VICHARD Paul, Eugène, dit Grandjean

Né le 14 avril 1835 à Saint-Dié (Vosges), mort le 1er mai 1907 à Paris (IXe arr.) ; adhérent de l’AIT ; communard.

Il était célibataire. En 1865, il était directeur de la compagnie générale des assurances agricoles et contre l’incendie, de l’arr. de Saint-Dié.

En octobre 1870, il quitta cet emploi et s’engagea dans un corps franc, puis il prit part à la Commune de Paris et commanda le fort de Bicêtre avec le grade de colonel.
Par contumace, le 6e conseil de guerre le condamna, le 10 septembre 1872, à la déportation dans une enceinte fortifiée.

Après son départ de Saint-Dié, des malversations furent commises par le successeur de Vichard, malversations qui furent imputées à celui-ci et motivèrent, le 5 septembre 1873, une condamnation par contumace, par la cour d’assises des Vosges, à dix ans de réclusion.
Vichard fut délégué au congrès de l’Internationale tenu à La Haye du 2 au 7 septembre 1872 ; il représentait, avec Dumont, Lucain, Swarm (Dentraygues), Vilmot et Walter (Van Heddeghem) des sections de France, tandis que d’autres Français assistaient à ce congrès au titre du Conseil général.
Il fit partie de la commission de cinq membres — Cuno (Allemand), Roch Splingard (Belge) et les Français Lucain et Walter — nommée pour enquêter sur l’activité de Bakounine. Le 7 septembre, Lucain proposa des conclusions qui demandaient l’exclusion de Bakounine, James Guillaume et Schwitzguébel, des rangs de l’Internationale. Seuls les deux premiers furent sanctionnés. Vichard avait voté avec la majorité.
Après le Congrès, le Conseil fédéral anglais — par déclaration de Hales au Congrès de Londres, 26 janvier 1873 — fit savoir que Vichard n’était pas membre de l’Internationale.

Après avoir vécu à Londres où il fit le commerce des grains, Vichard vint en Belgique où il arriva le 3 juillet 1878. Il habita Bruxelles où il gagna sa vie comme négociant en sucres. Il fut le « compagnon intime de Jules Vallès ». En décembre 1878, il devint rédacteur en chef de La Vie bruxelloise. Il obtint la remise de sa peine en 1879.
Le 26 avril 1882, Vichard fut livré par la Belgique aux autorités françaises qui avaient demandé son extradition en raison de sa condamnation par la cour d’assises des Vosges. Il comparut en décembre 1882 devant la cour d’assises de Nancy qui reconnut son innocence. Libéré, Vichard revint en 1883 en Belgique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article72596, notice VICHARD Paul, Eugène, dit Grandjean, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 30 juin 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/862, n° 5781. — Arch. Min. Guerre, 6e conseil (n° 634). — Arch. PPo., listes de contumaces. — Arch. Dép. Vosges, 10 M 31. — Arch. Royaume Belgique, police des étrangers. 4e section, dossier 331.097 et Arch. Ville Bruxelles, carton 18. — J. Guillaume, L’Internationale, op. cit. t. II, pp. 322, 326 et 335, t. III, p. 48. — La Première Internationale (J. Freymond), op. cit. — Mémoire présenté par la Fédération jurassienne de l’AIT à toutes les Fédérations de l’Internationale, op. cit., pp. 263-264. — F. Sartorius, J.-L. De Paepe, Les Communards en exil. État de la proscription communaliste à Bruxelles et dans les faubourgs, Bruxelles, 1971. — Michel Cordillot (coord.), La Commune de Paris 1871. L’événement, les acteurs, les lieux, Ivry-sur-Seine, Les Éditions de l’Atelier, janvier 2021.

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