SANTHONAX Jean-François

Par M. Moissonnier.

Né le 11 janvier 1816 à Montréal (Ain) ; ouvrier tisseur ; il habitait, 36, rue des Gloriettes, à Lyon (Rhône) ; militant syndicaliste ; participant à la Commune de Lyon.

Il était marié, père de deux enfants. Santhonax s’engagea en 1870 pour la durée de la guerre.
Le 22 mars 1871, démobilisé, il revint à Lyon juste à temps pour participer, le 30 avril, à l’insurrection communaliste de la Guillotière. Le 13 décembre 1871, le conseil de guerre le condamna par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée.

Le 20 septembre 1883, avec des éléments blanquistes qui avaient eu maille à partir avec le docteur Charles Jantet, socialiste modéré (voir ce nom), il créa le « Cercle d’Égalité » dont le siège était à la Croix-Rousse, 11-13, rue de Belfort. En décembre, le préfet du Rhône fit prononcer la dissolution de cette organisation.

En mai 1880, Santhonax fut l’un des membres de la Commission d’amnistie plénière qui présenta Blanqui aux élections législatives à la Croix-Rousse. Il ne limita pas son activité au domaine des luttes politiques et joua un rôle important dans la chambre syndicale des tailleurs d’habits. En 1886, celle-ci le délégua, avec Fontaine, au congrès constitutif de la Fédération nationale des syndicats (Lyon 11-16 octobre). Au cours de la discussion, après avoir assumé les fonctions d’assesseur lors de la première séance publique, il rejoignit souvent la position des réformistes « barberettistes » de la minorité en votant contre le rejet de la loi Waldeck-Rousseau sur les syndicats et du projet Lockroy sur les prud’hommes, en s’abstenant sur la socialisation des moyens de production et sur la journée de huit heures.
Par la suite, il combattit les décisions prises par la majorité du congrès en dénonçant au préfet la décision de publier, à l’aide des fonds collectés pour le congrès, 20 000 exemplaires d’un Manifeste aux travailleurs de tendance révolutionnaire. Dans cette lettre en date du 5 novembre 1886, qu’il signa en compagnie de Berthilier — de la chambre des tisseurs de la rue Donnée — il alla jusqu’à se mettre à l’entière disposition du préfet.
Sur le plan politique, il rejoignait alors les positions radicales.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article70599, notice SANTHONAX Jean-François par M. Moissonnier., version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 14 janvier 2021.

Par M. Moissonnier.

SOURCES : Arch. Dép. Rhône 4 M 826, 10 M 864 et 867. — Congrès national des syndicats ouvriers, 1886, compte rendu officiel, Lyon, 1887.

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