JORON Jeanne, Marie, Thérèse [née GUIRAUD Jeanne, Marie, Thérèse, épouse JORON]

Par Julien Cahon

Née le 5 juin 1916 à Dreux (Eure-et-Loire), morte le 8 octobre 1999 à Amiens (Somme) ; institutrice, employée, sans profession ; militante socialiste SFIO dans la Somme ; trésorière fédérale des JS (1938-1939), secrétaire fédérale des femmes socialistes (1947-1959), trésorière de la section d’Amiens (1954-1958 et 1967-1968), secrétaire adjointe de la section d’Amiens (1959-1966), membre du bureau départemental du Club Louise Michel (1967) ; adjointe au maire d’Amiens (1971-1983), candidate aux élections cantonales de 1976.

Fille d’Albert Jean-Marie Guiraud, mécanicien, et de Camille Schutz, sans profession, Jeanne Guiraud naquit en 1916 à Dreux (Eure-et-Loire), le lieu de résidence de ses parents, mais le couple était alors domicilié à Amiens et son père sous les drapeaux. Est-ce le même Albert Guiraud, mécanicien également, qui fut militant socialiste puis communiste ?

Albert Guiraud, candidat aux élections municipales de mai 1935 à Amiens sur la liste SFIO d’Alexis Mailly*, candidat au conseil d’arrondissement en 1931 et 1937, était secrétaire de la section socialiste d’Amiens en 1937 et membre de la commission administrative fédérale de la SFIO en 1939. Militant du Parti communiste après 1945, Albert Guiraud fut trésorier fédéral du PCF dans les années cinquante, et candidat communiste aux élections municipales d’Amiens en 1950, 1953 et 1959.

Mariée à Amiens le 2 septembre 1937 avec Gabriel Robert Joron, Jeanne Joron résidait à Amiens, au 95 rue Camille Desmoulins. Gabriel Joron était-il un des sympathisants socialistes dont le nom figurait en juin 1932 sur une liste de souscription pour La voix des jeunes, le bulletin mensuel des Jeunesses socialistes et Étudiants socialistes de la Somme ? En 1945, Jeanne Joron était institutrice, son mari employé de bureau. En 1948 ou 1949, le couple déménagea rue Saint Fuscien, et Jeanne Joron devint sans profession, puis employé en 1950, son mari employé de banque. A la fin des années soixante, elle était domiciliée square Darlington. Dans les années soixante-dix, elle était sans profession.

Jeanne Joron adhéra à la SFIO en 1933. A la fin des années 1930, elle fut trésorière fédérale des jeunesses socialistes (1939), avec Roger Fouquet* pour adjoint à la trésorerie fédérale des JS. La fédération des JS de la Somme avait alors pour secrétaire Eugène Aubey*. En 1945, suite à la réorganisation de la fédération des JS de la Somme, à la reconstitution du bureau fédéral, et à la réunion de la commission administrative fédérale des JS du 4 novembre 1945, Jeanne Joron retrouvait ses fonctions de trésorière fédérale des JS. Elle était aussi membre du bureau fédéral des jeunesses socialistes.

Elle poursuivit ensuite sa carrière au sein de l’appareil socialiste départementale. Secrétaire fédérale à la commission des femmes et œuvres sociales de 1947 à 1959, Jeanne Joron fut aussi membre des commissions exécutives fédérales de 1954, 1956, 1959 et 1967. Elle garda un lien avec les jeunesses socialistes puisqu’elle fut élue, en tant que responsable adulte, au comité fédéral mixte des jeunesses socialistes, le 1er mai 1949, lors de la réunion de la commission administrative fédérale des JS. Jeanne Joron resta membre du ce comité fédéral mixte des JS jusqu’en 1956, au moins. Y figuraient également Nelly Jenot et François Saint-Germain en 1949, Louis Bouthors et Gabriel Grenot* de 1951 à 1955, puis Louis Bouthors et François Étienne* en 1956. Trésorière de la section d’Amiens de 1954 à 1958, elle devint ensuite secrétaire adjointe de la section d’Amiens de 1959 à 1964, puis suite à la partition de la section amiénoise en quatre secteurs, secrétaire-adjointe de la section d’Amiens nord-ouest (1965-1966), et enfin trésorière de cette même section en 1967-1968.

En 1967, elle figurait également au bureau départemental du Club Louise Michel, qui comptait une vingtaine de membres, et qui avait été formé, dans la Somme, en décembre 1966 sous l’égide de la présidente nationale, Jeannette Brutelle, épouse de Georges Brutelle* « parachuté » dans la Somme, candidat de la FGDS aux législatives de mars 1967. Jeanne Joron ne figurait plus dans les instances dirigeantes fédérales ni dans celles de la section d’Amiens dans les années 1970 et 1980. Le mercredi 20 juin 1973, Jeanne Joron participa avec Françoise Carle et Michèle Sellier à un débat-meeting organisé par la fédération socialiste de la Somme et animé par Yvette Roudy* sur le thème « la féminité est-elle compatible avec la politique ? ». Jeanne Joron fut membre du comité départemental des élus républicains et socialistes, élu en octobre 1977.

