BINOT Maurice

Par Michèle Rault, complété par Renaud Poulain-Argiolas

Né le 30 septembre 1902 à Paris (XIIe arr.), mort le 22 mars 1972 à Créteil (Val-de-Marne) ; chauffeur mécanicien ; militant communiste d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) ; syndicaliste CGTU puis CGT ; déporté.

Fils d’un ébéniste et d’une fleuriste, Maurice Binot, titulaire du certificat d’études primaires, était livreur et habitait à Montreuil (Seine, Seine-Saint-Denis) lorsqu’il il se maria le 23 septembre 1922 avec Georgette Fiquet, journalière. Il avait milité aux Jeunesses socialistes avant d’adhérer en 1928 au Parti communiste et au syndicat CGTU des métaux (il était alors riveur). Il vint habiter Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) dans les années trente et entra au bureau du 4e rayon (1930-1932). Il fut ensuite membre du comité de section, suivit une école communiste élémentaire (1933 ou 1934), assura le secrétariat de la cellule Vérollot et celui des HBM Marat avant la Seconde Guerre mondiale. Il avait été embauché en 1934 comme chauffeur mécanicien par la ville d’Ivry-sur-Seine et militait au syndicat des Services publics, siégeant à la commission exécutive.

Mobilisé au 222e RRT, démobilisé à Thiviers (Dordogne), il reprit contact avec le Parti communiste fin juillet 1940 par l’intermédiaire d’Henri Pourchasse et d’Yvonne Zellner. Il entra dans la clandestinité, devint responsable du quartier d’Ivry-centre sous les ordres de Botonne puis d’Eugène Ricol. À l’issue d’un rassemblement dans le parc de la mairie le 13 juillet 1941, il fut arrêté au moment où il jetait une poignée de tracts sur la voie publique. Il fut incarcéré à Fresnes (Seine, Val-de-Marne), jugé et condamné à cinq ans de prison. Transféré la prison de Melun (Seine-et-Marne), il tenta de s’évader avec des camarades en octobre 1943, ce qui lui valut d’être emprisonné à Châlons-sur-Marne (Saône-et-Loire), puis, après quelques jours à Compiègne (Oise), d’être déporté le 12 mai 1944 à Buchenwald (Allemagne).
Son nom est évoqué dans le récit d’un de ses camarades du convoi I. 211, Roger Chaigneau, au sujet d’une évasion collective durant le trajet vers le camp de concentration. Chaigneau ayant réussi à pratiquer une ouverture dans la paroi du wagon, il s’accorda avec Paul Esnault sur l’ordre dans lequel les volontaires sauteraient hors du train. Six d’entre eux réussirent à s’évader à peu près sains et saufs : Yves Calvez, René Desguez, Roger Chaigneau, Paul Esnault, Fernand Ponsignon et Roger Arvois. Les derniers à sauter, Georges Bénitte et Georges Amable, furent tués par les soldats allemands. On peut supposer que Maurice Binot, prévu pour être le prochain, renonça alors à ce projet d’évasion.
Une fois au camp de Buchenwald, il fit partie, sous la direction de Marcel Paul, avec Guy Ducoloné et Jean Lastennet du triangle de direction du block 45. Il fut libéré le 11 avril 1945.

De retour à Ivry le 29 avril suivant, Maurice Binot reprit son travail de chauffeur à la mairie. Il fit partie du comité de section du Parti communiste, militait au syndicat des Services publics et était membre de la FNDIRP. En 1946, il avait la responsabilité des cadres au sein de la section d’Ivry-sur-Seine.

Père de deux enfants, Maurice Binot fut décoré en 1967 de l’Ordre républicain du mérite civique et militaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article73324, notice BINOT Maurice par Michèle Rault, complété par Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 6 janvier 2021, dernière modification le 11 janvier 2021.

Par Michèle Rault, complété par Renaud Poulain-Argiolas

SOURCES : Arch. Dép. Paris, listes électorales. — Ivry fidèle à la classe ouvrière et à la France, publié par la municipalité d’Ivry-sur-Seine, 1971. — Arch. Fédération communiste du Val-de-Marne. — Arch. Com. Ivry-sur-Seine. — Le Serment n°236, bulletin bimestriel de l’Association Française Buchenwald, Dora et Commandos, mai-juin 1994 (pp. 4-5). — Livre-Mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. — Mémoire des Hommes, SHD Vincennes, GR 16 P 60916 (nc).

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