GIRARDOT Pierre, Louis, Amédée

Né le 20 novembre 1913 à Laragne-Montéglin (Hautes-Alpes), mort le 3 janvier 2001 à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) ; ouvrier agricole ; secrétaire de la fédération communiste des Basses-Alpes ; député (1945-1951, 1956-1958, 1978-1981), maire de Sainte-Tulle (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence) de 1953 à 1978, conseiller général du canton de Manosque (1970-1982).

Pierre Girardot en 1946
Pierre Girardot en 1946
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946

Fils d’un coiffeur qui fut membre du Parti communiste, Pierre Girardot, ouvrier agricole, diplômé d’une école d’agriculture, fut affilié aux Vaillants. Il adhéra au Parti communiste en septembre 1932 et fut vite secrétaire de rayon. Il fut son service militaire dans l’infanterie comme deuxième classe en 1934-1936. À son retour, il fut secrétaire de la section de la Durance et, en 1936, également secrétaire du groupe des Jeunesses communistes de Sainte-Tulle. Il participa au congrès communiste de Villeurbanne (22-25 janvier 1936).

Secrétaire du Comité paysan Bas-Alpin, membre du CN de la CGP,il suivit une école centrale paysanne à Draveil en avril 1936 et une école centrale de politique étrangère en décembre 1946.

Arrêté, interné à Oraison puis à Sisteron le 11 novembre 1940, il connut divers camps des Basses-Alpes et de l’Isère mais réussit à s’évader de Fort Barraux, où il était membre du triangle de direction, en avril 1942 et participa dès lors à la Résistance. Commandant FTP de Savoie et Haute-Savoie en 1942-1943, puis d’Auvergne en 1943-1944, Pierre Girardot fut relevé de son poste de "pol" régional, région 1, le 1er juillet 1944, à la suite tension internes. Il termina la guerre de résistance comme officier d’état-major plusieurs fois décoré : Croix de guerre avec palmes, etc. Mais il n’accepta jamais les sanctions qui l’avait touché comme il l’écrivait au secrétariat du parti le 12 décembre 1944 : « C’est au sujet de la sanction dont j’ai été l’objet que je me permets d’attirer votre attention, parce que cette sanction est une tache dans mon passé de militant, parce que je ne la crois toujours pas justifiée et que je souffre de cet état de choses. J’ai été sanctionné au sujet de l’insurrection du Cantal, et j’ai été accusé d’avoir eu une politique sectaire à cette occasion ». [... ] « Fin août, sans que personne ait eu avec moi une discussion politique, le camarade Pascal, responsable aux X me signifia que j’étais sanctionné par la délégation du CC en zone sud, et m’annonça la décision qui me désignait au poste de commissaire technique régional des FTP. Mis en relation avec le responsable aux X des FTP, je demandai a rejoindre immédiatement le poste qui m’était assigné, je ne l’obtint pas avant la libération de la région, et je fus mis en place début septembre, comme CTIR des FTP (inter H. Lyon). Sitôt le parti redevenu légal, je demandai et obtins une entrevue avec le camarade Léon Mauvais, et je lui demandai une discussion sur mon activité de dirigeant régional. Ce n’est pas une discussion que j’ai obtenu, mais une mise en accusation où je n’ai pas eu la possibilité de me défendre. Le camarade Léon mauvais prononça à mon égard des paroles qui s’expliquaient peut-être par la période de tension nerveuse dans laquelle il se trouvait, et par la nécessité de maintenir l’autorité de la délégation du CC, mais que je ne peux plus accepter maintenant que la délégation du CC en zone sud n’existe plus. »

Premier secrétaire fédéral du Parti communiste pour les Basses-Alpes de 1945 à 1963, puis secrétaire à l’organisation jusqu’en 1968 au moins, Pierre Girardot fut député aux deux Constituantes 1945-1946, puis à l’Assemblée nationale de 1946 à 1951, de 1956 à 1958 et de 1978 à 1981. Maire de Sainte-Tulle de mars 1953 à avril 1978, il était encore conseiller municipal en 1979. Il est également conseiller général du canton de Manosque de 1970 à 1982.

Il fut par ailleurs président de la section CGA de producteurs de lavande et de lavandin et secrétaire de la section de Valensole. En juillet 1951, la commission des cadres lui écrivait : « Nous croyons qu’il est préférable que tu prennes le portefeuille d’assurance à Digne. », mais la fédération des Basses-Alpes refusa et lui demanda de se mettre entièrement à disposition du parti.

Il s’était marié en septembre 1936 avec Paulette Illy, sténo-dactylographe, dans sa commune natale. La famille fut très marquée par la disparition en URSS d’un membre de la famille, d’origine polonaise, qui était allé travailler en Russie. Il écrit membre de la commission des cadres : « Un compagnon de ma belle mère Illy a probablement été impliqué dans un procès en URSS avant guerre. Je n’ai pas de précisions à ce sujet et je ne l’ai jamais vu ni connu ». Elle est « de retour en France, lui est resté en URSS ». En fait, Abraham Palewski ne réapparut jamais. Marguerite Illy vécue à Marseille.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article73260, notice GIRARDOT Pierre, Louis, Amédée, version mise en ligne le 13 août 2009, dernière modification le 17 octobre 2018.
Pierre Girardot en 1946
Pierre Girardot en 1946
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946
Pierre Girardot en 1956
Pierre Girardot en 1956
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1956

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Le Travailleur des Alpes, 28 juin 1936. — Pierre Girardot, La Lavande et le Palais-Bourbon, souvenirs pour une histoire du Parti communiste dans les Basses-Alpes, Éditions sociales, 1980. — Notes de Pierre Girardot. — Le Monde, 10 janvier 2001. — État civil.

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