LENOBLE Maurice, Léopold, Louis

Par Daniel Grason

Né le 1er novembre 1896 à Cauffry (Oise), mort le 24 décembre 1982 à Creil (Oise) ; dessinateur industriel, chef d’équipe ; syndicaliste CGT ; militant communiste d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) ; interné politique.

Fils de Louis, cordonnier et de Berthe, née Jouaille, manouvrière, Maurice Lenoble épousa Olga Roubinowitz le 5 octobre 1920 en mairie d’Ivry-sur-Seine. Le couple demeura dans la ville au 80 puis dans les HBM au 40 de la rue Parmentier. Il devint, le 1er mai 1936, secrétaire de la cellule communiste « Parmentier » d’Ivry-sur-Seine. Il était également un des secrétaires de la section locale.

Il exerça la profession de dessinateur industriel, il travailla en qualité de chef d’équipe du 4 septembre 1935 au 14 octobre 1938 aux établissements Chausson à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine). Le 6 février 1939, il entra à la Société Nationale de Constructions Aéronautique du Centre (SNCAC) au 167 rue de Silly à Boulogne-Billancourt dans le même département. L’usine ferma le 10 septembre 1940, la direction le licencia. Il s’inscrivit au fonds de chômage d’Ivry-sur-Seine, il demanda à être radié le 31 janvier 1941. Il travailla chez Bosch-Lavalette 32 avenue Michelet à Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis), entreprise sous contrôle allemand.

En juin 1941, il aurait déclaré : « Mon parti se propose de faire un coup dans le département de la Seine, j’ai mis ma femme à l’abri ». Ces propos furent rapportés à la police, dans d’autres conversations Maurice Lenoble assurait selon les rapporteurs affirmé que : « Bientôt les Soviets prendraient le pouvoir en France ».

La police municipale de la circonscription perquisitionna son domicile le 10 août 1941. Vingt-cinq cartes lettres imprimées destinés à l’ambassadeur de France De Brinon pour demander la libération des internés politiques étaient saisis. Incarcéré, il comparut le 12 août devant la 14e Chambre correctionnelle de Paris, les magistrats le condamnèrent à quatre mois de prison et vingt-cinq francs d’amende pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939. Incarcéré à la prison de Fresnes, le 15 décembre 1941 il comparaissait devant la Section spéciale de la Cour d’Appel de Paris qui porta sa peine à un an de prison et cent francs d’amende.

Emprisonné à la Centrale de Poissy (Seine-et-Oise, Yvelines), le préfet de police de Paris Amédée Bussière l’astreignit le 2 novembre 1942 à résider à l’issue de sa peine dans un Centre de séjour surveillé, ce fut la caserne des Tourelles à Paris (XXe arr.). Le 19 novembre il était transféré au camp de Rouillé (Vienne), Maurice Lenoble souffrait de névrite périphérique incurable, l’administration du centre le fit hospitaliser en janvier 1943 à l’Hôtel Dieu de Poitiers, il s’en évada le 1er décembre 1943. La police se présenta à son domicile pour interroger sa femme, en raison de ses origines juives elle avait quitté son logement. Le signalement de Maurice Lenoble fut diffusé le 22 décembre 1943 : « 1,65 mètre, visage rond, yeux marrons, nez rectiligne, cheveux châtains, signe particulier paralysie du bras droit ».

Il resta dans la clandestinité jusqu’à la Libération de Paris. Il regagna Ivry-sur-Seine, retrouva sa femme, le couple habita au 40 rue Marat. Le 20 octobre 1952, il demanda sa reconnaissance d’interné politique au ministère des Anciens Combattants. Il demeura dans la ville jusque dans les années 1960, il se retira à Laigneville (Oise). Il mourut le 24 décembre 1982 à Creil (Oise), son épouse Olga le 8 février 1984 à Coulommiers (Seine-et-Marne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article73706, notice LENOBLE Maurice, Léopold, Louis par Daniel Grason, version mise en ligne le 31 août 2009, dernière modification le 27 septembre 2015.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 1W 0338. – Arch. Com. Ivry-sur-Seine, listes électorales et nominatives (Notes de Michèle Rault). – État civil, Paris 19e arr.

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