Candidate aux élections municipales d’Amiens de 1947 à 1977, elle échoua à cinq élections avant d’être élue en 1971 sur une liste d’union des gauches socialiste et communiste. Candidate en 1947 sur la liste socialiste de Maurice Vast*, elle figurait en trente-troisième position (sur trente-sept) et recueillit 9391 voix, tandis que la liste remportait neuf sièges. Après la dissolution du conseil municipal en mai 1950, elle se présentait en juillet 1950 au trentième rang sur la liste conduite par Maurice Vast, qui gagnait cinq élus supplémentaires (quatorze) ; Jeanne Joron totalisait 10943 voix. En 1953, sa dix-huitième place sur la liste Maurice Vast et les 12797 suffrages qu’elle recueillit sont encore insuffisants. Elle fit néanmoins partie des commissions de bienfaisance en 1953. A nouveau candidate en 1959 sur la liste dite « Pierre Garet-Camille Goret*-Pierre Barnabé », en réalité emmené par Maurice Vast, et qui reconduisait l’alliance MRP-SFIO-indépendants conclue au sein du conseil municipal amiénois en 1950, elle réunit 15429 voix (sur 43947 exprimés) au premier tour et ne fut pas candidate au second tour, la liste Maurice Vast ayant fusionnée avec celle du gaulliste Fred Moore, pour former une liste composée de quinze socialistes, onze gaullistes UNR, six indépendants et cinq représentants du MRP. En 1965, Jeanne Joron sollicita à nouveau les suffrages des électeurs et électrices d’Amiens mais sur une « liste de coalition des partis communiste, PSU, socialiste et radical », composée de seize socialistes, dix sept communistes, deux radicaux, deux membres du PSU, et dirigée par Camille Goret* face à la liste du maire sortant, Maurice Vast, qui s’était associé aux gaullistes. Jeanne Joron figurait en neuvième position mais la liste Maurice Vast était élue avec 58% des voix contre 42% à la liste d’union de la gauche (21 796 voix contre 29 843). Ayant rejoint en mars 1969 la fédération démocrate socialiste de la Somme (section d’Amiens), union des gauches à la base, devant préfigurer le NPS, Jeanne Joron fut candidate en huitième position sur la liste PCF-PS « d’union pour un Amiens moderne, social et démocratique » conduite par René Lamps aux municipales de 1971, et elle devint septième adjointe avec en charge l’aide sociale. La liste René Lamps avait battu au second tour la liste Maurice Vast par 29617 voix (54%) contre 25287 (46%). Réélu en 1977 sur la liste socialo-communiste, elle garda son poste d’adjointe au maire avec les « affaires sociales, personnes âgées, hygiène, salubrité, santé, laboratoire municipal » comme attributions. Elle ne se présenta pas aux municipales de 1983.
Jeanne Joron fut candidate du Parti socialiste aux élections cantonales d’octobre 1976 dans le canton d’Amiens nord-est. Elle obtint 1 264 voix (sur 9 062 exprimés) au premier tour et se retira au second tour qui vit l’élection du communiste René Carouge*.

Dans le milieu associatif, Jeanne Joron fut responsable de l’Association des amis des vieux en 1953, et vice-présidente de la commission administrative du bureau d’aide sociale d’Amiens de 1976 à 1980, au moins.

Elle eut des obsèques civiles au cimetière de la Madeleine à Amiens. Le groupe des élus PS-PRG-écologie du conseil municipal d’Amiens et le comité de ville des sections PS d’Amiens annonça son décès par faire-part dans le Courrier picard du 11 octobre 1999, qui portait la mention « ancienne adjointe au maire ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article73426, notice JORON Jeanne, Marie, Thérèse [née GUIRAUD Jeanne, Marie, Thérèse, épouse JORON] par Julien Cahon, version mise en ligne le 25 août 2009, dernière modification le 25 août 2009.

Par Julien Cahon

SOURCES : Arch. Dép. Somme, 21W354, 23W49, 25W92, 37J28 à 35 (fonds Max Lejeune : fédération SFIO de la Somme, congrès fédéraux et nationaux, 1935-1972) — Arch. OURS, dossier Somme — Arch. FJJ, dossier Somme et fonds Françoise Carle — La voix des jeunes, 1932-1939 — Le Cri du peuple, 1930-1980 — Le Courrier picard, 1945-1983, 11 octobre 1999 — État civil de Dreux — Notes de Jean-Pierre Besse.

ICONOGRAPHIE : Photographie de Jeanne Joron dans le numéro du 9 mars 1977 du {Courrier picard}.

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