NICOLAS André, Paul, Joseph

Par Michel Gorand

Né le 27 novembre 1917 à Briançon (Hautes-Alpes), mort le 24 août 1990 à Montbard (Côte-d’Or) ; employé de bureau ; secrétaire général adjoint puis vice-président de l’Union Sud-Est de la Fédération CFTC puis CFDT des cheminots (1949-1967), secrétaire général adjoint de la Fédération (1954-1964), secrétaire général de l’Union fédérale des retraités cheminots puis de l’Union fédérale des retraités FGTE-CFDT (1972-1987).

Fils d’un employé des télégraphes mobilisé au moment de sa naissance et d’une employée des postes, André Nicolas fut scout de France à Auxonne (Côte-d’Or). Il entra au PLM le 26 janvier 1937 à Dijon-Porte neuve. Appelé au service militaire en 1938, il fut affecté, en novembre 1939, à Valenciennes où il fut fait prisonnier le 20 mai 1940. Évadé le 30 mai, il fut repris le 14 juin et envoyé en Silésie. Libéré en août 1940, il fut réembauché par la SNCF à Dijon-Porte neuve fin septembre, puis muté à Auxonne. Marié le 23 décembre 1940 à Dijon avec Anne-Marie Jarrige, il eut deux enfants. André Nicolas fut muté à Montbéliard (Doubs) en avril 1941, puis à Paris en septembre 1942 comme employé au bureau du personnel du service Voie et Bâtiments (VB) de la région Sud-Est. La famille Nicolas habita successivement à Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne) et à Rueil-Malmaison (Seine, Hauts-de-Seine).

André Nicolas débuta dans le syndicalisme en mars 1948 comme secrétaire adjoint du syndicat chrétien des cheminots de Paris Sud-Est. Il fut élu secrétaire général adjoint de l’Union Sud-Est en juin 1949, détaché comme permanent syndical, élu délégué du personnel en 1951, puis secrétaire général de l’Union Sud-Est en 1954. Il devint vice-président de l’Union du Sud-Est en 1955 et fut réélu lors des congrès suivants (mai 1957, avril 1961, octobre 1963). Après l’évolution de la CFTC en CFDT, il fut confirmé dans cette fonction en octobre 1965.

Élu au bureau fédéral des cheminots CFTC à l’issue du congrès de mai 1950, il fut nommé trésorier général adjoint de la Fédération et renouvelé au congrès de 1952. Il y présenta la résolution générale qui demandait l’échelle mobile des salaires, l’abrogation du décret de juin 1950 et la reprise des discussions sur les salaires. Il devint secrétaire général adjoint au congrès de 1954 - Paul Butet étant secrétaire général - et le resta jusqu’au congrès de 1965.
André Nicolas fit partie d’une délégation syndicale CFTC, FO et Cadres qui se rendit aux Etats Unis du 6 novembre au 16 décembre 1956 pour étudier les problèmes de Convention collective et de médiation dans les chemins de fer.

À partir de 1958, il était chargé de l’action professionnelle et siégea alors régulièrement à la commission mixte du statut jusqu’à 1970. André Nicolas prit une part active lors de la négociation d’une nouvelle grille de rémunération pour les cheminots au 1er semestre 1960 ; lors du congrès de septembre 1960, dans ses réponses aux interventions, il précisa que « la Fédération, qui a pour objectif le retour aux 40 heures, revendique que toute réduction du temps de travail doit se réaliser par l’attribution d’un repos complémentaire toutes les quatre semaines (pour passer de 48 heures à 46 heures) », objectif qui fut atteint au 1er octobre 1962. Lors du congrès de janvier 1965, il fut désigné au bureau national des cheminots CFDT au titre de l’Union Sud-Est et demeura chargé de l’action professionnelle. Au congrès d’avril 1967, il ne fut pas réélu au bureau fédéral des cheminots CFDT mais resta chargé du bureau d’études de l’action professionnelle jusqu’à sa retraite le 1er février 1973. André Nicolas fit partie de la délégation CFDT lors des négociations de mai-juin 1968 et dans la nuit du 3 juin, lors des ultimes négociations, « il se lança dans un long plaidoyer sur les bas salaires et retraites, avec toute la force de conviction qui l’animait et fit mouche car le sujet lui tenait à cœur », selon Raymond Martin et l’article 2 du constat des négociations prévoyant un crédit supplémentaire de 2,80 % pour les bas salaires.

André Nicolas fut également président de l’Association des maisons familiales de vacances des cheminots de France à partir de 1963 et le demeura jusqu’à la vente de la maison familiale de Saint-Denis-lès-Martel (Lot) au début de 1966.

Lors de l’assemblée générale du 25 novembre 1972, il devint secrétaire général de l’Union fédérale des retraités cheminots CFDT puis participa à la création de l’Union fédérale des retraités FGTE-CFDT dont il devint secrétaire général jusqu’à septembre 1987. À ce titre, il siégea au bureau fédéral des cheminots CFDT à partir d’octobre 1976, puis au secrétariat de mai 1977 à mai 1980, ainsi qu’au secrétariat national de la FGTE de mai 1980 jusqu’au congrès de mai 1986. Pendant trente-sept années (1950-1987), il assuma donc des responsabilités fédérales.

Décoré de l’Ordre national du Mérite en juin 1985, il se retira à Saint-Germain-les-Serrailly en Côte-d’Or, où il fut membre du conseil régional des retraités CFDT et responsable interprofessionnel du secteur de Montbard-les-Laumes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article7067, notice NICOLAS André, Paul, Joseph par Michel Gorand, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 19 septembre 2017.

Par Michel Gorand

SOURCES : Arch. PPo, dossier RG n° 492.578 (rapport du 11 septembre 1948, fiches du 22 août 1977, de décembre 1977 et d’août 1986). — Arch. CFDT. — Le Cheminot de France. — Comptes rendus des congrès fédéraux. — Notes de Georges Ribeill et de Marie-Louise Goergen. — Correspondance avec l’épouse du militant, 2002. — État civil.

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