FOEGLIN Edmond. Pseudonymes : ARMAND, FEUILLANT Armand [version DBK]

Par Claude Pennetier

Né le 12 mars 1906 à Paris (XIIe arr.), mort le 11 septembre 1972 au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) ; ouvrier marbrier et employé communal à Montreuil ; permanent de la commission des cadres chargé de la lutte contre « la provocation » ; responsable de l’arrestation de Gabriel Péri.

Fils d’un ouvrier imprimeur et d’une brocheuse, titulaire du certificat d’études, Edmond Foeglin adhéra en 1925 à la Jeunesse communiste (JC) et y milita jusqu’en 1930. Il devint secrétaire de sa cellule puis secrétaire du 2e rayon et membre du comité de la 4e entente (région parisienne). Après le 1er août 1929, il fut accusé, dans sa cellule des JC de manque de présence alors qu’il militait surtout dans le Parti. Suspendu pendant six mois, il fut cependant de retour trois mois après au comité de son rayon du XIXe. Il rendit plus tard « le groupe » Barbé-Celor responsable de cette sanction.

Adhérent au syndicat des marbriers, il en fut secrétaire adjoint puis secrétaire général de 1930 à 1934. De 1932 à 1934, il fut également membre de la commission exécutive de la Fédération unitaire du bâtiment qu’il avait représentée au 6e congrès national de la CGTU du 8 au 14 novembre 1931. Il devint responsable rémunéré du travail illégal dans la CGTU, chargé de la préparation au passage de la CGTU dans l’illégalité. Il resta à ce poste de mars 1934 à février 1936. Puis il travailla uniquement à la commission des cadres au siège du Parti communiste.

Faisant équipe avec Arthur Dallidet, Mounette Dutilleul et Georges Beaufils* sous la direction de Maurice Tréand, il était particulièrement chargé de la « lutte contre la provocation » et de l’établissement des « listes noires ».

Stella Blagoeva, responsable de la commission des cadres du Komintern écrivait en août 1938 : « Manifeste parfois un certain ralentissement dans le travail, aussi faut-il quelquefois le secouer. Dans l’ensemble c’est un camarade très gentil, fiable et dévoué. Exécute correctement les instructions reçues. Maurice Tréand considère qu’il lui faut une formation de six mois à l’École centrale du Parti. » (28 août 1938). Foeglin, dit Armand, était alors à Moscou pour présenter à Blagoeva* et à Dimitrov.
un plan de travail de la commission des cadres. Il demandait des conseils et des directives sur la « méthode de travail concernant les révélations sur le Trotskysme », la constitution des « listes noires » et les rapports avec la commission de contrôle. Il utilisait l’expression « police du Parti » qui ne plaisait pas à ses interlocuteurs de l’IC (rapport de Blagoeva*, 28 août 1938 archives de Moscou 495 73 77 B6 90 91 92 93). Foeglin eut une conversation personnelle avec Dimitrov* le 1er septembre 1938.

Sa connaissance du travail illégal en fit un animateur de la vie clandestine du Parti communiste. Mobilisé en août 1939, il reprit contact avec Maurice Tréand dès sa libération et fut chargé d’utiliser les « planques » parisiennes pour des dirigeants communistes importants comme Félix Cadras*, Jean Catelas* et Gabriel Péri. C’est en se rendant chez Catelas* qu’il tomba dans une souricière le 14 mai 1941. Foeglin proposa au commissaire de police d’échanger sa libération contre des informations concernant le fonctionnement clandestin du Parti communiste et la planque d’un de ses dirigeants : Gabriel Péri. L’arrestation de ce dernier eut lieu le 18 mai 1941, 5 place de la Porte Champerret.

Armand fut donc libéré. Il reprit contact avec le Parti communiste en la personne de Georges Beau-fils* puis d’Arthur Dallidet* auquel il rendit des fonds en sa possession et fut mis au vert. Il travailla à la poudrerie de Sevran. L’Humanité clandestine du 21 novembre 1941 dénonça « Armand » : « À la suite d’une enquête minutieuse, le Parti a acquis la preuve que le responsable de l’arrestation de Gabriel Péri n’est autre que le dénommé Edmond Foeglen (sic) [...] Cet individu s’est rangé dans la catégorie des traîtres et des provocateurs. Tous les communistes et patriotes adopteront, à son égard, l’attitude qui convient, en attendant que la justice de la France libérée s’abatte sur lui. »

Edmond Foeglin travailla à l’entreprise de peinture Ricolet de Bobigny et vécut sous son vrai nom au Blanc-Mesnil où il mourut en 1972. Bien des légendes ont couru autour de l’identification d’« Armand ». Lors de la rédaction du tome 17 du Maitron en 1982, grâce aux listes de manifestations communistes arrêtes au début des années 1930 son état civil fut établi et son lieu de décès retrouvé. Une enquête à Blanc-Mesnil par Raymond Dallidet permit de connaître sa vie de sympathisant communiste rongé par la culpabilité.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article73143, notice FOEGLIN Edmond. Pseudonymes : ARMAND, FEUILLANT Armand [version DBK] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 4 août 2009, dernière modification le 4 octobre 2010.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 697, autobiographies de 1932 et du 24 mars 1937. — Notice par Cl. Pennetier in DBMOF. — Raymond Dallidet, Raph, Vive le Parti communiste français, Société d’éditions générales, Châtillon-sous-Bagneux, 1987. — Claude Pennetier, « La vérité sur la mort de Gabriel Péri », L’Histoire, n° 86, février 1986.

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