LEMASSON Auguste

Par Claude Pennetier

Né le 10 juillet 1900 à Paris (Ve arr.), mort le 25 juillet 1991 à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) ; terrassier et mineur-boiseur ; militant communiste et syndicaliste unitaire (CGTU), secrétaire du syndicat général unitaire des terrassiers ; résistant ; élu du XIIIe arrondissement de Paris (1945-1965).

Fils d’une domestique d’origine bretonne, Auguste Lemasson vécut une enfance difficile, envoyé de nourrices en pensions. Reçu premier de son canton au certificat d’études primaires en 1912, il travailla comme ouvrier agricole dans l’Eure puis comme docker à Brest (Finistère).

Venu à Paris fin 1918, il se fit embaucher à l’usine à gaz de Grenelle où il se syndiqua, puis travailla comme terrassier. Il milita également aux Jeunesses syndicalistes et subit un temps l’influence des anarchistes. Après son service militaire effectué dans les troupes d’occupation en Allemagne, Lemasson travailla comme receveur à la TCRP, comme ouvrier à la Lorraine-Dietrich à Argenteuil et dans diverses entreprises métallurgiques de la banlieue. Redevenu terrassier, il fut, dès 1925, responsable syndical CGTU (membre du conseil syndical) et permanent en 1928. La même année, la Fédération lui confia le secrétariat intérimaire de la région lyonnaise du Bâtiment. Secrétaire adjoint de la 13e région fédérale du Bâtiment (région parisienne) à partir de 1926 et secrétaire du syndicat unitaire des terrassiers, puisatiers, mineurs, tubistes et poseurs de rails de Seine et Seine-et-Oise à partir de 1928 (8 000 adhérents en 1935), il fut élu à la commission exécutive de l’Union des syndicats CGT de la Seine. Lemasson assura les fonctions de secrétaire général adjoint du syndicat des terrassiers en 1934-1935 (secrétaire général René Le Gall) et de secrétaire général en 1938 et 1939. Il était conseiller prud’homme depuis 1935.

Son adhésion au Parti communiste ne date que du 1er janvier 1934. Dans son autobiographie, il explique cette décision tardive par la faible présence des militants communistes dans sa corporation.

Après avoir habité dans le XVe arr. de Paris, Lemasson, célibataire, s’installa au début des années 1930 dans un hôtel de Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).

Démobilisé en septembre 1940, Auguste Lemasson prit rapidement part à l’activité clandestine des militants des Fédérations du Bâtiment et du Bois et fut responsable des « comités populaires » du Bâtiment sous l’Occupation. De 1943 à la Libération, il fut le principal responsable de la Fédération clandestine du Bois.

Auguste Lemasson fut nommé conseiller municipal provisoire du premier secteur (qui comprenait les Ve, XIIIe et XIVe arr.) puis élu conseiller du XIIIe arr. de 1945 à 1965. Il affirme, dans ses souvenirs, son peu de goût pour les fonctions électives : « J’aurais préféré rester dans le mouvement syndical m’y sentant plus à l’aise, y ayant été formé, que parmi la faune de l’Hôtel de Ville. » Le Parti communiste le présenta sans succès aux élections législatives des 2 juin et 10 novembre 1946 dans le 1er secteur de Paris.
Après 1945, il reprit des importantes responsabilités au syndicat régional du bâtiment, au Bureau de la fédération ainsi qu’à la commission exécutive de l’Union départementale CGT de la Seine.

La retraite venue Auguste Lemasson fut un des animateurs de l’Amicale des anciens Résistants du Bâtiment, des Travaux publics et du Bois, et organisa aussi les retraités de la Fédération du Bâtiment.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article73701, notice LEMASSON Auguste par Claude Pennetier, version mise en ligne le 31 août 2009, dernière modification le 24 février 2022.

Par Claude Pennetier

ŒUVRE : Lemasson Auguste, autobiographie sans titre, inédit, 172 + 76 pages. — Mes souvenirs de la drôle de guerre à la Libération, multigraphié, Musée de la Résistance.

SOURCES : Arch. Nat., F7/13652. — Arch. PPo. 300, rapport de février 1935. — Arch. Paris, listes électorales et nominatives de recensement. — Arch. Institut d’histoire sociale, fiches de police (nombreuses inexactitudes). — Arch. CGT. — Comptes rendus des congrès syndicaux. — Agendas de la Bourse du Travail de Paris. — État civil de Paris (Ve arr.). — Roger Brun, Gérard Morlier, "De l’orphelinat à la fédération du bâtiment. Auguste Lemasson, terrassier résistant", Mémoires vives, n 50, décembre 2019-janvier 2020. — Notes de Philippe Nivet.

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