PAIRAUDEAU Émile, Armand

Par Jean-Jacques Doré

Né le 2 novembre 1889 à Belleville-sur-Vie (Vendée) ; cheminot ; secrétaire du syndicat CGT puis CGTU des Cheminots de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; secrétaire adjoint de la Fédération CGTU des Cheminots ; membre de la commission administrative fédérale de la SFIO en 1920 ; membre suppléant du Comité central du Parti communiste de 1925 à 1928.

Fils d’un journalier des salines de Belleville-sur-Vie, Émile Pairaudeau était employé de bureau puis expéditionnaire principal aux chemins de fer de l’État à Sotteville-lès-Rouen. Très proche de Maurice Gautier, le secrétaire général minoritaire du syndicat des Cheminots de Sotteville de 1918 à 1920, futur député communiste, il siégeait à la commission administrative fédérale de la SFIO et à celle des Cheminots de Sotteville en 1920.

Tous les membres du bureau du syndicat des Cheminots ayant été révoqués en mai 1920, il fut élu secrétaire général le 25 février 1921, assisté de Georges Deshaies (secrétaire adjoint), Charles Ducorroy (trésorier), Delamare (trésorier adjoint) et Besseron (archiviste), alors qu’il venait de donner son adhésion, avec Maurice Gautier à la SFIC (Parti communiste). Il tenta alors d’éviter la scission des éléments modérés du syndicat, sans succès, puisque, dès le mois de décembre, ces derniers constituèrent un comité provisoire qui se transforma en janvier 1922 en syndicat confédéré (CGT) des Cheminots de Sotteville. Avec la majorité de l’organisation, il rejoignit la CGTU quelques jours plus tard et fut élu secrétaire général, avec la même équipe qu’en 1921. 110 militants restèrent fidèles à la CGT alors que les effectifs du syndicat unitaire variaient entre 1 700 et 2 000 adhérents.

Un de ses objectifs fut d’organiser un vaste courant d’entraide en faveur des membres révoqués, au risque de mettre en péril les finances de l’organisation, ce que certains lui reprochèrent. En janvier 1923, il fut condamné (le 15) pour propagande anarchiste et complot contre la sûreté de l’État après les manifestations de protestation contre l’occupation de la Ruhr, ce qui lui valut d’être inscrit au carnet B de la Seine-Inférieure le 7 février suivant.

Les dirigeants parisiens avaient pris la mesure du militant, réélu secrétaire général du syndicat unitaire des Cheminots de Sotteville le 21 mars 1923, il quitta l’agglomération rouennaise début 1924 pour assurer la charge de secrétaire fédéral adjoint ; il était désormais permanent de la centrale unitaire et du Parti communiste. Au IVe congrès de Clichy (17-21 janvier 1925), il fut élu membre suppléant du Comité central du PCF (son nom était orthographié Peireaudeau ou Payraudeau), qui l’envoya dans l’Eure-et-Loir de février 1925 à juin 1926.

Hostile à la bolchevisation du Parti communiste, Pairaudeau sollicita et obtint sa réintégration aux chemins de fer ; de retour à Sotteville, il fut aussitôt réélu secrétaire général, en juin 1926, assisté d’Henri Delille, Auguste Favaud et Lefebvre (secrétaire adjoints), Charles Lecrocq (trésorier), Ducuing (trésorier adjoint) et Adolphe Vasse (archiviste). Il présida, jusqu’en 1928, aux destinés du syndicat dont les effectifs passèrent de 1 200 (1926) à 2 000 (1928). Ouvertement tenant de La Ligue syndicaliste, il tenta de poursuivre un rapprochement avec l’organisation confédérée (CGT) amorcé par Pérignon son prédecesseur.

Mis en minorité, il se résolut, avec ses partisans, à faire sécession et à rejoindre le syndicat CGT en 1930. Apport non négligeable, les 60 adhérents se retrouvèrent 700 en arrivant au seuil de l’année 1931.

Secrétaire adjoint de Maurice Gallois puis de Gaston Wilkins de 1931 à la fusion avec les unitaires le 28 décembre 1935, il semblerait que ce furent ces derniers qui s’opposèrent à sa participation au bureau de la nouvelle organisation confédérée.

Il prit une revanche éphémère après l’exclusion des militants communistes en avril 1940, le nouveau bureau était composé de Paul Goujon (secrétaire), Camille Moreau et Jacques Normand (secrétaires adjoints), Émile Pairaudeau (secrétaire administratif), Marcel Huguerre (trésorier), Alfred Hazard (trésorier adjoint) et Roger Lucé (archiviste).

Émile Pairaudeau s’était marié le 17 novembre 1913 à Belleville-sur-Vie avec Madeleine Cherrier puis remarié au Petit-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) avec Marie Delaunay le 22 décembre 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article7225, notice PAIRAUDEAU Émile, Armand par Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 6 octobre 2020, dernière modification le 13 octobre 2020.

Par Jean-Jacques Doré

SOURCES : Arch. Nat., F7/13668 et 13681. — Arch. Dép. Seine-Inférieure, 10 MP 1410 Syndicats dissous avant 1936, 1 MP 285 Radiations du carnet B pour départ, 1 MP 343 Dossiers individuels des membres du PCF de L à Z. — Le Peuple, organe quotidien du syndicalisme, 29 mars 1940 (BNF-Gallica). — "l’Avenir normand" passim. — "Histoire intérieure du Part communiste" Philippe Robrieux. — Notes de Louis Botella. — État civil de Belleville-sur-Vie.

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