JAUNEAU Georges, Maurice. Pseudonyme dans la Résistance : « Capitaine Jacques »

Par Jean-Pierre Besse

Né le 24 novembre 1906 à Ons-en-Bray (Oise), mort le 9 avril 1990 à Clermont-de-l’Oise (Oise) ; ingénieur chimiste ; résistant ; militant communiste de l’Oise ; conseiller de la République (1946-1948).

Georges Jauneau en 1946
Georges Jauneau en 1946
Sénat

Fils d’un répétiteur au lycée Félix-Faure de Beauvais (Oise), devenu professeur adjoint dans cet établissement et bibliothécaire municipal, qui militait au Parti radical-socialiste, Georges Jauneau milita lui aussi, avant la Seconde Guerre mondiale, au Parti radical-socialiste et à la Libre-pensée.

Ingénieur chimiste, il s’installa au début des années 1930 à Saint-Just-en-Chaussée (Oise) et était employé à l‘usine Weeks. Georges Jauneau anima au moment du Front populaire le comité antifasciste de Saint-Just-en-Chaussée et épousa en septembre 1940 Paulette Biefnot-Cleymen, l’une des dirigeantes des organisations de jeunes communistes.

Georges Jauneau entra très tôt dans la Résistance. Il fut arrêté une première fois le 21 juillet 1941, puis relâché, faute de preuves, le 24. Il fut une nouvelle fois arrêté le 9 août 1941 et relâché peu après. Georges Jauneau adhéra au Parti communiste et organisa dans la région de Saint-Just-en-Chaussée un détachement FTP, le détachement Jacques-Bonhomme. Sous le pseudonyme de « Capitaine Jacques » (c’était le prénom de son frère aîné), il fut en outre un des dirigeants du Front national, collabora au Patriote de l’Oise et assurait les contacts avec l’Organisation civile et militaire, particulièrement bien implantée dans l’arrondissement de Clermont.

Lors de la constitution des FFI dans le département de l’Oise, Georges Jauneau reçut le commandement du sous-secteur Nord du secteur Centre. Il échappa, en juillet 1944, à la vague d’arrestations qui frappa les responsables du Front national dans le secteur.

Après la Libération, Georges Jauneau fut l’un des responsables départementaux du Front national. Avec Pierre Auzi*, Robert Dusert* et Bertin, Georges Jauneau fut délégué au congrès national de cette organisation à Paris du 6 au 8 juin 1945. En septembre 1945, la presse locale le présentait comme le secrétaire général du mouvement dans le département. Il était en outre secrétaire général de l’Union des ingénieurs et techniciens français (UNITEC).

Élu conseiller de la République en décembre 1946, Georges Jauneau accéda au bureau fédéral du Parti communiste en février 1947 et mena, lors des élections municipales d’octobre 1947, la liste d’union républicaine et résistante et de défense des intérêts communaux présentée par le Parti communiste à Saint-Just-en-Chaussée, mais il ne fut pas élu. En juin 1948, Georges Jauneau accéda au secrétariat fédéral, mais en novembre perdit son siège de conseiller de la République n’obtenant que 132 voix sur 1 355 inscrits.

Dans les années 1950, Georges Jauneau anima le Mouvement de la paix. Il fut d’ailleurs poursuivi et acquitté, en 1950, pour un article du Patriote de l’Oise condamnant la guerre d’Indochine. Il était aussi liquidateur départemental des questions FFI, président de la commission départementale FFCI et membre de la délégation régionale FFCIR de la deuxième région militaire à Lille (Nord).

Georges Jauneau ne fut pas candidat lors des élections municipales d’avril 1953 mais dirigea en mars 1959 la liste d’union républicaine de défense des intérêts communaux et de la laïcité, composée de représentants des forces de gauche, qui échoua face à la liste du maire sortant MRP.

Georges Jauneau s’éloigna peu à peu du Parti communiste suite à des rumeurs portant sur sa vie personnelle. Retiré en 1961 à Clermont-de-l’Oise, Georges Jauneau y mourut en avril 1990.

Son fils, Denis Jauneau, fut pendant un temps secrétaire départemental de la Fédération des œuvres laïques (FOL).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article73430, notice JAUNEAU Georges, Maurice. Pseudonyme dans la Résistance : « Capitaine Jacques » par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 25 août 2009, dernière modification le 20 août 2010.

Par Jean-Pierre Besse

Georges Jauneau en 1946
Georges Jauneau en 1946
Sénat

SOURCES : Arch Dép Oise, séries M et W (en particulier 138W 1 111). — Arch comité national PCF. — Le patriote de l’Oise, 1944-1950. — Le travailleur de l’Oise, 1944-1949. — Jean-Pierre Besse, L’Oise, septembre 1940-septembre 1944, Creil, 1994.

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