SICARD Auguste, Alexandre

Né le 18 avril 1839 à Albi (Tarn), mort le 24 juin 1877 à Albi ; fabricant de crinolines (on dit aussi marchand de mercerie) ; élu membre de la Commune de Paris et « âme de l’administration du VIIe arr. sous le gouvernement insurrectionnel ».

Sicard tenait un magasin de crinolines depuis 1864, 97, rue du Bac (VIIe arr.). Il s’occupait activement de politique à la fin de l’Empire : présidant, en 1868, des réunions publiques au Pré-aux-Clercs, essayant d’attirer les soldats de la caserne Babylone à des réunions électorales en 1869 — il soutint la candidature de Guéroult ; on le présenta, sans trop rien prouver, comme un exalté, menant avec les filles une vie crapuleuse ; il fut également, dit une concierge, marié avec « une femme rouge ».
Durant le Siège, il fut capitaine au 106e bataillon de la Garde nationale — il se disait « capitaine politique » — et resta orateur au Pré-aux-Clercs ; le 31 octobre 1870, il se retrouva devant l’Hôtel de Ville. Une concierge lui prêta ces paroles : « C’est à notre tour de savoir ce qu’il y a dans les hôtels du faubourg Saint-Germain » ; il préféra démissionner durant le Siège, pour ne pas faire partie des régiments de marche, dit-il, et entra dans l’artillerie ; il était membre du Comité de Vigilance.
En tant que délégué des vingt arrondissements, il fut un des signataires de l’Affiche rouge du 6 janvier 1871, proclamation au peuple de Paris pour dénoncer la « trahison » du gouvernement du 4 septembre et pour mettre en avant trois mots d’ordre : Réquisition générale, rationnement gratuit, attaque en masse. Elle se terminait par ces mots : « Place au peuple ! Place à la Commune ! » Voir Ansel.

Le 18 mars 1871, il était aux barricades de la place Pigalle (IXe arr.) ; le 25, il alla prendre possession des poudrières du Trocadéro dont il assura le commandement.
Il fut candidat malheureux, le 26 mars, dans le XIIIe arr. (1 455 voix sur 8 010 votants, J.O. Commune, 31 mars), et fut élu le 16 avril par 1 699 voix du VIIe arr. Il joua un rôle modérateur ; chargé d’enquêter sur le cas de Faltot il présenta un rapport atténué ; le 24 avril, devant la Commune, il défendit les officiers du 105e bataillon (Voir Witt). Le 3 mai, il fut adjoint à Clément J.-B. et Assi pour la surveillance de la fabrication des munitions de guerre ; le décret fut publié au J.O. Commune du lendemain. Il continuait en même temps à s’occuper du VIIe arr., où, par exemple, il avait interdit les quêtes (séance de la Commune, 3 mai) et se penchait à l’occasion sur les secours à accorder. Il fut ensuite membre de la commission de la guerre, où il remplaça Urbain, partisan de la majorité (15 mai) ; toutefois il démissionna le surlendemain parce que la Commission entrait en conflit avec le Comité central de la Garde nationale (J.O. Commune, 18 mai). Il avait été partisan du Comité de Salut public, pour lequel il aurait néanmoins préféré le nom plus simple de « Comité exécutif » (séance du 1er mai). Le 22 mai, il organisa une vigoureuse résistance et construisit des barricades dans le VIIe arr.

Il parvint à quitter Paris pour l’Angleterre ; le 9e conseil de guerre le condamna par contumace à la peine de mort, commuée le 11 décembre 1872 en déportation dans une enceinte fortifiée.
Voir Caillaud S.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article71010, notice SICARD Auguste, Alexandre, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 30 juin 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/862. — Arch. Min. Guerre, 9e conseil (n° 664). — Procès-verbaux Commune, op. cit. — Clère, Les Hommes de la Commune, op. cit., — Delion, Les Membres de la Commune et du Comité Central, op. cit. — J.O. Commune, 31 mars, 18 mai 1871. — Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, janvier 2021.

ICONOGRAPHIE : G. Bourgin, La Commune, 1870-1871, op. cit., p. 234. — Bruhat, Dautry, Tersen, La Commune de 1871, op. cit., p. 135.

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