LEDUC Henri, Édouard

Par Justinien Raymond, Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule

Né le 14 juillet 1875 à Essonnes (Seine-et-Oise, Essonne), mort le 22 mars 1955 à Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise, Val-de-Marne) ; ouvrier typographe ; coopérateur et militant socialiste ; maire de Villeneuve-Saint-Georges (1919-1935), conseiller général de Seine-et-Oise.

Henri Leduc
Henri Leduc
Hubert-Rouger, op. cit., p. 253.

Fils d’un ouvrier papetier et bien qu’il eût obtenu des bourses, Henri Leduc n’avait pu poursuivre des études faute d’argent. Ouvrier typographe, il adhéra au syndicat du Livre en 1894. Il créa une coopérative de consommation, La Solidarité.

Répondant en 1906 à l’appel de plusieurs camarades d’apprentissage, il avait participé, avec l’Union des syndicats de la Seine, à la création de l’Union typographique de Villeneuve-Saint-Georges plus connue sous le nom d’Imprimerie ouvrière dont il devint l’administrateur. Au début, il était entouré de trois ou quatre ouvriers. Vingt-cinq ans plus tard, l’entreprise groupait une soixantaine de travailleurs. Elle avait su conserver ses caractéristiques : désignation des dirigeants par les ouvriers, partage intégral des bénéfices, esprit de solidarité se manifestant jusque dans l’organisation des retraites. Il avait même été prévu d’assurer la pérennité de l’entreprise en la constituant en « propriété indivise dont aucun des associés ne pouvait réclamer la moindre part ». Henri Leduc avait acquis, à partir de cette création, une véritable autorité en matière de coopération. De là, d’autres charges lui incombèrent : en 1911, il fut nommé administrateur de la Banque coopérative ; en 1920, il entra au conseil d’administration de la Fédération des coopératives de production, dont il devint vice-président ; en 1924, il fut appelé à siéger au conseil supérieur de la Coopération. Il y fut l’auteur d’un projet de caisse de retraites communes pour toutes les associations ouvrières. Il y fut encore chargé du rapport sur la fusion des coopératives de même industrie, en vue de développer leurs moyens d’action.

Élu au conseil supérieur de la coopération en 1924, il fut chargé d’un projet de caisse de retraite pour les associations ouvrièières et d’un rapport du la fusion des coopératives de production par branche d’activité.

Parallèlement, il était devenu l’un des principaux leaders du Parti socialiste SFIO en Seine-et-Oise. En 1910, il avait fondé le journal L’Égalité, organe socialiste hebdomadaire de l’arrondissement de Corbeil et en était rédacteur en chef. Élu conseiller municipal de Villeneuve-Saint-Georges en 1912, il fit la guerre comme chef de section de mitrailleurs et fut décoré de la Croix de guerre. La victoire complète de la liste socialiste lui offrit, en 1919, le fauteuil de maire. Cette même année, il ne manqua l’élection au conseil général que de 50 voix. Il fut l’un des 204 signataires de la motion du Comité pour la reconstruction de l’Internationale que l’Humanité publia, le 6 novembre 1920, sous le titre : Motion d’adhésion avec réserves à la IIIe Internationale. En 1925, sa gestion de la mairie de Villeneuve-Saint-Georges lui assura une élection facile, renouvelée en 1929. La municipalité fut conquise par le communiste Henri Janin en mai 1935.

Conseiller général depuis 1925, il fut candidat dans la 2e circonscription de Corbeil aux élections législatives de 1928 et de 1932 où, avec 10 202 voix au premier tour, il se désista en faveur du communiste Midol (10 758 voix).

Henri Leduc fit partie des militants qui reconstituèrent la fédération socialiste de Seine-et-Oise le 11 septembre 1944.

Il s’était marié en 1931.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article73673, notice LEDUC Henri, Édouard par Justinien Raymond, Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 30 août 2009, dernière modification le 17 septembre 2012.

Par Justinien Raymond, Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule

Henri Leduc
Henri Leduc
Hubert-Rouger, op. cit., p. 253.

ŒUVRE : Leduc collabora au Réveil social dont il fut rédacteur en chef et à L’Égalité qu’il fonda en 1910.

SOURCES : Arch. Nat., F7/13620, rapport de janvier 1916 et F7/13015, rapport du 4 janvier 1917. — Arch. Dép. Seine-et-Oise, II M 164, 2 M 30, 31, 32, 33, 34. — L’Yveline, 1er octobre 1924, L’Égalité, avril 1932, Le Travailleur de Seine-et-Oise, 18 octobre 1931. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes, t. III, op. cit., p. 271. — Compère-Morel, Grand Dictionnaire socialiste, op. cit., p. 468. — Note du Maire de Villeneuve-Saint-Georges, 23 décembre 1969. — Patricias Toucas, notice Henri Leduc dans Les coopérateurs. Deux siècles de pratiques coopératives, Collection Jean Maitron, Les Éditions de l’Atelier, 2005.

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