CABY Robert, Joseph, Auguste, dit BILINE

Par Jean-Michel Brabant, Claude Pennetier

Né le 25 mars 1905 à Venette (Oise) ; courtier en publicité en 1935 ; à la fois poète, artiste, compositeur et militant politique ; communiste puis trotskyste ; conseiller municipal de Champigny-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne).

Robert Caby était le fils de Auguste, Julien, Cornil Caby, 33 ans et de Blanche, Elizabeth Forterr, 35 ans, institutrice dans le canton de Compiègne (Oise). Il se maria le 6 décembre 1930 à Paris (XVIe arr.) avec Simone, Marie Dumas.
Membre du Parti communiste (PC) en 1929, Robert Caby fut au tout début des années 1930, rédacteur littéraire et critique musical à l’Humanité. Il était gérant de La Revue du Cinéma en 1929. Mais il sympathisa bientôt avec l’Opposition de gauche trotskiste. Il voyagea en URSS en mai 1933. Robert Caby quitta le PC en décembre 1933 après avoir critiqué, en octobre, le voyage d’Herriot en Union soviétique. Il donna d’ailleurs un compte rendu, à La Vérité, de l’assemblée parisienne des militants communistes, tenue à cette époque, au cours de laquelle Ferrat avait justifié ce voyage.

Sa lettre de démission du 7 décembre 1933 affirme son accord avec les analyses de Léon Trotsky, les faits lui ayant donné raison selon lui. Il considère que tout se joue désormais en Allemagne. Sa lettre s’achève sur cette protestation de foi révolutionnaire : « Camarades, ce n’est pas sans de longues réflexions qu’on quitte un parti où on avait voulu placer sa foi révolutionnaire en la mission historique du prolétariat ; je le fais en pleine conscience mais sans crainte. C’est une nécessité impérieuse. La Révolution reconnaîtra les siens ». Dans cette lettre, il s’affirme « attaché » au PC « idéologiquement depuis bientôt douze ans, et organiquement depuis bientôt 4 ans ».

Suivant la Ligue communiste dans son adhésion en août 1934 au Parti SFIO, Robert Caby devint conseiller municipal socialiste de Champigny-sur-Marne, où il habitait, le 12 mai 1935, sur la liste dirigée par Gaston Chardin. Il démissionna de son mandat le 23 juillet 1937. Après l’exclusion des trotskistes du Groupe bolchevik-léniniste (GBL) du Parti SFIO, en octobre 1935 et la constitution du Parti ouvrier internationaliste (POI), en juin 1936, Robert Caby devint un responsable de l’organisation trotskiste. Il fut candidat à Aulnay-sous-Bois (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis) aux élections législatives d’avril 1936, mais ne groupa que 50 voix et se désista en faveur du communiste Demusois. Sous le pseudonyme de Biline, il fut secrétaire de la région parisienne du POI, écrivit des articles dans La Lutte ouvrière, organe de son parti, présida notamment son congrès d’octobre 1936 où il présenta un rapport, anima son école de formation et fut responsable de sa commission « Agit-Prop ». Il était en correspondance régulière avec Léon Trotsky comme l’attestent ses longues lettres du 9 décembre 1935, 18 janvier 1936 et 24 janvier 1936, conservée à Harvard (États-Unis). Robert Caby devait participer également à l’hébergement de Rudolf Klément, ancien secrétaire de Léon Trotsky, dont on devait retrouver le corps mutilé dans la Seine, en août 1938 et dont l’assassinat était le fait de la Guépéou.

Le personnage de Robert Caby ainsi présenté, serait mal défini si l’on ne parlait pas du poète et de l’artiste. Disciple préféré d’Erik Satie, Robert Caby, membre par ailleurs de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR), composa un hymne à la IVe Internationale. Il était proche du groupe théâtral Octobre avec lequel il alla en Union soviétique en mai 1933. Grand organisateur des fêtes trotskistes, il s’occupa notamment, lors de la fête de La Vérité, en février 1934, des chants et de la musique. En février 1937, à la fête de Révolution, organe de la Jeunesse socialiste révolutionnaire, il lut un de ses poèmes devant les assistants.

En 1938, Robert Caby quitta le POI et vécut replié en Provence pendant l’Occupation.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article73725, notice CABY Robert, Joseph, Auguste, dit BILINE par Jean-Michel Brabant, Claude Pennetier, version mise en ligne le 31 août 2009, dernière modification le 13 novembre 2020.

Par Jean-Michel Brabant, Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 5240, dossier au Komintern sur sa démission en décembre 1933, transformée en exclusion. —Arch. Nat. F7/13127. — Arch. Dép. Seine et Oise, 2 M 35, 36, 37, 38. — Arch. Paris, DM3. — Arch. PPo. carton 47. — Arch. Trotsky, Harvard, documents d’exil, n° 418. — Documentation de l’Institut Léon Trotski. — La Vérité, 6 octobre et 22 décembre 1933, 2 février 1934. — La Lutte ouvrière, 1936 et 1937. — Révolution, 15 mai 1936. — G. Rosenthal, Avocat de Trotski, Paris, 1975. — S. Ketz, De la naissance du GBL à la crise de la section française de la LCI (1934-1936), mémoire de maîtrise, Paris I, 1974. — R. Hirsch, Le mouvement trotskiste en France de 1929 à 1933, mémoire de maîtrise, Paris I, 1974. — Témoignage autobiographique recueilli en mai 1976. — État civil en ligne, AD Oise, 3E625/23 vue 143.

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