étant responsable du syndicat CGTU de la gare de Toulon, que la police décrivait comme fantomatique. Parallèlement, il militait dans les rangs du Parti communiste.
Toutefois en 1923, Nebout se rangea aux côtés des adversaires de la nouvelle ligne communiste en matière syndicale. Dans les réunions des unions départementale et locale de la CGTU, il adoptait des positions héritées du syndicalisme révolutionnaire et participa à l’automne de 1923 à la propagande en faveur de la motion Lartigue. À la fin de 1923, il dénonça l’action de Flandrin* et ne participa plus aux activités de l’Union départementale. En février 1925, toujours président de la section varoise de l’Union des cheminots révoqués, il assura la trésorerie du nouveau comité d’action en faveur de la réintégration des révoqués. Animant la réunion de la commission, qui, en janvier 1926, regroupa militants CGTU et autonomes pour l’élaboration d’un indice du coût de la vie, Nebout siégea au bureau d’une réunion des syndicats autonomes de Toulon, le 5 août 1926, sans que l’on sache exactement à quel moment il avait quitté la CGTU.
Comme Demonsais*, Nebout avait trouvé un emploi à la mairie gérée par une municipalité socialiste. Retraité, il mourut à Toulon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article7034, notice NEBOUT Hippolyte, Gustave, François par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 15 février 2012.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat. F7/13021 et 13672. — Arch. Dép. Var, 4 M 52, 3 Z 4 21, 23, 24. — Presse locale.et nationale. — Renseignements fournis par Jean Masse.

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