GIBELIN Marcel, Franck dit Marin, dit Lafforge, dit Lamarc

Par Rodolphe Prager

Né le 6 avril 1920 à Paris (VIIe arr.), mort le 13 juillet 2013 ; employé des PTT ; militant trotskyste ; syndicaliste CGT puis FO.

Fils d’un employé des Postes et d’une concierge, Marcel Gibelin fut employé des PTT à partir de 1937. Il adhéra aux Jeunesses communistes en 1934, mais n’y demeura que peu de temps. L’année suivante, il rejoignit les Jeunesses socialistes et y milita jusqu’en 1938. Il rallia alors les Jeunesses socialistes révolutionnaires et le Parti ouvrier internationaliste affiliés à la Quatrième Internationale. Au début de 1939, il suivit la minorité du POI qui, en accord avec Léon Trotsky, choisit de militer à l’intérieur du Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert. Exclus du PSOP peu après le début de la Seconde Guerre mondiale, les trotskystes reprirent leur autonomie dans les comités de la Quatrième Internationale.

N’étant pas en âge d’être mobilisé en 1939, Gibelin fit partie du trio de direction de cette organisation qui eut une existence clandestine pendant la « drôle de guerre », de septembre 1939 à mai 1940. À l’approche des troupes allemandes de Paris, en juin 1940, il se replia avec quelques camarades en bicyclette dans la région de Nantes. Bientôt de retour à Paris, il participa à la reconstruction de son organisation dans une stricte clandestinité et occupa divers postes de responsabilité. Gibelin se distinguera, en particulier, en animant une minorité de gauche s’opposant au cours jugé opportuniste et à tendance nationaliste de la majorité. En février 1944, il prit part à la conférence européenne clandestine de la Quatrième Internationale qui réalisa l’unification des forces trotskystes en France, au sein du Parti communiste internationaliste.

Marcel Gibelin fut parmi les principaux dirigeants de ce parti vers la fin de la guerre et dans les années suivantes. On le retrouva délégué à la première conférence internationale de la Quatrième Internationale au sortir de la guerre, tenue du 3 au 5 mars 1946 à Paris et qui fut interrompue par l’irruption de la police. Il représenta à nouveau le PCI au IIIe congrès mondial de la Quatrième Internationale, en août-septembre 1951. Ce congrès fut le prélude d’une scission dans la section française, en juin 1952, la majorité animée par Bleibtreu, Gibelin, Lambert, n’acceptant pas les implications tactiques qui furent définies par l’organisation internationale.

L’activité de Marcel Gibelin ne fut pas moindre dans le domaine syndical Force ouvrière à la Sécurité sociale. Il fut secrétaire du syndicat parisien des organismes sociaux et membre du bureau de Force ouvrière de la région parisienne. Son action syndicale se poursuivit jusqu’en 1963.

Sa participation, sans accord préalable de son organisation trotskyste, à une délégation syndicale qui se rendit en Union soviétique, fut sanctionnée par une mesure d’exclusion de cette organisation, en 1953.

Marcel Gibelin fut avec Jacques Danos, l’auteur d’un ouvrage historique, Juin 36, paru en 1952 et réédité depuis, qui est considéré comme une œuvre de référence.

Marié une première fois en février 1945, à Paris XVe arrondissement, avec Françoise Danos, il divorça en juillet 1955 et se remaria en janvier 1956 avec Alba Nella Tocchetti à Paris VIe.

Il vivait à la fin de sa vie à Issy-les-Moulineaux. Mort dans sa 94e année, ses obsèques eurent lieu dans l’intimité familiale le 19 juillet 2013. L’annonce de son décès dans les carnets du Monde se terminait par "Avanti popolo".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article73342, notice GIBELIN Marcel, Franck dit Marin, dit Lafforge, dit Lamarc par Rodolphe Prager, version mise en ligne le 16 août 2009, dernière modification le 4 août 2013.

Par Rodolphe Prager

OEUVRE : Juin 36, Éditions ouvrières, Paris 1952, réédition Maspero 1972 et la Découverte, 1986.

SOURCES : Témoignage de Marcel Gibelin 17 juin 1977. — Archives Prager. — État civil. Le Monde, 25 juillet 2013.

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