GLEIZE Maurice, Joseph, Louis

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 7 janvier 1907 à Nîmes (Gard), mort le 20 avril 2003 à Montfermeil (Seine-Saint-Denis) ; ouvrier du Livre parisien puis imprimeur ; musicien ; militant communiste ; imprimeur de publications clandestines sous l’Occupation ; directeur des revues oppositionnelles Unir et Débat Communiste.

Maurice Gleize en cuisinier, aux Armées
Maurice Gleize en cuisinier, aux Armées

Fils d’un photographe né en Catalogne, et d’une mère originaire de Mende (Lozère) . Maurice Gleize fut retiré de l’école par son père car il avait commis un larcin. Titulaire du certificat d’études, il entra en 1919 en apprentissage dans une imprimerie nîmoise et adhéra à la CGT en 1920.

Il fréquenta les cours du soir de l’École des Beaux Arts et, en 1923, reçut un premier prix d’architecture puis il étudia au Conservatoire et reçut des prix de Solfège et de Violoncelle. Durant quelque temps, Maurice Gleize vécut de sa musique mais, marié en février 1930 à Alger avec une violoniste et père d’un fils, il connut une vie matérielle difficile et se résolut alors à reprendre son métier initial sans pour autant abandonner la musique.

Arrivé à Paris, en 1931, typographe, maquettiste et dessinateur, il fut embauché par l’imprimerie Logier puis l’imprimerie Gutenberg qui travaillait beaucoup pour les syndicats CGT et pour le Parti communiste, notamment les sections d’Asnières et de Gennevilliers et du XIIIe arr. pour lesquelles il imprimait Le Travailleur de la banlieue Ouest ainsi que La barricade du XIIIe. Il tirait aussi Le Métallo et devint ami avec Jean-Pierre Timbaud*. Pour tirer le journal des communistes hongrois de France à partir de 1932, il apprit à écrire le hongrois.
À Paris, Maurice Gleize travailla la musique sous la direction de Paul Bazelaire, professeur au Conservatoire national de Paris jusqu’en 1938, faisant partie de son ensemble de cinquante violoncelles ; il prit également des leçons d’harmonie avec Henri Sauveplane, professeur, critique musical à l’Humanité. Il fit la connaissance de Paul Kaul, luthier qui, en 1938, assuma les frais d’acquisition de l’imprimerie dans laquelle travaillait Maurice Gleize et l’associa à son fils. Leurs principaux clients restèrent les syndicats CGT et les mensuels communistes.

Mobilisé en 1939 comme cuisinier au 17e régiment d’artillerie, Maurice Gleize dut fermer son imprimerie jusqu’à son retour en 1940 et son associé abandonna alors l’affaire. Il poursuivit l’impression cependant des travaux en cours et resta en contact avec les communistes de Gennevilliers, dont Waldeck L"Huillier*. Fin octobre 1940, à la demande de Raymond Losserand*, conseiller municipal communiste du XIVe arr., fusillé par la suite, il accepta d’imprimer pour le comité central du PCF tracts, papillons, publications clandestines. Par mesure de sécurité, il rompit tout contact avec les militants de Gennevilliers, ne garda qu’un employé et pour donner le change accepta d’un collaborateur du maréchal Pétain, l’intendant général Merlet, la réalisation d’un gros volume sur les Pensions civiles et militaires. Il adhéra au Parti communiste clandestin en 1941, imprima notamment l’Humanité, la Vie Ouvrière, la Terre, les Cahiers du Communisme et pour les FTPF le Manuel de Combat ainsi que les premiers France d’Abord dont le numéro I sortit en septembre 1941 (une plaque fut apposée à l’imprimerie 17 rue des Cloys, XVIIIe arr. en 1951 à l’occasion du 10e anniversaire).

Arrêté le 4 mars 1943, Maurice Gleize fut emprisonné puis déporté : Neuengamme (matricule 31 492), Fallersleben, Wobbelin. Le 2 mai 1945, il fut libéré mais, phtisique, il ne regagna Paris que fin septembre. Il put cependant remettre en route l’imprimerie et poursuivit son action militante comme en témoigne son aide à l’Algérie qui lui valut un temps de prison en 1956.

En désaccord avec le Parti communiste à la suite des affaires Tito ; en octobre 1949 il laissa Robert Mension* cacher le stock de tracts anti-titistes qui devait être distribués au stade de Colombes à l’occasion du match France-Yougoslavie. Hostile à la mise à l’écart de Marty,et de Tillon, Maurice Gleize devint l’imprimeur puis le directeur de la revue oppositionnelle Unir et Débat Communiste.

À partir de 1973, Maurice Gleize vécut retiré en banlieue parisienne et se consacra à la musique et à la poésie. Il publia aussi un livre de souvenirs Image d’un Nîmois.
Lors de son décès, il était membre du bureau départemental de l’ANACR de Seine-Saint-Denis.

Il était officier de la Légion d’honneur, avait reçu la Croix de guerre et la médaille de la Résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article73478, notice GLEIZE Maurice, Joseph, Louis par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 23 août 2009, dernière modification le 26 décembre 2016.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Maurice Gleize
Maurice Gleize
Maurice Gleize en cuisinier, aux Armées
Maurice Gleize en cuisinier, aux Armées

ŒUVRE CHOISIE : Poèmes épars. — Odes pour nos héros, nos martyrs de la Résistance, 1979. — Image d’un nîmois, 2002, 230 p. et un dizaine d’autres livres poétiques ou des récits.

SOURCES : Jean Chaintron, Postface à Odes pour nos héros, op. cit.. — Le journal de la Résistance, France d’abord, mai-juin 2003. — AERI, Imprimeurs et éditeurs dans la Résistance. — État civil. — Notes de Jean-Pierre Besse.

ICONOGRAPHIE : Alain Guérin, La Résistance, chronique illustrée, 1930-1950, Paris, 1972-1976, t. 2, p. 187.

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