VALIGRANE Louis, Hippolyte

Né le 6 juillet 1836 à Pierrevert, arr. de Forcalquier (Basses-Alpes) ; employé de commerce ; communard, déporté en Nouvelle-Calédonie.

En 1856, il avait été condamné à 25 f d’amende pour tenue clandestine d’une école, puis, en 1868, à 100 f d’amende pour adultère. Il était encore sous le coup d’une plainte en escroquerie. Il paraissait « dénué de toute moralité et prêt à servir toute cause pour de l’argent ». Ancien soldat des 69e et 99e régiments de ligne, il avait la réputation d’être mauvais soldat, « fricoteur, hâbleur ». Après sa libération, il devint « agent de remplacements militaires » à Paris.
Le 4 septembre 1870, il fut nommé adjudant-major dans un bataillon de la Garde nationale du Xe arr., puis renvoyé à cause de sa mauvaise conduite et de son immoralité ; il fut élu chef du 129e bataillon, le 8 mars 1871, grâce au désistement en sa faveur de son ami Dardelle, qui devint plus tard commandant des Tuileries. Le 18 mars, il se plaça avec son bataillon « au premier rang de l’émeute ». Il fit quelques efforts pour s’opposer à l’exécution de Lecomte et Thomas : il refusa, dit-il, de présider la cour martiale. Il s’était nommé, « de sa propre autorité », colonel et avait pris le titre de commandant de l’Hôtel de Ville. Arrêté le 23 mars par ordre du Comité central, il fut emprisonné comme Lullier au dépôt, à cause, prétendit-il, de son hostilité à la Commune ; en réalité, dit un témoin, parce que ses allures prétentieuses devenaient gênantes et insupportables au Comité central. Libéré le 9 avril, il redevint colonel d’état-major « sous les ordres de son ami Cluseret » et continua à commander le 129e bataillon. Des agents de la Commune l’arrêtèrent à nouveau, le 7 mai, place du Château-d’Eau. Il fut blessé de plusieurs balles de revolver. Il aurait pris part à la lutte jusqu’à la fin de l’insurrection, dit le commissaire du gouvernement.

Condamné, le 26 mars 1872, par le 4e conseil de guerre, à la déportation dans une enceinte fortifiée et à la privation des droits civiques, il arriva à Nouméa le 4 mai 1873. Il vit sa peine commuée le 15 août 1876, en déportation simple ; il reçut, cette même année, une lettre amicale du député Naquet, lui expliquant la politique du moment ; en déportation, il eut bonne conduite et bonne moralité (rapport du 20 octobre 1878) ; il obtint la remise de sa peine le 15 janvier 1879 et rentra par la Picardie.
Voir Fournier Eugène.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article72201, notice VALIGRANE Louis, Hippolyte, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 26 septembre 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/764 et H colonies 103. — Arch. PPo., listes d’amnistiés. — Note de Louis Bretonnière.

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