VILLENEUVE Jean, Ambroise

Par Michel Thébault

Né le 13 juillet 1852 à Méasnes (Creuse) ; maçon de la Creuse ; garde national de Paris ; communard.

Jean Villeneuve était le fils de Pierre Villeneuve journalier âgé de 38 ans et de Geneviève Chaliron âgée de 37 ans, domiciliés au lieu-dit Marmeron, commune de Measnes. Comme beaucoup de jeunes limousins, il exerça le métier de maçon, maçon de la Creuse, migrant saisonnier partant travailler de mars à novembre (en général) sur les chantiers des grandes villes et en particulier sur les chantiers parisiens. Au printemps 1871, célibataire âgé de 18 ans, Jean Villeneuve résidait pour la saison des chantiers 26, rue du Vert-Bois dans la quartier Arts-et-Métiers (IIIe arr.). La plupart des chantiers étant arrêtés en 1871 à Paris, beaucoup de migrants, en particulier des maçons de la Creuse s’engagèrent, comme les ouvriers parisiens, dans la Garde nationale par conviction politique et faute de travail (les gardes percevaient une solde de un franc cinquante par jour). Il devint garde dans le 144e bataillon de la Garde nationale appartenant à la IIIe Légion, du IIIe arrondissement de Paris. Il n’avait pas fait partie de la Garde nationale pendant le 1er Siège, mais aurait été forcé, selon ce qu’il déclara après son arrestation, d’entrer le 20 avril 1871 à la 1re compagnie de marche du 144e bataillon fédéré. Il fut arrêté à la fin de la “Semaine sanglante”, le dimanche 28 mai aux abattoirs de Popincourt également appelés les abattoirs de Ménilmontant, dans le XIe arrondissement.
 
Il fut emprisonné dans l’attente de son jugement par un conseil de guerre. Le rapport de police préalable au jugement fournit des renseignements favorables et ne révéla aucun antécédent judiciaire. Il fut jugé le 6 mai 1872 par le 25e conseil de guerre siégeant au Mont-Valérien à partir du 8 mars 1872. Son argument de défense cité plus haut ne fut manifestement pas pris en compte (il était fréquemment utilisé par les accusés pour atténuer leur responsabilité) et il fut condamné à la déportation dans une enceinte fortifiée. Il fut ensuite incarcéré à la citadelle du Château-d’Oléron dans l’attente de sa déportation vers La Nouvelle-Calédonie. Il vit sa peine commuée le 11 juin 1873, en deux ans de prison, avec privation des droits civiques. Il échappa ainsi de peu à la déportation, le dernier départ du Château-d’Oléron ayant lieu le 18 juin 1873 par le transport Le Calvados. La prison fut alors fermée et les derniers prisonniers au nombre de 62, dont Jean Villeneuve, furent dirigés vers le pénitencier de Saint-Martin-en-Ré, où il accomplit vraisemblablement le reste de sa peine.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article72699, notice VILLENEUVE Jean, Ambroise par Michel Thébault, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 6 décembre 2022.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/781. — Arch. Dép. Creuse (état civil). — Jean-Claude Farcy, La répression judiciaire de la Commune de Paris : des pontons à l’amnistie (1871-1880), base des communards, site internet. — Stéphane Trayaud,Oubliés de l’Histoire, les Limousins de la Commune de Paris, Mon Petit Éditeur, 2012. — Claude Laveau, Les Communards dans les Prisons charentaises, 1871-1874 revue Le Mouvement Social, n° 14, 1956.

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