PATAT Robert [PATAT Louis, Robert]

Par Françoise Olivier-Utard et Léon Strauss

Né le 31 octobre 1912 à Saint-Avold (Lorraine annexée), mort le 7 mars 1984 à Mulhouse (Haut-Rhin) ; résistant ; secrétaire de la Fédération du Haut-Rhin du PCF ; secrétaire du secteur de Mulhouse de l’Union des syndicats CGT de cheminots.

Robert Patat était le fils de Joseph Patat et de Marie Joséphine Schuller. En 1928, il fut embauché à l’usine d’impression sur tissus Schaeffer (2 000 ouvriers), à Pfastatt-le-Château (Haut-Rhin), comme employé au service technique. Il adhéra au Parti communiste en 1934. Chez Schaeffer, il rencontra Albert Hoff, qui n’était pas encore mineur, et qui animait le syndicat. Ils rédigeaient et vendaient Das rote Tuchband (Le turban rouge). Ils convainquirent les ouvriers d’occuper l’usine pendant quinze jours en 1936, pour faire respecter les accords de Matignon et obtenir de meilleurs salaires. L’alliance avec les travailleurs chrétiens fut obtenue en associant sur le même calicot les emblèmes respectifs des divers organisations en lutte : les trois flèches des socialistes à gauche, le marteau et la faucille des communistes au milieu, la croix des chrétiens à droite. Le jour de la Fête-Dieu, une messe fut dite à l’intérieur de l’usine occupée. Elle fut écoutée par 600 ouvriers. Il organisa aussi à cette époque l’aide aux républicains espagnols.
En 1936 il postula au réseau d’Alsace et de Lorraine mais ne fut embauché à l’Exploitation qu’après une intervention de Pierre Semard auprès du ministre de l’Intérieur. À partir de janvier 1937, il fut successivement facteur mixte à Lutterbach (Haut-Rhin), Mulhouse, Molsheim (Bas-Rhin) et Lutterbach (Haut-Rhin). En juillet 1940, il fut expulsé en zone non occupée par les Allemands. Il trouva un emploi à la SNCF à Villeneuve-sur-Lot, et rejoignit le parti illégal, puis les FTPF. Il fut officier de la colonne Fabien, devenue par la suite le 151e régiment d’infanterie de la Première armée. Il combattit pendant l’hiver 1944-1945 dans les Vosges. Il fut membre du comité départemental de Libération du Haut-Rhin en 1945.
En 1945, il fut réintégré à la SNCF, à Lutterbach, et devint secrétaire général du secteur de Mulhouse à l’Union des syndicats de cheminots CGT d’Alsace et de Lorraine. En juin 1948, il était commis de 2e classe à la gare de Mulhouse-Nord et figurait en dernière place dans la liste CGT comme candidat suppléant au conseil d’administration de la Caisse de prévoyance. Secrétaire de la Section technique Exploitation à Mulhouse, il fut sévèrement sanctionné en 1948 pour fait de grève. Il fut déplacé à Langres (Haute-Marne), privé de sa prime de fin d’année et sanctionné par un « dernier avertissement ». Secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Mulhouse en 1959-1964, il appartenait au bureau de l’Union des syndicats CGT des cheminots d’Alsace et de Lorraine en 1962, ainsi qu’au bureau de l’Union départementale du Haut-Rhin.
Secrétaire fédéral du PCF du Haut-Rhin dès la Libération, il avait été tête de la liste communiste de la première Assemblée constituante. En 1962, il était membre du bureau de la section de Mulhouse. Il fut conseiller municipal de Mulhouse de 1959 à 1967.
Il anima jusqu’à sa mort les cérémonies commémoratives du colonel Fabien, mort à Habsheim, dans la banlieue de Mulhouse. Marié en 1934 à Lutterbach avec Marcelline Thoma, il s’était remarié en 1964 à Mulhouse avec Marie Louise Ligibel.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article7289, notice PATAT Robert [PATAT Louis, Robert] par Françoise Olivier-Utard et Léon Strauss, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 15 février 2012.

Par Françoise Olivier-Utard et Léon Strauss

SOURCES : Arch. SNCF de Béziers. — L’Humanité d’Alsace et de Lorraine, 20 octobre 1945. — L’Humanité, 7 jours, 16-22 mars 1984. — Le Cheminot, 1er avril et 1er mai 1949. — Supplément du Bulletin du centre régional Alsace de l’institut CGT d’histoire sociale : Contribution du mouvement ouvrier dans l’Alsace annexée, p. 10. — Édition spéciale de l’Humanité d’Alsace et de Lorraine, décembre 1960, p. 21 (texte en allemand), p. 45 (texte en français). — Notes de Marie-Louise Goergen.

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