THIBAUDIER Benoît, Marie, Jacques

Né le 2 mai 1815 à Millery (Rhône) ; représentant en vins et spiritueux à Saint-Étienne (Loire) où il habitait, 30, rue de la République ; militant socialiste ; participant à la Commune de Saint-Étienne, déporté en Nouvelle-Calédonie.

Benoît Thibaudier fut un des principaux organisateurs des réunions publiques de tendance socialiste qui se tinrent à Saint-Étienne en 1870-1871. Président du comité populaire du canton sud-est, vice-président du Comité central du Club de la rue de la Vierge qui réunissait les délégués des comités cantonaux, il prépara l’avènement de la Commune à Saint-Étienne. C’est lui qui, le 23 mars 1871, loua la salle du Prado pour la grande réunion publique organisée par le Club de la rue de la Vierge et l’Alliance républicaine. Le 24, il fit partie de la délégation de onze membres qui demanda au conseil municipal de proclamer la Commune et qui, par la suite, maintint le maire, des adjoints et diverses personnalités en état d’arrestation. Thibaudier fit partie de la commission administrative provisoire de la ville.

Arrêté le 8 juin 1871, il fut condamné, le 5 décembre 1871, par la cour d’assises de Riom, à la déportation dans une enceinte fortifiée. Il n’avait subi antérieurement aucune condamnation. Il arriva à Nouméa le 12 mars 1875.
Marié, père de six enfants, Thibaudier vivait en concubinage, séparé de sa femme depuis douze à quinze ans. Celle-ci qui s’était déclarée disposée à le suivre en déportation, mais avait finalement renoncé, mourut à Lyon le 11 janvier 1876.
Le déporté eut une conduite « exemplaire ». Sa peine fut commuée le 25 juin 1877 en déportation simple, puis le 12 décembre 1878 en dix ans de détention. Elle fut finalement remise le 15 janvier 1879. En déportation, Thibaudier signait toujours : Thibaudier aîné, avec trois points encadrés de deux parallèles. Il fut rapatrié par la Picardie.

De retour à Saint-Étienne, Thibaudier fut élu conseiller municipal, mais invalidé (1879). L’année suivante, il échoua au conseil d’arrondissement. Il appartenait au « Cercle du Prolétariat démocratique » de nuance radical-socialiste, puis il rejoignit Dupin au comité républicain socialiste. Sa situation matérielle était pénible et il demanda au maire un petit emploi afin que les siens et lui soient à l’abri du besoin.

Parmi ceux qui appartinrent au Club de la rue de la Vierge : Arnaud, dit Charles, Castillon, Caton J., Chastel A., Coste S., Dallier, Durbize B., Duvand A., Hubert F., Jolivalt, Lyonnet, Méjasson H., Meunier J.B., Mille, Romeyer, Rousset N., Roux, Teillier, Thibaudier B., Thomas H., Vignal J.

Furent condamnés, le 5 décembre 1871, par la cour d’assises de Riom, en raison de leur participation à l’insurrection stéphanoise de mars 1871 :
Amouroux, Caton J., Chastel A., Marchetti J., Tamet J.-B., Thibaudier : déportation dans une enceinte fortifiée.
Balimon : dix ans de détention.
Gidrol B., Volozan J.-M. : huit ans de détention.
Girard J. : douze ans de travaux forcés.
Rondet M. : cinq ans de prison.
Entresangles J.-B., Fialon J., Luzier J.L., Poncept J.P., Rochette F., Scherrer F.J. : trois ans de prison.
Aulagnier, Basson S., Ponceton J.-B., Villebelle G. : un an de prison.

Citons encore parmi ceux qui furent mêlés à l’insurrection : Agier J., Arnaud dit Charles, Berthon M., Bertrand M., Castillon, Champion, Coste S., Courage, Faure E., Hubert F., Jolivalt A., Marconnet P., Méjasson H., Meunier J.-B., Montel B., Olagnier A., Rochette F., Rousset N., Salichon J., Sirdey, Terrasse J.-M., Vignal J.
Voir également Barallon E.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article71674, notice THIBAUDIER Benoît, Marie, Jacques, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 5 septembre 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/742 et H colonies, 102. — Arch. PPo., listes d’amnistiés. — Arch. Dép. Loire 10 M 77 et 78. — Gazette des Tribunaux, novembre-décembre 1871. — Note de Louis Bretonnière.

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